CHAPITRE YI. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HOPITAUX
de réception des appareils à Lariboisière et par M. Grassi ont donné pour des températures extérieures très-basses, puis plus élevées, des volumes d'air aspirés par la cheminée, qui dépassent de beaucoup ceux convenus. II faut donc qu'il y ait, dans Tappareil, un moyen dont M. Duvoir-Leblanc fait mystère et qui permette de suppléer momentanément à Tinsuffisance de la ventilation qui a lieu naturellement par le seul effet du chauffage. Il ne me paraît pas douteux que ce moyen consiste tout simplement dans l'ouverture du robinet du tuyau de communication directe du vase d'expansion avec la chaudière, tuyau indispensable pour la ventilation d'été qui doit avoir lieu sans chauffage : ce tuyau existe, quoiqu'il ne soit pas indiqué dans les dessins des appareils ; or, ce tuyau de retour d'eau étant suffisant à lui seul pour produire la ventilation convenue sans chauffage, agissant en même temps que le tuyau de retour d'eau par les poêles, permet évidemment d'amener l'eau du vase d'expansion à une température assez élevée pour produire dans toutes les circonstances la ventilation totale observée sans accroissement de température. Reste maintenant à savoir si cette augmentation de ventilation n'a lieu que quand on fait des expériences, ou si le chauffeur a un moyen caché pour régler la ventilation ; car on ne peut pas admettre qu'un entrepreneur donne gratuitement une ventilation de 80 à 90 mètres cubes, quand il n'en doit que 60, et que ce surcroît de ventilation lui coûte un grand accroissement de dépenses en combustible
2909. En résumé, de ce que je viens d'exposer, il résulte trois choses parfaitement évidentes pour les appareils disposés comme ceux de M. Léon Duvoir : 1* qu'une ventilation uniforme et qui se règle d'elle-même par le seul effet des appareils de chauffage est impossible ; 2"* que la ventilation dépend du chauffeur, qui ne sait pas lui-même ce qu'il fait quand il veut dépasser la ventilation variable, qui s'opère naturellement par suite du chauffage ; 3"* enfin que des expériences dirigées avec le plus grand soin par les personnes les plus habiles, les plus intègres, quelque prolongées qu'elles soient, ne prouvent absolument rien pour ce qui se passe quand on ne fait plus d'expériences (I).
{1} Je dois faire observer qae si la médaille d*or a été donnée à M. Léon Davoir- Leblanc à Texposition universelle de 1855, elle ne l'a été que pour ses appareils de chauffage et nullement pour ses ventilations : on en trouvera la preuve dans le rapport du Jury lui-même.
462 LIVRE XV. — CHAUFFAGE ET VENTILATION DES LIEUX HABITÉS. Appareilc du syatèiiie de 1» ventllatloM par polaloB.
2910. J'ai déjà expliqué que le projet adopté parle jury du con* cours pour Thôpital Lariboisière, consistait dans la ventilation par pulsion ou insufflation et dans un chauffage à vapeur, mais par Tinter- Diédiaire de poêles à eau que la vapeur échauffait ; on a vu comment, suivant le conseil du général Morin, la moitié des salles seulement dut recevoir Tapplication du système. A Texécution, le rôle des poêles à eau chaude fut aipoindri pour donner une part plus directe à la vapeur, ce qui permet de mieux régler le chauffage d'après les variations de température de notre climat ; ce sont les dispositions générales des ingénieurs Thomas et Laurens qui ont été exécutées et leurs appareils ont fonctionné depuis 1855.
M. Farcot avait obtenu Tentreprise de ces travaux, d'après un cahier des charges qu'il ne lui était pas loisible de modifier, et dont il ne pouvait dépasser les prévisions.
Il n'est pas inutile de faire remarquer que ces travaux devaient être installés dans des bâtiments déjà construits, ce qui entraîne certaines défectuosités et un accroissement de dépenses ; ces inconvénients ne se produisirent pas au même degré pour l'appel, l'architecte pouvant croire dès 1 847 à l'application des appareils Duvoir.
D'après les luttes d'influence qui s'étaient produites lorsqu'il s'était agi pour l'Administration des Hospices de prendre une décision au sujet de Lariboisière, on pouvait prévoir qu'elles se continueraient pendant et après l'exécution des travaux du nouveau système ; diverses expériences contradictoires ont été exécutées à un certain moment ; nous examinerons les conséquences qu'il en faut tirer ; disons maintenant que certaines d'entre elles avaient mené à établir que la ventilation par pulsion n'existe pas ; on pouvait donc croire h Fabandon du système après une pareille condamnation. Il n'en est rien cependant ; il n'a pas cessé de fonctionner dans cet établissement, et la pulsion avec l'emploi de la vapeur au chauffage est appliquée par l'Assistance publique de Paris dans le nouvel hôpital de Ménilmontant et à TUÔtel-Dieu, non encore terminés. Différents hôpitaux et d'autres édifices à l'étranger ont employé la pulsion pour ventiler et la vapeur pour chauffer. En France, l'Hôtel de ville de Paris et la grande Maison de détention et de dépôt de Nanterre seront de même ventilés par pulsion et chauffés à la vapeur.
2911. Principes de la ventilation par insufflation ou pulsion. —