‹ Traité de la chaleurChapitre 198 sur 301 · CHAPITRE V. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES PRISONS · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES PRISONS

2799. Les conclusions du rapport sont : 1*^ que la ventilation doit être considérée comme le principal moyen d'assainissement ; 2*" que le chiffre doit en être porté à 10 mètres cubes au moins, par prisonnier et par heure ; 3"* que la température des cellules doit être maintenue à 15 degrés.

A la suite du rapport d'une autre sous-commission, qui avait été chargée d'examiner les difTérents systèmes de fosses d'aisances et de vidange, la commission générale a admis, comme la disposition la plus convenable dans le cas dont il s'agit, un siège fixe pour chaque cellule, avec un tuyau de descente servant à la ventilation.

2800. Dans le courant de 1849, M. le préfet du département de la Seine nomma une commission spéciale, àreiTet à' examiner et de recevoir, s'il y avait lieu, les travatix et appareils de chauffage et de ventilation exécutés à la prison cellulaire Mazas, par M. Grouvelle. Cette commission était composée ainsi qu'il suit: M. Peclet; M. Thauvin, ingénieur ; M. Félix Leblanc ; MM. Lecointe, Gilbert, Bruzard et Jay, architectes, et M. Besuchet, inspecteur général des prisons.

Dans son rapport, cette commission rappelle d'abord les conditions imposées au constructeur par la commission nommée en 1843 par M. le préfet de la Seine et qui avait conclu à l'adoption du projet de M. Grouvelle, à la suite d'expériences par une sous-commission, en proposant : 1"" que la ventilation ne fût pas inférieure à 10 mètres cubes par prisonnier et par heure; 2*" que la température fût maintenue constamment à 15 degrés. Ces conclusions adoptées par l'administration, sur le rapport du conseil général, ont été rendues obligatoires pour le constructeur.

Le rapport donne ensuite l'exposé du système de M. Grouvelle et les résultats obtenus :

Principe du chauffage, — « Le principe sur lequel repose le système de chauffage de M. Grouvelle est le chauffage de Tair par son contact avec des tuyaux à circulation d'eau chaude. Ce qui particularise ce système, c'est la transmission de la chaleur à l'aide de la vapeur partant de générateurs placés dans les caves, et se rendant dans des réservoirs d'eau placés à différents étages, et servant à la circulation.

« Dans ce système, la circulation d'eau chaude n'a lieu que sous une pression très-faible, et les divers étages d'un même bâtiment ne sont pas solidaires sous le rapport du chauffage, qui peut être interrompu pour un étage non occupé.

400 LIVRE XV. — CHAUFFAGE ET VENTILATION DES LlEUi HABITÉS.

2801. Ventilation. — « La ventilation est produite par Tappef d'une vaste cheminée de 4 mètres carrés de section, et de 29 mètres de hauteur, placée au centre des bâtiments.

« L'air appelé dans l'intérieur des cellules, et destiné à la ventilation, est chauffé en hiver au contact des tuyaux à eaux chaude. La totalité de Tair expulsé des cellules par la ventilation descend par les tuyaux qui servent à l'écoulement des déjections des prisonniers. Chaque cellule renferme un siège terminé par un tuyau de descente qui se dirige vers la cave. La ventilation a pour but de maintenir pure l'atmosphère des cellules, en leur fournissant une quantité d'air extérieur suffisante pour remplacer celle qui est viciée par la respiration et les émanations du prisonnier; elle doit être assez grande pour s'opposer aux émanations du tuyau de descente.

2802. Disposition des appareils dans les bâtiments. — « Dans chaque bâtiment et le long du corridor, se trouvent, au premier et au deuxième étage, des balcons sur lesquels s'ouvrent les cellules. Au-dessous de ces balcon», placés à droite et à gauche, se trouvent des caniveaux dans lesquels des tuyaux en fonte forment deux circuits parallèles que l'eau chaude parcourt en sens contraires, afin que sur chaque point la température soit à peu près constante. Pour le rez-de-chaussée, ces tuyaux sont placés dans un canal situé audessous du sol du corridor et toujours au pied des cellules. Les caniveaux sont séparés, dans la direction des murs des cellules, par des cloisons transversales. Chacun de ces intervalles communiquait primilivement avec l'atmosphère par un canal creusé dans le sol de la cellule ; depuis, comme nous le dirons plus loin, cette disposition a été remplacée par des communications avec l'air du corridor. Ces mêmes espaces communiquent avec les cellules par un canal qui se termine par plusieurs grilles.

« Chaque circuit de tuyaux à eau chaude communique avec un réservoir dans lequel l'eau est chauffée par la condensation de la vapeur qui circule dans un serpentin. Six chaudières peuvent fournir la vapeur à tous les réservoirs au moyen d'une conduite générale.

« Dans chaque cellule se trouve un siège d'aisance composé d'une cuvette en fonte et d'un tuyau de descente aboutissant à un tonneau de vidange. Tous les tonneaux d'un même bâtiment sont rangés dans une galerie souterraine ayant toute la longueur du corridor sur lequel s'ouvrent les cellules.

(( Les six galeries souterraines aboutissent, par leurs extrémités les plus rapprochées, à un canal commun, annulaire, en communia

Page 1