CHAPITRE Y. — CHAUFFAGB ET ASSAINISSEMENT DES PRISONS
même façon et à chauffer ensuite le corridor au moyen de Tair venant des cellules.
2792. La sous-commission chargée de Texamen de ces projets releva d'abord leur extrême complication ; elle blâma le chauffage préalable des corridors devant produire une température supérieure à celle des cellules, et surtout la circulation des cellules au corridor et réciproquement, qui aurait pour effet de ramener Tair vicié dans les cellules. Relativement aux modifications présentées par M. Duvoir pour répondre à cette dernière objection, la sous-commission pensa que le chauffage présenterait alors une très-grande inégalité dans les trois étages. Dans tous les cas, le système adopté par M. Duvoir paraissait moins avantageux que celui dans lequel Tair de ventilation débouche par un seul orifice pratiqué dans le sol, parce que cette dernière disposition permet aux détenus de se chauffer les pieds dans le courant d'air chaud.
Le système d'appel du premier projet fut immédiatement rejeté comme devant produire des effets très-faibles et très-variables; celui du troisième projet le fut également à cause des soins qu'il exige particulièrement et des dangers d'incendie qu'il présente. Quant au mode employé dans le deuxième projet, on lui reprochait d'exiger de très-grandes surfaces de chauffe déterminant un accroissement de dépense considérable; de plus, la ventilation, se trouvant alors dépendante du chauffage, diminuera quand la température extérieure s'élèvera ; le même inconvénient s'applique à la ventilation des cellules du rez-de-chaussée dont l'air est envoyé dans les foyers des chaudières. Enfin l'air de la ventilation s'échappant par 18 cheminées, le système présenté rend, au point de vue de l'entretien, le contrôle à peu près impossible, et l'administration se trouverait complètement à la discrétion de l'entrepreneur sous le rapport de la ventilation.
2793. Nous ferons une remarque que nous n'avons pas consignée dans notre rapport. D'après le dessin très-détaillé et à une grande échelle d'un des fourneaux, la fumée se dégage par deux tuyaux de tôle ayant chacun 0", 20 de diamètre, dont la somme des sections est de 0~«,0628.
Or, chaque cendrier, dans le système de M. Duvoir, devrait produire la moitié de la ventilation d'un bâtiment, c'est-à-dire appeler 10,850 mètres cubes d'air par heure ou 3 mètres cubes par seconde : la vitesse dans les tuyaux devrait donc être de 47 mètres, et de 25 mètres dans le canal central de la chaudière.
Ce fait, joint à tous ceux que nous avons signalés, fait voir de quelle manière les projets dQ M. Duvoir ont été étudiés.
Expérienees de la floiiB-oomiaiMioii.
2794. La même sous-commission était chargée d'étudier les questions relatives à Tassaiiiissement des cellules.
Les expériences ont été faites dans une cellule de la Conciergerie. L'un des membres de la sous-commission, M. Leblanc, y avait été renfermé avec les appareils nécessaires pour constater la composition de Tair et son état hygrométrique. Les jointures de la porte èl de la fenêtre avaient été soigneusement calfeutrées ; Tair était chauffe extérieurement dans un petit calorifère, et versé dans la cellule par un orifice percé à peu près à un mètre de hauteur; Tair était appelé par un tuyau extérieur^ dans lequel brûlaient plusieurs bougies ; la partie inférieure de ce tuyau était garnie d'un registre au moyen duquel on réglait la ventilation; le tuyau d'appel communiquait avec la partie inférieure d'une chaise percée, dont le couvercle était garni d'un grand nombre d'ouvertures. La vitesse d'écoulement de l'air était mesurée par un anémomètre de M. Combes. Les expériences ont duré jusqu'à 10 heures consécutives. Voici les résultats de ces expériences :
2795. Expulsion de rôdeur. — « Les expériences répétées ont démontré qu'avec les dispositions adoptées, 6 mètres cubes d'air par heure étaient insuffisants pour maintenir l'atmosphère de la cellule exempte d'odeur désagréable. A cette dose de ventilation, Tacétate de plomb en dissolution, placé près du siège, manifestait bientôt la présence de l'acide sulfhydrique ou du sulfhydrate d'ammoniaque.
« Avec un renouvellement d'air de 10 mètres cubes par heure, la vitesse du courant a été suffisante pour s'opposer à la diffusion des odeurs dans Tenceinte, d'après le jugement des personnes douées d'organes délicats. L'air qui s'écoulait dans le tuyau d'appel était infect. Lorsque, sans interrompre la ventilation, on ouvrait le couvercle du coffre, une odeur prononcée ne tardait pas à se répandre dans la cellule, et il fallait environ vingt minutes de ventilation au même degré, après avoir fermé le couvercle, pour que l'odorat ne fût plus affecté d'une manière sensible. Nous avons reconnu quil était indispensable que le vase destiné à recevoir les déjections solides contint 2 à 3 litres d'eau ; les matières excrémentitielles, en tom-