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CHAPITRE VI. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HOPITAUX

changer complètement cette répartition ; on peut remarquer que dans la répartition présente c'est le pavillon le plus éloigné de la machine qui reçoit le plus d'air; on remarquera aussi que, pour chaque pavillon, on a mesuré le volume d'air reçu par son branchement particuHer, tel que G'G' qui est en tôle et ne perd pas d'air : tout l'air qu'il a reçu passe donc dans les salle;^, directement par les poêles ou indirectement.

2955. On a vu que l'air de ventilation parcourait, dans Taxe des salles et sous leur plancher, un canal sur lequel les poêles sont simplement posés ; au niveau du parquet, ce canal est recouvert par des plaques de fonte que fixent aux longrines du plancher quelques vis qui sont loin de rendre la fermeture hermétique ; ce manque d'herméticité et d'autres ouvertures aident à la diffusion de l'air qui n'arrive pas dans les salles uniquement par les poêles : ce sont ces issues qu'on a appelées dans le tableau ouvertures accessoires et qui contribuent aux chiffres de la deuxième ligne.

2956. Il est important de remarquer que la régularisation de la ventilation insufflée dans chaque salle n'a pas l'inconvénient que nous avons signalé, quand la ventilation a heu par l'appel d'une cheminée ; cette régularisation doit toujours se faire en diminuant la surface des orifices qui produisent le plus grand débit ; d'où résulte nécessairement un accroissement de travail pour maintenir la ventilation générale au même point ; mais, quand la ventilation a heu par un travail mécanique entendu comme celui de Lariboisière, cet accroissement de travail ne coûte presque rien, tandis que quand la ventilation a heu par réchauffement de l'air dans une cheminée, l'accroissement nécessaire de travail correspond à un accroissement considérable de dépense dé combustible ; car l'appel d'une cheminée augmente très-lentement avec l'accroissement de la température, comme nous l'avons vu (543).

2957. La force que développe la machine à vapeur est ordinairement de 8 chevaux : la pression de l'air au ventilateur est de 20 à 25 millimètres d'eau, suivant la vitesse de la machine. On remarquera que les parcours de l'air et les obstacles qu'il rencontre sont considérables et que néanmoins toutes ces résistances sqnt vaincues par une faible pression initiale, qui s'abaisserait encore si l'on diminuait les obstacles. Mais il était impossible de les diminuer à Lariboisière. Les ingénieurs ne sont venus que quand le bâtiment était complètement achevé : ils ont dû se servir, pour la répartition de l'air aux divers étages, de gaines ménagées dans l'épaisseur des

murs pour des cheminées, ou pour tout autre usage ; on ne voulait aucune colonne, aucun tuyau apparent pour porter l'air d'étage en étage. De même le caniveau central, placé sous le parquet des salles, eut une section réduite, parce que la forme des fermes en fer du plancher ne permettait pas de le faire plus grand.

Les résistances à la circulation se sont ainsi considérablement accrues ; on devra tenir compte de cette circonstance quand on voudra comparer Lariboisière à d'autres ventilations, ou se baser sur les dépenses de cet étabUssement pour d'autres. On ne devra pas non plus conclure que le ventilateur n'a qu'un faible rendement de ce que le travail théorique pour la compression de Tair insufllé est loin d'absorber la force de 7 à 8 chevaux. Ce sont les coudes, les étranglements, les frottements et la pompe de service qui exigent cette force de la machine.

2958. Ge qui précède montre que Tinsufflation permet de surmonter les diverses dj^fficultés résultant de constructions déjà existantes ; il suffit d'y appliquer une force motrice plus grande dans ce cas que si l'ingénieur avait été appelé en même temps que l'architecte. Heureusement que dans un hôpital cet excédant de force n'est pas onéreux en dépense journalière, quand on utilise la vapeur de la machine comme à Lariboisière. Mais il y a excédant dans la dépense de premier établissement des machines et de leurs dépendances. Il est évident qu'il serait facile d'éviter qu'il n'y eût d'excédant d'aucun genre en prenant à l'avance les mesures convenables.

2959. On verra dans le tableau que nous reproduisons ci-dessus le Tésultat des expériences de MM. Trélat et H. Péligot qui furent faites pour la réception des travaux sur le pavillon du milieu.

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