CHAPITRE Vï. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HOPITAUX
disposition consiste à chauffer Tair de ventilation par des poêles placés dans les salles, à faire évacuer l'air vicié par des cheminées qui s'ouvrent au niveau du sol et viennent déboucher dans une cheminée centrale partant des combles et renfermant un calorifère à eau chaude, à grandes surfaces de chauffe qui sert de vase d'expansion ; de ce calorifère partent les différents tuyaux de descente de l'eau chaude qui alimente les poêles. L'établissement de ces appareils constituait une amélioration évidente sur les mauvais poêles qu'ils remplaçaient. Le pavillon de Thôpital Beaujon, ainsi chauffé et ventilé, fut moins malsain pour les malades que les autres pavillons chauffés par de simples poêles. Toutefois la ventilation ne fut pas assez énergique pour empêcher l'odeur de certains malades affectés de maladies spéciales de se répandre dans tout le pavillon et d'affecter péniblement tout au moins Todorat.
Hôpital IVeeker.
Appareils de M. Duvoir-Leblanc.
2864. A l'hôpital Necker, dont un pavillon a aussi été chauffé par M. Duvoir-Leblanc, les appareils sont disposés à peu près de la même manière qu'à Beaujon. L'hôpital renferme deux pavillons composés chacun d'un rez-de-chaussée et de deux étages. Le nombre total des lits est de 168. D'après son marché, l'entrepreneur s'était engagé à maintenir, pendant les sept mois de chauffage, une température de 13° dans les salles, à produire jour et nuit une ventilation supérieure à 60 mètres cubes d'air par malade et par heure, moyennant une somme de 15 francs par jour tout compris. La ventilation d'été devait avoir lieu au moyen de 100 kilogrammes de houille fournie par l'Administration. La réception des appareils n'a été faite qu'après une série d'expériences dirigées par M. Leblanc. Comme elles n'ont duré que du mois de janvier au mois de mai, elles n'ont pu porter sur la ventilation d'été, qui est, dans les mois de chaleur, la pierre de touche des systèmes de ventilation.
2865. Dans le rapport de la Commission on trouve ce passage : « M. Duvoir-Leblanc, qui a beaucoup perfectionné ses appareils « depuis la construction de ceux qui fonctionnent à l'hospice Beau- « jon, est parvenu à supprimer complètement le foyer existant dans « les caves, en sorte que, l'été comme l'hiver, le chauffage de Teau c( destinée à la circulation s'opère par la chaleur perdue des foyers « destinés aux préparations médicamenteuses, cataplasmes, etc
salles et les promenoirs, reçut donc l'approbation du jury ; sa construction était résolue. Aucune raison ne semblait devoir s'opposer à ce qu'un jugement rendu à la suite d'un concours public par le jury de ce concours, produisît son effet; mais il n'en fut pas ainsi. Le mode de chauffage à l'eau de M. Léon Duvoir était tellement soutenu par quelques personnes, qu'il s'éleva auprès de l'Administration supérieure pour le faire prévaloir une nouvelle lutte d'influences. Il en résulta, chose tout à fait inusitée, un renvoi du projet adopté par le jury au jugement du Conseil des bâtiments civils, qui conclut à ce que l'Administration ne devait adopter aucune innovation ; et ensuite, en 1852, un second renvoi au général Morin qui était appelé par le Ministre M. de Persigny,à donner son avis sur le système de la pulsion avec chauffage à vapeur et sur les appareils de M. Duvoir. Ce savant émit l'avis qu'il fallait retirer du projet de MM. Thomas et Laurens la moitié des pavillons de malades pour les donner à M. Duvoir, et laisser appliquer, par suite, le système de ces ingénieurs aux trois autres pavillons et aux divers services de l'hûpital. Cet avis était basé sur l'utilité qu'il y aurait à créer une expérimentation comparative des deux procédés dans le même établissement. Le système de MM. Thomas et Laurens, système avantageux surtout pour les grands établissements, se trouvait ainsi devoir perdre, par une application plus restreinte, une partie de ses avantages. L'avis de M. Morin fut cependant admis par le Ministre et suivi d'exécution. Cette décision a grevé le système nouveau de la ventilation insufflée d'un accroissement de frais de première installation, et aussi d'une augmentation notable dans les frais annuels de la gestion et de l'entretien.
Tous les appareils de Lariboisière fonctionnent depuis la fin de l'hiver de 1854.
2872. La figure 695 donne le plan de la moitié de l'hôpital Lariboisière. Les malades sont distribués dans six pavillons isolés et distants les uns des autres d'environ 20 mètres ; trois sont à droite de la grande cour centrale de i 15 mètres de longueur sur 45 mètres de largeur, et les trois autres à gauche de cette même cour, en regard des premiers. Chaque pavillon contient trois salles de malades, le rez-de-chaussée, le premier et le deuxième étage ; chacune renferme 32 lits ; à l'extrémité de chaque salle il y a une chambre réservée, à deux lits. C'est donc un total de 102 lits par pavillon; soit 612 pour tout l'hôpital. Des chauffoirs P, P, P, promenoirs ou réfectoires, sont au nombre de quatre de chaque côté des pavillons