CHAPITRE VI. — CnAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HOPITAUX. 5M
3025. Nous terminerons en décrivant une disposition très-heureuse de réclairage des salles pendant la nuit ; cet éclairage se fait au gaz de telle façon que les produits de la combustion sont immédiatement rejetés au dehors. Chaque salle est éclairée par deux appareils disposés de la façon suivante : le tuyau à gaz descend du plafond verticalement et se termine par un porte-bec placé à 2*", 25 au-dessus du plancher de la salle. Il est entouré d'un tuyau de O^^^S de diamètre qui porte à la partie inférieure un globe en verre dépoli de 0'*,45 de diamètre, entourant le bec et ouvert par le bas pour laisser pénétrer Tair de combustion ; à la partie supérieure, ce tuyau s'ouvre sur une rosace en bronze, fixée au plafond et qui ferme une petite chambre d'évacuation pratiquée dans l'épaisseur du plancher supérieur; latéralement cette chambre reçoit un conduit en poterie Doulton de 0°*,08 de diamètre intérieur et qui mène les gaz à travers l'épaisseur du plancher dans la gaine de ventilation de la salle qu'éclaire l'appareil.
3026. Le chauffage a été installé dans cet hôpital par MM. Gaillard et Haillot sur les indications et les plans, et sous la direction de M. Ser, professeur à l'École centrale, ingénieur de l'Assistance publique.
IVouTel Hôtel-Oleu de Paris.
3027. Le nouvel Hôtel-Dieu de Paris se compose de deux corps de bâtiment longitudinaux, allant du Parvis Notre-Dame au Quais dans lesquels se trouvent les amphithéâtres et des chambres d'isolement de deux, quatre et huit lits. Sur le quai, les deux bâtiments sont réunis par la chapelle ; sur le parvis par un péristyle, circonscrivant ainsi une cour d'honneur inaccessible aux voitures et bordée d'un saut de loup éclairant le sous-sol du bâtiment dans lequel se trouvent réunis les services : chemin de fer, cuisines, bains généraux, pharmacie, chambres des élèves de service. De ces deux bâtiments partent des ailes transversales, à savoir : en façade sur le parvis, un pavillon pour Tadministration de l'hôpital ; à droite et à gauche un pavillon contenant les services du bureau central d'administration des hôpitaux de Paris ; en façade, sur le quai à droite, un pavillon recevant la communauté et la lingerie; à gauche, un autre pavillon servant au noviciat et renfermant au rez-de-chaussée, la salle des morts et en sous-sol, les pompes, les machines et les ventilateurs.
De chaque côté entre les pavillons qui forment les façades se trou*
Tent placés trois pavillons de malades laissant entre eux des cours plantées de 32 mètres de long, sur 32 mètres de large, qui servent ^e promenoirs pour les pensionnaires qu'on regarde comme guéris.
La cour qui avoisine le pavillon des machines a reçu en sous-sol les chaudières placées contre le bâtiment longitudinal. .
Le chauffage d'un pavillon de malades se fait au moyen de six appareils à six tuyaux à très-peu près semblables à ceux que nous avons décrits pour Thi^pital Ménilmontant ; il y a mélange d'air chaud et d'air froid comme dans les derniers, de façon à obtenir un chauffage au degré convenable.
Le chauffage des deux corps de bâtiments longitudinaux se fait au moyen d'appareils à trois tuyaux convenablement répartis dans le sous-sol, suivant les besoins.
Les quantités d'air fournies sont les mêmes que celles de Ménilmontant : la prise d'air se fait par deux larges baies percées dans la façade sur le quai et à une certaine hauteur ; l'évacuation se fait d'une façon tout à fait analogue par des gaines placées dans les trumeaux et des coffres placés dans les combles, ces derniers aboutissent à une cheminée centrale chauffée à la base par un appareil à tuyaux comme à Ménilmontant.
Le chauffage et la force motrice sont obtenus au moyen de quatre chaudières du système Laurens et Thomas.
Les appareils de chauffage, les chaudières, les machines,'etc. , de cet hôpital ont été installés par la maison Durenne de Courbevoie sur les plans et indications de M. Ser, professeur à l'École centrale, ingénieur de l'Assistance publique.
La cuisine se fait à la vapeur comme à l'hôpital Ménimontant et le^ appareils sont les mêmes.
3028. Au point de vue des principes généraux du chauftage et de la ventilation, nous indiquerons ce que présentent de tout particulièrement satisfaisant les dispositions adoptées dans les deux nouveaux hôpitaux dont nous venons de parler.
Au point de vue du chauffage : emploi de calorifères à eau chaudCi chauffés par la vapeur ; ce qui permet d'avoir une douce température des surfaces de chauffe ; mélange d'air chaud et froid en quantités variables permettant d'atteindre facilement la température désirée et de la rendre constante. Ces dispositions écartent eom-* plétement les objections faites contre le chauffage à l'eau chaude relativement à la difficulté de faire varier le chauffage selon la température extérieure.