CHAPITRE VI. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT* DES HOPITAUX
vitesse extraordinaire, cite comme faisant partie du système qui a produit ces résultats, Tinsufllation de l'air dans la chambre des chauffeurs par un ventilateur qui y maintient la pression à 100 ou 150 millimètres d'eau.
2924. Dispositions employées à Lariboisière. — La ventilation est effectuée avec de l'air recueilli au-dessus des toits, à une assez grande hauteur dans l'atmosphère pour qu^l soit pur de toutes les émanations qui se produisent dans un hôpital.
Le clocher de la chapelle, par sa hauteur et sa forme, s'est trouvé parfaitement disposé pour cela. On s'est contenté, pour toute appropriation, de donner aux lames des abat-son deux inclinaisons, de manière à utiliser la vitesse du vent qui, après les avoir traversées, arrive dans la gaîne a b (fig. 688), formée par l'un des quatre piliers creux de ce clocher. La dépense de construction pour avoir de l'air pur a donc été insignifiante, loin de s'être élevée, comme le gêné* rai Morin l'a publié, à celle de la construction d'une haute cheminée dans l'intérieur de ce clocher, ce qui d'ailleurs eût été impossible dans un clocher tout bâti. Le mode de construction de celui-ci comportait, à ses quatre angles, des piliers creux, à parois épaisses, en pierres de taille ; on n'a donc fait qu'utiliser l'un de ces piliers pour l'arrivée de l'air pur ; c'est par ce moyen qu'est encore fourni aujourd'hui tout l'air de la ventilation par pulsion.
292o. La figure 687 est une coupe générale aurez-de-chaussée de la moitié de droite de l'hôpital ; la disposition des salles de la moitié de gauche est identique. Mais cette coupe horizontale est prise dans la cave par le pavillon n*" 2, au premier étage pour le pavillon n"" 4 et au second étage par le pavillon n"* 6 ; une galerie souterraine dans laquelle débouche la cave de chaque pavillon règne sous tout le pourtour de l'édifice ; cette galerie est elle-même située sous le portique à arcades qui passe devant les pavillons et les chauffoirs P,P et entoure aussi la graiide cour XY ; la cage d'escaliers de chaque pavillon et les chauffoirs ou promenoirs communiquent avec ce portique dont les arcades sont fermées par des vitrages.
Dans la partie ZZ de la galerie souterraine sont établies les machines à vapeur et celles de ventilation. Cette chambre communique de plain-pied avec celle des chaudières g y h y qui sont en contre-bas 4lu sol, dans la cour U ; c'est également dans cette galerie souterraine que sont placés les tuyaux en tôle qui portent l'air de ventilation à chaque pavillon, ainsi que les tuyaux de vapeur pour le chauffage des salles et ceux de retour d'eau, les tuyaux d'air sont suspendus
au haut de la galerie visible et accessible de toutes parts. Les tuyaux de vapeur et de retour d'eau sont placés dans un caniveau souterrain recouvert à niveau du sol par des panneaux qui permettent la visite et les réparations s'il y a lieu.
2926. Un ventilateur B, fig. 687 et 688, à force centrifuge, dont l'enveloppe a la forme spirale, et qui par sa disposition et sa construction évite tout bruit incommode, aspire l'air neuf par Tintermédiaire du pilier creux a b du clocher (fig. 688) et le refoule par l'artère DEF ; il est mis en mouvement à l'aide d'une simple courroie par une machine à vapeur à détente, sans condensation, d'une force variable, et dont la vapeur de fuite est absorbée en toute saison par des chauffages. En hiver et même en été, cette vapeur ne suffit pas à tous les chauffages accessoires de Lariboisière. Tout est disposé pour suppléer à cette insuffisance par des prises directes sur les chaudières, le rapport des vitesses de la machine et du ventilateur est de 1 à 4 ; en marche normale la machine doit faire de 90 à 100 tours par minute. Remarquons qu'il y a un second ventilateur B' pourvu aussi dé sa machine à vapeur, mais qu'un seul de ces mécanismes suffit largement en tout tempsàla\entilation de ce côté de l'hôpital. Le second appareil avait été indiqué dans le projet de concours, ailors que l'hôpital tout entier devait, conformément à la règle de toute bonne administration, être pourvu d'un seul système. Lors de l'exécution réduite, on conseilla à l'administration de conserver cette seconde équipe, comme moyen de rechange ; mais cela n'est point une nécessité avec des machines bien construites.
2927. Lors de l'entreprise soumissionnée par M. Farcot, il avait été admis que les travaux d'appropriation du local, où serait placée la machine ventilatrice, afin de la mettre à l'abri de toute arrivée d'air autre que celle du clocher, seraient à la charge de la construction de l'édifice. Mais rien ne fut fait dans ce but et c'est sur cet état de choses incomplet qu'ont eu lieu les expériences publiées et dont nous parlerons plus loin. Nous avons vu ce que les auteurs du système proposaient de faire à ce sujet, mais ils n'eurent point la faculté de compléter leurs travaux à cet égard. Toutefois on doit à M. Ser d'avoir établi ce complément lorsqu'il devint plus tard ingénieur de l'Assistance publique de Paris ; c'est ainsi que les ventilateurs B et B' ont été enfermés dans une enveloppe hermétique UjU,u,u qui n'a de communication qu'avec la gatne ab du clocher par le canal souterrain s^s^s,
2928. Trois générateurs timbrés à S atmosphères i/2 sont placés