CHAPITRE VI. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HOPITAUX
Au point de vue de la ventilation, l'emploi sinmltané de la pulsion et de rappel assure à la fois Talimentation en air neuf et l'évacuation de Tair vicié, en même temps qu'on peut régler la pression intérieure de façon à éviter toute rentrée d'air par les voies non prévues.
3029. Asile d'aliénés d'Osnabrûck {Hanovre). —Nous empruntons à la Revue de la Société des ingénieurs et architectes de Hanovre (vol. XXII, 1876), la descriptioii des procédés employés pour le chauffage et la ventilation de cet asile :
Le programme comportait un établissement pour 236 aliénés, moitié hommes et moitié femmes ; il y a deux bâtiments isolés, un pour chaque sexe ; entre ces deux constructions sont placés les bâtiments de service ; le tout est entouré de cours et de jardins spacieux.
Au l"" juin 1874, il y avait 145 hommes et 141 femmes ; on estime qu'on pourrait élever la population des aliénés à 336. L'établissement présente une superficie de 4 hectares par 100 aliénés ; cette superficie est plus faible qufi celle de la plupart des asiles similaires d'Allemagne.
La superficie des salles est de 35*"^ par malade ; dans les autres asiles d*Allemagne, elle varie de 47 à âO"'^.
Dans le service des gâteux, des épileptiques et des fous furieux, le chauffage est fait au moyen de la vapeur et la ventilation se fait par pulsion ; dans les autres services, le chauffage et la ventilation se font au moyen de poêles-calorifères ; dans les chambres, on chauffe au moyen de poêles ordinaires.
3030. Le chauffage à vapeur est du même type que celui que Bacon a établi à la maison d'aliénés de Hambourg; il procède évidemment du chauffage Perkins (2024), l'appareil consiste en des tubes séparés et inclinés dont le diamètre externe est de 0",30 et le diamètre interne de 0'',20. Ces tubes sont remplis d'eau sur le 1/6 de leur longueur ; après avoir été remplis, ces tubes sont fermés et soudés, la partie inférieure repose dans un foyer et la partie supérieure est placée dans une chambre dans laquelle circule l'air de la ventilation; le foyer est séparé de la chambre à air au moyen de deux plaques de fonte percées de trous pour le passage des tuyaux et dont Tintervalle est rempli de terre réfractaire. La surface de chauffe des tuyaux est réglée de telle façon que les locaux puissent être chauffés à 19"", l'air
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extérieur étant à — 25'' avec une alimentation d'air neuf de 80"* par aliéné et par heure.
3031. La pulsion est produite au moyen de deux ventilateurs de 1 mètre de diamètre, munis de trois ailes inclinées environ à 15*" et ayant en largeur 0'",40 environ ; ces ventilateurs sont mus par une machine à vapeur, à la vitesse de 500 tours par minute, ils aspirent Tairneuf au moyen d'une cheminée très-élevée et le mènent par des galeries souterraines en maçonnerie jusqu'aux calorifères centraux.
On règle la température par la conduite du foyer, par l'admission plus ou moins grande de l'air chaud obtenue au mpyen de registres, par la vitesse plus ou moins grande donnée à la machine et enfin par la variation dans les proportions de l'air chaud et de l'air froid introduits dans les chambres de mélange placées au-dessus des calorifères.
L'air vicié est évacué par des orifices placés en face des bouches d'introduction de l'air neuf et par des gaines verticales qui s'élèvent au-dessus du toit.
3032. D'après leD'Meyer, conseiller sanitaire de l'établissement, voici quels sont les résultats de ce mode de chauffage et de ventilation après six années d'exercice.
L'emploi de la pulsion combinée avec le chauffage est satisfaisant, l'air des calorifères centraux est chauffé de 90 à 100^ ; il suffit de vingt à vingt-cinq minutes pour chauffer les plus grandes salles de ITi'^^àl? ou 20'' même parles plus grands froids; le renouvellement de l'air est puissant ; lesodeursdes gâteux etautres sont vite chassées. Lorsque le vent souffle fortement contre les orifices d'échappement de l'air vicié, il est utile d'ouvrir les portes donnant sur le corridor. L'avantage particuUer de ce mode de ventilation est qu'il n'y a pas de courants d'air désagréables devant les fenêtres et les portes parce que l'air, en vertu de sa pression, tend à s'échapper par ces ouvertures.
Les orifices d'admission de l'air placés d'abord à 0"',S0 au-dessus du sol ont été reportés à 2 mètres de hauteur ; ils étaient le réceptacle d'aliments, d'ordures, de déjections des aliénés et devenaient un foyer d'infection.
La ventilation en été peut être maintenue aussi active qu'en hiver et se fait avec de l'air rafratchi sur son passage à travers les galeries souterraines.
Le système de chauffage n'a pas présenté de résultats aussi satisfaisants que celui de la ventilation : il y a eu de fréquentes explo-