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CHAPITRE VI. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DBS HOPITAUX

D'après MM. Thomas et Laurens, qui puisaient leurs convictions dans la pratique des forges, où l'on répartit Tair insufflé entre divers foyers en telle proportion et avec telle pression que Ton veut, il était évident qu'on obtiendrait dans la ventilation des locaux habités etparticulièrement des hôpitaux, Taccès de Tair neuf en quantité voulue en chacun des points où on jugerait utile de le porter. L'expérience acquise dans la ventilation par appel avait montré la difficulté d'atteindre un pareil résultat, par suite des variations de l'état atmosphérique, soit au point de vue de la température, soit au point de vue de Taction du vent sur le débouché de la cheminée et sur les orifices de prise d'air. Les résultats obtenus au Théâtre-Lyrique et même à Lariboisière, malgré les soins apportés pendant les expérimentations qui y ont été faites sur l'appel, n'ont fait que confirmer cette appréciation.

2912. Un autre avantage de la pulsion, c'est qu'elle rend la ventilation indépendante du chauffage et qu'on peut l'augmenter ou la diminuer sans que le chauffage ait à intervenir. On sait que dans le système de la circulation d'eau chaude, le chauffage et la ventilation, partout où on s'est servi de ce système, sont dépendants l'un de l'autre.

2913. La pulsion permet, en outre, en dépensant une très-faible force, de puiser l'air neuf à une hauteur telle en contre-haut des toits et des bâtiments environnants, qu'on peut l'obtenir ainsi aussi pur que possible, puisqu'il est à l'abri des émanations des habitations et plus frais en été que s'il était pris dans les cours ou près du sol, à proximité des surfaces échauffées par le soleil. On a parfois, dans l'appel, puisé l'air dans les caves pour l'avoir frais, mais cette fraîcheur des caves ne peut se maintenir longtemps ; d'ailleurs cet air habituellement ne serait pas pur, surtout s'il était pris dans les caves d'un hôpital. Il a d'ailleurs presque toujours une odeur désagréable qui achève d'en justifier le rejet.

Prendre l'air à une grande hauteur est facile et ne coûte rien en construction, si l'on doit élever un clocher dans l'édifice. Une gaine spéciale ne serait pas d'ailleurs une dépense à condamner, du moment où elle assure la pureté de l'air. Dans des bâtiments à construire, il serait facile de réduire cette dépense au minimum. Enfin, en cas d'impossibilité, la pulsion permettrait d'aspirer l'air d'assez loin pour le prendre dans un emplacement salubre. On a dit qu'avec l'appel on pouvait arriver au même résultat ; nous avons vu, quand il s'est agi du Théâtre-Lyrique, qu'en été, la quantité d'air neuf appelée par la conduite souterraine qui débouchait dans le square Saint-Jacques

n'était que le 1/6 du volume évacué par la cheminée d'appel; aussi cette galerie est-elle supprimée depuis longtemps.

2914. La puissance d'une cheminée d'appel est limitée, tandis qu'on peut organiser une machine à vapeur de manière à offrir une grande latitude ; on ne peut faire croître le tirage ad libitum par l'élévation de la température, car la masse d'air enlevée ne croît que comme les racines carrées des différences entre la température de la cheminée et celle de l'intérieur.

La résistance qui se produirait dans les cheminées de prise d'air neuf absorberait une grande partie de la puissance des cheminées d'appel, surtout si les premières avaient une grande hauteur ; aussi ce qu'on a tenté dans ce but s'est-il borné à prendre l'air sur les toits, et l'on peut citer des cas où on a été conduit à y renoncer comme à Guy's HospitaL

2915. Pour ventiler par pulsion, il faut nécessairement un moteur, qui le plus souvent ne peut être qu'une machine à vapeur commandant un ventilateur quelconque. Divers genres de ventilateurs sont appUcables; ainsi le ventilateur à force centrifuge, disposé comme à Lariboisière pour ne produire aucun bruit ; le ventilateur à hélice, un cylindre soufflant à tiroir qui donnerait le meilleur rendement, mais dont le grand volume serait souvent un obstacle insurmontable à son placement, tout autre genre de soufflerie, pourvu qu'elle fût sans bruit. M. Piarron dé Môntdésir a essayé un autre mode en employant le système de l'injection; mais ce moyen, qui n'a pas reçu d'application suivie, est peu propre à vaincre les résistances des coudes, des étranglements que présentent les artères, et à répartir l'air neuf dans leurs circulations plus ou moins compliquées. Cependant ce moyen peut être utile parfois, quoique son rendement ne soit pas le meilleur possible (2440). Dans tous les cas, la pulsion exige une plus ou moins grande dépense de force ou de charbon. Mais une cheminée d'appel, qui ne peut fonctionner qu'en donnant à l'air évacué un excès de température de 20 à 25* sur la température extérieure, occasionne une dépense de combustible tout aussi forte et même plus forte qu'une bonne machine (664).

Avec un moteur à vapeur, on réduit même à d'infimes proportions la dépense de combustible, quand la vapeur, après avoir agi mécaniquement, peut être appliquée à des chauffages, et tel est le cas de tous les hôpitaux où l'on a, même en été, l'emploi de cette vapeur pour chauffer l'eau destinée à différents services, pour les bains d'eau et de vapeur, pour la buanderie, etc. Dans les hôpitaux bien organisés,

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