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CHAPITRE V. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DBS PRISONS

2834. Dans les dernières expériences sur la ventilation, lorsque le foyer était allumé, on n'a point mesuré la quantité de combustible brûlé par heure dans le foyer, mais on peut la déduire du résultat précédent, parce que le rapport de la vitesse réelle à la vitesse théorique doit rester le même. Le volume d*air appelé a été de 2940 mètres par heure ou 0"%816 par seconde. Alors la vitesse d'entrée de Tair dans la cheminée était de 0"',816 ; 0,282 = 2,893 ; la vitesse théorique devait être de 2,893 : 0,30 = 9,64. D'après cela, on trouve facilement au moyen de la formule

en mettant à la place des lettres leurs valeurs actuelles, que Texcès de température de Tair dans la cheminée devait être de 57"*, et que pour produire cette énorme ventilation de 74 mètres cubes par individu et par heure, on a dû dépenser par heure 2940 . 1,3 . (57— 15} . 0,24 =; 38525 unités de chaleur qui correspondent à peu près à cinq kilogrammes de houille. Si Ton réduisait la ventilation au quart, c'està-dire à 18",50, ce qui pourrait paraître encore insuffisant, la vitesse deviendrait quatre fois plus petite, et comme les excès de température/— d sont proportionnels aux carrés des vitesses, on aurait / — ô=:(57 — 6): 16; d'où/=9%l8; ainsi la consommation de combustible serait réduite à 9,18 : 57= 0,16, et par conséquent à 6.0,16 = 0S80.

2835. Ce qui manque à ces appareils de chauffage et de ventilation, ce sont des instruments qui indiquent, à chaque instant, Tétat de la ventilation, afin qu'on puisse toujours la maintenir entre certaines limites ; car, s'il est important pour la salubrité qu'elle ne descende pas au-dessous d'un certain point, il est nécessaire, sous le point de vue économique, de ne pas tomber dans des ventilations exagérées qui occasionnent inutilement une grande consommation de combustible. Mais, comme la ventilation par appel est fortement influencée par les variations atmosphériques, il faudrait avoir pour chaque cellule des appareils régulateurs tenant compte de toutes ces circonstances, ce qui parait bien difficile.

PrUoB cellulaire de Tenrs.

2836. La prison de Tours est composée de trois bâtiments égaux, disposés comme ceux de la prison Mazas, et réunis à angles droits.

Ces bâtiments renferment 120 cellules, mais 108 seulement peuvent être occupées par les détenus. Au point de croisement de trois cor* ridors se trouve la chapelle ; au-dessous, un calorifère à eau chaude. L'eau chaude circule dans des tuyaux horizontaux placés dans des canaux creusés au-dessous du sol et dans les axes des galeries. Uair extérieur pénètre dans ces canaux, s'échauffe contre les tuyaux à eau chaude et se rend dans chaque cellule par un conduit pratiqué dans l'épaisseur du mur.

La ventilation des galeries devait avoir lieu, pendant l'hiver, par le foyer du calorifère ; pour cela, sur le sol de chacune des trois galeries, et au milieu de leur longueur se trouvent deux ouvertures couvertes de grilles, terminant des canaux qui aboutissent au cendrier du calorifère. La ventilation d'été des galeries devait être produite par des ouvertures ménagées à chaque étage dans chacun des vitraux qui ferment les extrémités des galeries ; ces ouvertures pouvaient être plus ou moins fermées par des châssis vitrés, mobiles dans des coulisses. La ventilation des cellules devait avoir lieu, comme à Mazas, par les tuyaux de descente ; les cuvettes d'une forme conique, en fonte émaillée, communiquent à la partie inférieure avec un tuyau qui sort obliquement à travers le mur extérieur et descend verticalement, contre sa surface extérieure, dans la fosse creusée sous le chemin de ronde. Il y a une fosse pour six cellules. Les murailles et les voûtes des fosses sont formées de moellons posés à sec, sans mortier. Les fosses, à l'origine, étaient en communication avec deux cheminées du calorifère qui renfermaient à leur partie inférieure un poêle à eau chaude. La ventilation d'hiver devait avoir lieu par la chaleur de la fumée, et celle d'été par les poêles à eau chaude. « Les appareils ont été reçus par une commission qui n'a fait aucune réserve pour la ventilation qui ne fonctionnait pas encore. »

2837. Mais, lorsque les tuyaux de descente ont été posés, on a reconnu qu'ils fournissaient une communication facile entre les détenus : des paroles prononcées à voix basse près de l'ouverture d'un siège étaient entendues distinctement à l'ouverture des autres sièges aboutissant à la même fosse. Pour éviter cet inconvénient, on fit plonger les extrémités inférieures des tuyaux dans des vases pleins d'eau, et plus tard on se contenta de les faire plonger dans du sable qui couvrait le sol des fosses ; mais alors la communication des tuyaux avec l'air de la fosse a été intercepté^ ainsi que le son ; on le croyait du moins alors, et il fallut chercher un autre procédé

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