CHAPITRE V. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES PRISONS
d'aérage. Les cuvettes ont été garnies d'une enveloppe pourvue d'un tuyau latéral en tôle, qui, après s'être élevé à une certaine hauteur, communique avec un canal creusé dans la muraille aboutissant dans les combles ; là, il se termine par un tuyau en tôle qui entre perpendiculairement dans des gaines en bois qui débouchent dans les deu3( cheminées réiargies du calorifère. A partir de ce point, les cheminées n'ont plus que S mètres de hauteur.
2833. Le chauffage a mal. réussi, du moins pour les cellules du rez-de-chaussée, pour lesquelles l'air n'a pas une force ascensionnelle suffisante.
La ventilation d'hiver était faible, celle d'été était nulle ; il régnait dans cette dernière saison une odeur infecte dans les combles. Mais ce n'est pas tout, les tuyaux de descente, comme je Tai dit, plongeaient par leur partie inférieure, et d'une petite quantité, dans le sable dont on avait rempli en partie les fosses, le son était intercepté, mais la communication des tuyaux avec l'air des fosses ne l'était point; et comme les murs et les voûtes des fosses étaient en pierres sèches, et que le sol environnant était perméable à l'air, il s'ensuit que les tuyaux de descente qui n'étaient pas fermés à leur partie supérieure étaient réellement en communication avec l'air extérieur par l'intermédiaire des fosses. Alors les vents, réchauffement des tuyaux de descente par l'ardeur du soleil, faisaient monter l'air des fosses dans les cellules.
2839. Ainsi, point de ventilation dans aucune saison, ni pour les cellules, ni pour les galeries ; Tair des cellules vicié par les vapeurs qui s'élevaient des tuyaux de descente, non fermés à leur partie supérieure ; les cellules en communication directe par les tuyaux d'ascension et de descente avec deux foyers permanents d'infection, les fosses et les combles, dont l'air, par l'action des vents et du soleil, se mouvait tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre, mais toujours en passant par les cellules, et enfin les cellules en communication directe avec les galeries. Voilà ce qui existait dans la prison de Tours en 1849 ; il serait difficile d'imaginer une réunion de circonstances plus déplorables.
Dans le commencement du mois de juillet 1849, le choléra existait dans la ville de Tours, mais avec peu d'intensité et seulement dans les quartiers éloignés de la prison ; lorsque, le 13 de ce mois, cette terrible épidémie se manifesta dans l'intérieur de cet établissement et en quelques heures y prit un développement effrayant. Le 14, Monseigneur l'archevêque avait mis à la disposition du di-^
L'air qui entre dans la cellule par une ouverture placée à la partie inférieure en sort par une autre ouverture située sur la face opposée placée aussi à la partie inférieure et en communication avec un canal aboutissant à une cheminée générale dans laquelle un foyer spécial détermine Tappel.
2843. Le chauffage de Tair dans des canaux verticaux occupés par des tuyaux ascendants et de retour d'eau chaude, est avantageux quand la pièce chauffée communique à la hauteur du plancher avec une cheminée d'appel échauffée, parce que la vitesse de Tair est à peu près la même à chaque étage, mais à la condition que Ton ait pris les précautions nécessaires pour que les veines d'air en arrivant dans la cheminée d'appel ne se prolongent pas transversalement de manière à en diminuer la section, et que des registres convenablement placés permettent de régler la ventilation des différents étages. Quelquefois le chauffage de l'air dans la cheminée d'appel se fait par des tuyaux à eau chaude qui se prolongent jusqu'à son sommet ; c'est une disposition qui peut être employée dans des établissements, où la dépense de combustible pour la ventilation est peu considérable^ et où Ton veut éviter un foyer spécial ; mais pour des prisons, cette disposition a plusieurs graves inconvénients : elle exige d'abord une dépense assez considérable de frais d'établissement ; de plus, une dépense de combustible beaucoup plus grande que si l'air était chauffé directement par de l'air échappé d'un foyer spécial, parce qu'il y a une perte de chaleur dans le chauffage de l'eau, et enfin parce que réchauffement de l'air ayant lieu progressivement à mesure .qu'il s'élève, il n'y a qu'une partie de la chaleur employée qui est utilisée pour le tirage. En outre dans cette disposition la ventilation étant Hée au chauffage varie nécessairement avec lui, elle est faible au commencement et à la fin du chauffage, et acquiert son maximum d'effet pendant les jours les plus froids. Cette disposition ne peut pas être employée dans les prisons cellulaires où la ventilation doit être constante.
ObserTatlons sur le chauffage et la Tentilatlon des prleons.
2844. Les opinions sont partagées sur l'opportunité du chauffage et de la ventilation, dans les maisons centrales où les prisonniers vivent et travaillent en commun. Quelques personnes pensent qu'il serait dangereux de placer les détenus dans des conditions sanitaires meilleures que celles dans lesquelles se trouvent souvent les ouvriers