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CHAPITRE Vh — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HOPITAUX

pendant la nuit, et par conséquent de supprimer les frais d'un chauffeur de nuit ; ceci est une erreur grave, qui a été funeste à bien des malades. Il est facile de le prouver : supposons que le soir on cesse le feu dans le foyer d'un appareil de chauffage et de ventilation à l'eau ehaude, la pression de l'eau étant même à sa limite supérieure et les salles à 16'' ou n*"; nécessairement l'appareil se refroidira, et ce refroidissement sera d'autant plus rapide que la température extérieure s'abaisse à mesure que la nuit avance ; le matin, de 3 à 6 heures, cette température sera à son minimum, et elle réagira d'autant plus sur celle des salles que ces dernières recevront moins de chaleur des poêles, dont l'eau se trouvera alors notablement refroidie. Ainsi l'abaissement de la température extérieure s'ajoutera à celui de l'eau pour refroidir les salles. Ce refroidissement des salles a été tel dans un hôpital muni d'appareils à eau chaude du système de M. Duvoir-Lebianc, qu'il a donné lieu aux plaintes des malades, et que le directeur, après s'être assuré de leur bien fondé au moyen d'un thermomètre a minimal a été obligé de prendre des mesures pour y faire droit. Déjà, comme je l'ai indiqué, les appareils à eau chaude ne sont pas assez sensibles pendant le jour, malgré la présence du chauffeur, pour empêcher les variations de la température extérieure de réagir d*une façon incommode sur l'intérieure.

3046. Ainsi tous les modes de chauffage et de ventilation exigent dans les hôpitaux des soins continus, pour obtenir la régularité d'effet. Seulement ces soins j^euvent être donnés,' dans les petits hôpitaux, aux calorifères à eau chaude et à ceux à air chaud, ainsi qu'aux cheminées d'appel, par les gardes-malades, tandis que la ventilation mécanique exige un chauffeur, dont les frais ne seraient pas toujours alors compensés par l'économie de charbon résultant de l'utilisation de la vapeur de la machine.

3047. Il résulte des considérations précédentes qu'à cause de la nécessité d'avoir un chauffeur et de l'accroissement de la dépense d'installation, on ne doit donner la préférence à l'emploi d'une machine ventilante avec chauffage à la vapeur, que lorsqu'il s*agit d'un hôpital de cent lits et plus. Toutefois, une machine ventilante devrait être préférée à une cheminée d'appel, même pour les plus petits hôpitaux, lorsqu'il serait possible de lui donner le mouvement à l'aide d'une turbine mettant à profit la chute de l'eau employée dans l'établissement. Dans nombre de villes, l'eau se trouve à une assez grande hauteur pour qu'en se rendant aux réservoirs de l'hôpital, elle puisse produire la force voulue pour une ventilation insufflée.

au moins la nuit ; l'appareil serait alors si simple, qu'il fonctionnerait sans une surveillance spéciale pendant la nuit.

3048. Quand il s'agit d'un hôpital renfermant un grand nombre de malades, la ventilation mécanique par insufflation devient beaucoup plus avantageuse, dans tous les cas et sous tous les rapports, même sous celui de la dépense, en y comprenant toute espèce de frais.

3049. Sous le rapport de la ss^lubrité, Tair peut être pris à une grande hauteur dans l'atmosphère, comme à Lariboisière, où il est certainement plus pur qu'à la surface du sol et même qu'à une certaine distance de celui-ci. L'air étant insufflé et projeté de bas en haut, les vapeurs odorantes sont plus rapidement entraînées que par le même volume d'air appelé, comme le démontrent d'ailleurs les expériences faites à Beaujon par M. Grassi. Enfin on peut plus facilement accroître la ventilation, en cas d'urgence, que par une cheminée d'appel, dont l'effet n'augmente que très-lentement avec la consommation de combustible, et a d'ailleurs un maximum qui ne peut pas être dépassé.

3030. Sous le rapport de la dépense annuelle, les frais de chauffeur et de surveillance des machines restent les mêmes, que la force soit de deux ou dix chevaux. La chaleur de la vapeur d'échappement étant employée utilement, la dépense réelle pour le chauffage et la ventilation se réduirait à la dépense du chauffage seul, aux gages des chauCTeurs, aux frais d'entretien des machines et à l'intérêt du capital employé à la construction des j^ppareils. Mais dans de grands établissements le chauffage par un foyer unique, au moyen de la vapeur, revient certainement à un prix moins élevé, à effet égal, que c chauffage partiel par les poêles ou les calorifères, en y comprenant les dépenses de toute espèce. Comme l'accroissement de dépense résultant des appareils relatifs à la ventilation et à l'emploi utile de la chaleur serait peu considérable, à mon avis, il n'y a pas à hésiter à produire en même temps le chauffage et la ventilation par la vapeur, en utilisant la chaleur de la vapeur détendue au chauffage de l'air de ventilation et aux différents serviices dans lesquels elle pourrait toujours être utilisée en totalité. Pour chaque établissement une étude sérieuse de la question examinée dans la suppression d'un chauffage et d'une ventilation de chaque salle, ou de chaque pavillon, par des poêles et des cheminées d'appel, et d'un chauffage et d'une ventilation mécaniques au moyen d'un seul foyer, conduirait facilement à une appréciation exacte des dépenses dans les deux cas. Le plus souvent la dépense d'installation de la ventilation insufflée avec chauf-

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