CHAPITRE VI
Blanchissage.
2099. Pendant longtemps le blanchissage du linge s'est fait exclusivement, soit dans les maisons particulières à des époques plus ou moins éloignées,soit chez de petits industriels, opérant sur une échelle reslreinle. L'imperfection des appareils de lessivage et des moyens de produire le séchage maintenait cet état de choses qui tend aujourd'hui à se modifier par l'emploi des machines, d'appareils perfectionnés et séchoirs artificiels. L'opération du blanchissage est d'ailleurs d'une grande importance, aussi bien à cause des dépenses qu'elle entraîne que de son action sur la durée du linge ; et on ne doit négliger par conséquent aucune des améliorations dont elle est susceptible.
2100. Le blanchissage s'effectue par plusieurs opérations distinctes: <• Yessangeage: c'est le lavage du linge sale dans une eau claire et courante afin d'enlever les matières solubles dans l'eau ; 2" Yejtcuvage: rangement du linge essangé dans un cuvier sur un fond mobile et percé de trous ; 3* le coulage: cette opération consiste à faire passer la lessive provenant des cendres de bois ou de l'eau dans laquelle on a fait dissoudre du carbonate de soude ou de potasse, au travers du Unge rangé dans la cuve, d'abord à froid, puis à des températures croissantes jusqu'à 100*. Dans la plupart
des ménages, le fourneau destiné à chauffer la lessive est à côté de la cuve ; on verse à la main sur le linge le liquide chaud, qui, après avoir passé à travers, s'écoule le plus souvent directement dans la chaudière. Le coulage, fait ainsi, dure de 15 à 24 heures; i"" le savonnage j qui a pour but d'enlever les taches qui ont résisté au coulage; 6* le rinçage: lavage à l'eau claire et courante pour enlever la lessive et le savon ; 6** le passage au bleu; 7* Vessorage ou le tordage ; 8"* enfin le séchage qui se fait le plus souvent par l'exposition du linge à l'air libre ou dans des greniers et quelquefois dans des séchoirs à air chaud.
2101 . Le procédé que nous venons de décrire a plusieurs graves inconvénients : J * il exige un temps très-long et un grand volume de lessive ; 2° la température de la lessive est au-dessous de 100**, ce qui n'est pas suffisant pour enlever certaines taches ; 3** la consommation de combustible est considérable ; 4" le cuvier et la chaudière étant généralement ouverts, il y a constamment dans la pièce un dégagement de vapeur incommode et nuisible. Toutefois on peut supprimer ce dernier inconvénient, en mettant un couvercle, et en faisant monter la lessive par une pompe.
2i02. On peut ranger les appareils de lessivage en cinq classes: l*les anciens app<nreils que nous venons d'indiquer sommairement ; 2" ceux dans lesquels la lessive est montée par la pression de la vapeur ; 3° les appareils à circulation continue ; 4** les appareils à vapeur; 5° les appareils mécaniques.
2103. Les appareils dans lesquels la lessive est remontée par la pression de la vapeur, se composent ordinairement d'un cuvier à double fond au-dessous duquel se trouve une chaudière ; celle-ci communique par un tuyau placé latéralement avec le double fond et par un autre tuyau placé dans l'axe du cuvier avec la partie supérieure ; chacun des tuyaux est muni d'un robinet. Il résulte de cette disposition que lorsqu'on chauffe la lessive dans la chaudière fermée, la pression de la vapeur la fait monter dans le tuyau central du cuvier d'où elle est projetée sur le linge. L'on fait ensuite communiquer la chaudière avec l'atmosphère et avec le double fond, la lessive passe à travers le linge et revient à la chaudière par le tuyau latéral. On continue ainsi jusqu'à ce que le linge soit convenablement lessivé.
2104. M. René Duvoir a construit sur ce principe un appareil de lessivage ingénieusement disposé ; il est représenté dans la figureS53. AA, massif du fourneau; B, B', chaudières ; C, cuvier; F, tuyau as-