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CHAPITRE Y. - CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES PRISONS

à 5 chevaux-vapeur; mais la cheminée ayant 30r de hauteur, Texcès de température étant à peu près de 20*, le tirage mécanique n'emploierait qu'une partie du travail de la cheminée représenté (2434) en général par àR : 2,42 (1 -f- «/), qui dans le cas particulier dont il s'agit = 0,043. Ainsi une machine substituée à la cheminée exigerait un travail effectif de 5.0,043 = 0,215 cheval-vapeur; mais comme il y a toujours une perte de travail par les transmissions de mouvement et dans la machine ventilante elle-même^ il faudrait compter au moins sur un cheval, et supposer qu*il n'y ait pas d'accroissement de vitesse, ni à l'entrée ni à la sortie de la machine; car les étranglements occasionnent plus ou moins de perte de travail. Pour la prison Mazas, il aurait suffi d'employer un ventilateur à force centrifuge un peu grand, ou deux de dimensions moyennes montés sur le même axe. L'appareil serait placé dans une chambre fermée où viendrait aboutir le canal d'appel. Chaque ventilateur aurait un tuyau d'écoulement qui communiquerait avec la cheminée. Exaction mécanique ne dépenserait réellement qu'une quantité à peu près nulle de combustible, la chaleur delà vapeur détendue pouvant être employée en hiver au chaufTage, et en été à la buanderie ou à d'autres usages. Cette dernière considération permettrait de donner aux orifices d'accès et aux canaux de circulation de plus petites dimensions, ains^ qu'à la cheminée d'écoulement ; car si le travail était porté à 3 ou 4 chevaux, la chaleur de la vapeur détendue pourrait encore être employée utilement. Ainsi, par cette disposition, presque toute la dépense de combustible de la ventilation d'hiver et d'été se trouverait économisée, et nous avons vu que pour la prison Mazas cette dépense s'est élevée en moyenne à 6,266 francs par an, de 1851 à 1854. Mais il faudrait retrancher de cette économie une certaine somme, jpour les frais d'entretien des machines.

Si l'on remarque, en outre, que la ventilation par insufflation n'est pas influencée, comme celle par appel, par les circonstances atmosphériques, on doit en conclure que, pour les grandes prisons, elle doit être préférée à la ventilation par appel. Pour les petites prisons, renfermant un nombre restreint de détenus, on ne doit pas non plus hésiter à l'employer ; seulement, comme le travail mécanique est alors très-faible, il convient de faire tourner le ventilateur parles détenus •eux-mêmes, en ayant soin d'installer un moyen facile de contrôler le nombre de tours. Le travail de nuit présenterait quelques difficultés sous le rapport disciplinaire ; mais il ne serait pas impossible de se servir des détenus pour produire pendant le jour un travail qui serait

dépensé lentement pendant la nuit, en réduisant le volume d'air au strict nécessaire la nuit.

2849. En supposant que des circonstances particulières forcent à employer la ventilation par appel, il faut absolument éviter de faire sortir l'air des cellules par les tuyaux de descente des cuvettes ; car cette disposition a de graves incoDvénients sous le rapport de la salubrité publique. Eneffety la conséquence forcée est l'évacuation dans l'atmosphère de la totalité de Tair de ventilation saturé des émanations des fosses ; à la prison Mazaà, le volume d'air versé dans une heure par la cheminée esta peu près de 27,000 mètres cubes, et par jour de 658,000. On conçoit que, lorsque les vents rabattent à la surface du sol cette masse d'air infect, il en résulte pour le quartier une insalubrité réelle. On peut craindre, en outre, que les tuyaux de descente ne soient obstrués, en tout ou en partie, par les matières ; ce qui arrête ou diminue nécessairement la ventilation. Il vaudrait donc mieux employer des cuvettes à tampon et à deux enveloppes, bien que cette disposition exige de la part des détenus des soins qu'on n'obtiendrait peut-être pas facilement; et il est indispensable d'étabUr un canal spécial pour diriger l'air de ventilation vers la cheminée.

L'air pourrait s'écouler de chaque étage par un conduit placé près du plafond des cellules, du côté du corridor, en dedans ou en dehors, ou par l'intervalle des planchers et des voûtes des cellules inférieures, quand cette disposition a été prise pour isoler davantage les prisonniers. Le règlement de la ventilation de chaque cellule doit pouvoir s'effectuer au moyen d'un registre placé à l'entrée du conduit qui amène l'air chaud dans la cellule, et dont la tige traverserait le canal renfermant les tuyaux de chauffage.

2850. Pour les grandes prisons, la disposition du foyer d'appel de Mazas me paraît très- convenable. Pour les petites prisons, on pourrait avec avantage employer un poêle à alimentation continue, d'autant mieux qu'il serait facile de varier la consommation de combustible, et par suite le tirage, au moyen du registre d'accès de l'air dans le cendrier. Dans tous les cas, l'air nécessaire a la combustion doit être pris dans le tuyau d'appel.

2851. Il est évidemment toujours utile de placer la cheminée des fourneaux de chauffage dans la cheminée de ventilation.

Les raisons que nous avons déjà indiquées rendront souvent préférable l'emploi, même pour l'appel, de moyens mécaniques. Quaat au calcul des quantités de chaleur à dépenser pour le chauf-

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