‹ Traité de la chaleurChapitre 197 sur 301 · CHAPITRE V. — CHAUFFAGB ET ASSAINISSEMENT DES PRISONS · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — CHAUFFAGB ET ASSAINISSEMENT DES PRISONS

bant dans le vase sec, répandent des exhalaisons si fortes, qu'une ventilation même plus active est insuffisante pour empêcher la transmission de Todeur.

2796. État chimique de l'air, — <i Avant la réclusion de l'observateur, la cellule avait été maintenue assez longtemps en communication avec l'air extérieur, pour que l'on pût considérer la pureté de l'air au commencement de l'expérience comme égale à celle de l'air normal.

« La réclusion a duré dix heures. Il faut noter comme source de production d'acide carbonique, la combustion d'une bougie pendant deux heures et demie après la fermeture de la porte.

« La ventilation, inférieure à 10 mètres cubes par heure pendant les deux premières heures du séjour, a été portée à 10 mètres cubes pendant le reste de la journée. L'appareil de chauffage a pu amener ia température de la cellule de 3%5 à li%5, et maintenir cette température pendant la plus grande partie de la journée. L'observateur n'a éprouvé ni gêne ni malaise; la sensation d'un léger dégoût, éprouvée pendant les deux premières heures du séjour, sous l'influence d'une ventilation insuffisante, s'était complètement effacée.

« Le dosage de l'acide carbonique dans l'air recueilli, exécuté par la méthode décrite par l'un de nous, a décelé, dans cet air, la présence de 33 dix-millièmes d'acide carbonique en poids. Cette proportion est plus que quintuple de celle qui existe dans l'air normal, d'après M. Boussingault.

« D'après la capacité de la cellule, il y avait donc dans l'enceinte, au moment de la prise d'air, S7 grammes d'acide carbonique, dont une partie devait avoir pour origine la combustion de la bougie ; le reste provenait de la respiration.

2797. (c Ce résultat peut déjà faire juger de Teffet de la ventilation, qui aurait pu être plus complète. Pour mieux juger des effets produits, il faut comparer ce nombre à la quantité d'acide carbonique produit pendant le séjour. Or, les résultats d'une détermination de MM. Ândral et Gavarret, sur la respiration de l'observateur, indiquent 3l'%i6 d'acide carbonique produit par heure ; pendant dix heures, la quantité devait donc être de 314 grammes. Il faut ajouter l'acide carbonique produit par la bougie pendant deux heures et demie, 20 grammes: en tout, 334 grammes. Sur cette quantité, 277 grammes seulement auraient été expulsés pendant la ventilation, pendant les dix heures qu'a duré l'expérience.

« L'analyse de l'air d'une pièce sensiblement de même capacité

que la cellule, fermée et non ventilée, et occupée pendant dix heures par le même observateur, a fourni un pour cent d'acide carbo* nique.

2798. Étai hygrométrique. — « Au commencement de Texpérience, l'air extérieurétait à 2 degrés ; les observations du psychromèt^e ont donné 0,75 pour Fétat hygrométrique : chaque mètre cube d'air contenait donc 4*%2 de vapeur aqueuse.

« Dans la cellule, Tétat hygrométrique initial était de 0,80 à la température de 3%S ; chaque mètre cube contenait donc 5'%2 de vapeur d'eau : au bout de quelques heures de faible ventilation, Tétat hygrométrique était de 0,73 pour la température de 10 degrés. La quantité de vapeur aqueuse par mètre cube était donc de 7",3. A la fin du jour, l'état hygrométrique était de 0,76 pour la température de il^'jS, et la quantité de vapeur d'eau par mètre cube était de 7"%9.

« Ces résultats prouvent que l'état hygrométrique a peu varié dans l'intérieur de la cellule, sous l'influence de la ventilation, à raison de 10 mètres cubes par heure.

« En examinant de près ces résultats, et en remarquant que la température moyenne à l'extérieur est restée basse, on reconnaît facilement Tinfluence que la transpiration a exercée sur l'état hygrométrique de l'air. En effet, cet état aurait dû baisser ; la quantité de vapeur d'eau contenue dans Tair de la cellule, à la fin du séjour, aurait dû être presque moitié moindre de celle qui a été trouvée, en supposant la cellule vide et amenée, par la ventilation, à contenir de l'air au même état, à la température près, que l'air extérieur. C'est ce qui arriverait nécessairement dans les conditions que nous venons de supposer, et de plus dans l'hypothèse où Fenceinte aurait un pouvoir hygroscopique nul.

« Dans la cellule en expérience, dont les murs étaient peints à Thuile, les actions hygroscopiques paraissent avoir eu peu d'influence pour abaisser létat hygrométrique du milieu, et compenser les effets de la transpiration.

« Il n'en est plus de même lorsque les parois sont boisées, lambrissées ou tendues de papier. L'un de nous ayant séjourné dans un cabinet fermé, de i3'^\^ de capacité, dont les parois étaient formées de châssis tendus de papier, n'a pu constater aucune variation dans rétat hygrométrique de l'air, pendant dix heures de se* jour continu. La température était de 2l%5 au commencement, et de21'',8 à la fin du séjour ; l'état hygrométrique initial était de 0,75, et n'a pas varié de 0,01. »

Page 1