CHAPITRE VI. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HOPITAUX
fage par la vapeur se trouvera bien réduite par l'existence d'une chaudière à vapeur et quelquefois même d'une machine servant aux bains et à la buanderie.
3051 . Les dispositions les plus convenables seraient encore celles qui ont été employées à Thôpital Lariboisière, où les mêmes générateurs, la même machine, desservis par les mêmes chauffeurs, sont employés à la fois, pour le chauffage, la "ventilation, les bains, la buanderie et l'élévation de Teau. Il y aurait cependant à examiner s'il ne serait pas plus avantageux de conduire l'air lancé par les machines dans des canaux souterrains en maçonnerie dont les surfaces seraient recouvertes de différents enduits propres à éviter les pertes et l'humidité, comme le ciment hydraulique, le plâtre aluné, le bitume ; mais ce moyen n*est guère praticable que lors de la construction des bâtiments. Il est toujours avantageux de faire écouler l'air dans les salles par des jets verticaux dirigés de bas en haut. Il est important que les veines d'accès de l'air extérieur soient dirigées de bas en haut, et qu'elles partent d'une certaine hauteur ; elles tendent alors à gagner la partie supérieure des salles ; ce qui arrive nécessairement quand la température de ces veines est plus élevée que celle de la salle ; si le contraire avait lieu, comme en été, la vitesse d'écoulement serait diminuée, et Tair lancé, appelé d'ailleurs par les cheminées partielles d'écoulement, pourrait ne pas atteindre une hauteur suffisante pour Tassainissement. Je pense qu'il serait toujours utile d'avoir des orifices dans les gatnes d'évacuation qu'on n'ouvrirait que dans les circonstances convenables, quand l'air extérieur arriverait à une température bien inférieure à celle des salles : dans ce cas il serait utile de faire tomber les veines d'air froid sur le sol en les recouvrant d'un chapeau.
3052 .^ Quant à la machine ventilante elle-même, il est peu important qu'elle utilise une portion plus ou moins grande du travail de la vapeur, du moment où la chaleur de la vapeur détendue peut être employée utilement. Mais il serait dans tous les cas important d'employer les appareils les plus simples, et de les disposer de manière à ce qu'ils ne fissent pas de bruit.
3053. Sous le rapport de l'assainissement, il y aurait sans aucun doute un grand avantage à faire arriver l'air extérieur par un grand nombre d'orifices percés dans le plancher et surtout autour des lits et à faire sortir l'air par des orifices pratiqués dans le plafond ou seulement par des orifices percés dans un canal qui ferait le tour du plafond : parce que chaque malade respirerait çonstam-
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ment de l'air pur, tandis que dans la disposition ordinaire il ne respire que de Tair déjà plus ou moins vicié par son séjour dans la* salle. Mais cette disposition présenterait des difficultés d'exécution, et on pourrait craindre que si des matières insalubres pénétraient dans les orifices du plancher, ce qu'il serait bien difficile d'éviter, ces matières ne devinssent des foyers permanents d'insalubrité de l'air; En outre, il faudrait que la chaleur transmise par les vitres et les murailles fût fournie par des surfaces rayonnantes ; autrement il se formerait des courants d'air descendants contre les surfaces intérieures des vitres et des murailles qui ramèneraient sur le plancher de l'air plus ou moins vidé qui se mêlerait avec l'air de ventilation.
Quoique les appareils de chauffage et de ventilation disposés seloQ la méthode ordinaire, dans lesquels l'air marche d'abord de bas en haut, et ensuite de haut en bas, laissent quelque chose à désirer sous le rapport de la pureté de l'air respiré par les malades, mais d'autant moins que le volume employé est plus grand, il serait cependant bien à souhaiter que tous les hôpitaux fussent pourvus de semblables appareils ; il en résulterait, sans aucun doute, une trèsgrande amélioration dans l'état sanitaire, et certainement la disparition des maladies spéciales aux hôpitaux qui proviennent de l'absence d'une ventilation efficace, régulière et suffisante.
3054. Quoique la ventilation mécanique insufflée soit bien préférable,- sous tous les rapports à la ventilation par une cheminée d'appel, même partant du sol, du moins pour les grands hôpitaux, on comprend facilement que certaines personnes redoutent l'emploi des machines, dont elles s'exagèrent les embarras, et regardent comme préférable la ventilation par une cheminée d'appel, à cause de sa simpUcité, de l'absence de toute espèce de dérangement, et malgré l'accroissement de dépense de combustible, accroissement un peu atténué par l'intérêt du capital dépensé en machines et par les frais d'entretien. Sous le rapport de }a consommation, la dépense réelle serait pourtant très-considérable ; car la consommation de combustible pour la ventilation par une cheminée, s'élevant à peu près à 21''',90parlit, pour un hôpital de 600 lits, elle atteint 13140 fr., somme certainement beaucoup plus considérable que l'intérêt du capital dépensé en machines, que les frais d'entretien et de charbon et le salaire du mécanicien. Il est à remarquer que les dépenses de prepiier établissement pour les conduits d'air, allant de la machine aux salles ou des salles à la cheminée, seraient plutôt inférieures dans le premier cas que supérieures à celles du second.
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L'objection principale contre l'emploi de la ventilation mécanique disparaît dans les établissements où il existe déjà une chaudière à vapeur, où une machine pour d'autres services.
Dans le cas d'une ventilation par pulsion, ou par appel, le chauffage peut s'effectuer à la vapeur ou à l'eau chaude ; mais avec ce dernier mode, le volume d'eau dans les poêles ne devrait être que très-faible, afin que le chauffage puisse suivre un peu les variations de la température extérieure.
3055. Dans le cas d'une ventilation par appel, une cheminée partant des combles et renfermant des poêles, ou calorifères, à eau chaude, serait la plus mauvaise disposition qu'on puisse employer : l"" parce que l'appel du même volume d'air exigerait une plus grande dépense de chaleur que quand on fait descendre l'air et qu'on le fait écouler par une cheminée d'appel partant du sol, comme je l'ai démontré (2410) ; 2"* parce que les surfaces de chauffe de l'air, devant avoir une étendue considérable, occasionneraient de grands frais d'établissement ; S"" parce qu'il serait assez difficile d'avoir une mesure permanente de la ventilation, et par conséquent de la régler, même quand le chauffage du poêle de la cheminée s'effectuerait par un foyer spécial.
3056. Mais dans tous les systèmes et les dispositions possibles de chauffage et de ventilation, je ne puis trop le répéter, il est nécessaire d'installer dans les salles, ou à proximité^ un appareil permanent indiquante chaque instant l'état de la ventilation, et un autre enregistrant la ventilation ; ces appareils sont surtout indispensables quand la ventilation est donnée à forfait. Un entrepreneur de chauffage et de ventilation à forfait qui voudrait, sous un prétexte quelconque, se soustraire à l'établissement de ces appareils de contrôle, pourrait évidemment être soupçonné de ne pas vouloir exécuter loyalement son traité.
Avec la ventilation mécanique, l'appareil enregistreur peut simplement consister dans un compteur ordinaire adapté, soit à la machine motrice, soit au ventilateur. Mais l'enregistrement ne laisse pas que de devenir compliqué et sujet à erreur pour les divers modes de ventilation par appel.
3057 . Le contrôle de la température des salles n'est pas moins indispensable que celui du volume d'air : on, le réaUse très-facilement pendant le jour avec des thermomètres ordinaires ; mais pour la nuit, l'emploi de thermomètres a minimâ devient nécessaire. L'application de ces derniers thermomètres a montré combien est erro-
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née l'opinion des personnes qui ont écrit, et même consigné dans des rapports officiels, qu'avec le chauffage à Teau chaude, on pouvait entièrement suspendre le feu la nuit, sans que la température des salles descendit sensiblement au-dessous du chiffre réglementaire de 15*". La température descend bien au-dessous de ce chiffre déjà beaucoup trop faible.
3058. Malheureusement, il existe quelques grands hôpitaux dont les administrations ne peuvent pas faire la dépense qu'exigerait la construction des appareils de ventilation, et qui ne peuvent réellement opérer que des améliorations successives très-peu coûteuses. Pour ces établissements, il n'y a qu'un parti à prendre, c'est de ventiler successivement les salles par une cheminée d'appel, comme je l'ai indiqué précédemment en parlant des petits hôpitaux. Les dépenses en frais d'étabUssement seraient assez faibles ; car partout il y a des poêles ; et il suffirait de les entourer d'une enveloppe en terre cuite ou en métal, de faire communiquer l'intervalle des poêles et des enveloppes avec l'air extérieur et d'établir une cheminée d'une section suffisante renfermant la cheminée en tôle ou en fonte du fourneau d'office recevant l'air brûlé des tuyaux de poêle, enfin, de mettre en communication le bas de la cheminée d'appel avec des canaux placés à la partie inférieure et supérieure de la pièce, percés d'orifices convenablement placés. Je pense que, pour obtenir une grande uniformité de chauffage et de ventilation, il serait nécessaire que le nombre des lits ne dépassât pas HO par salle. L'amélioration qui résulterait de ces dispositions exigerait peu de dépenses, et serait déjà un grand progrès sur ce qui existe dans nombre d'hôpitaux, quand même on réduirait ces modifications à Taccès de l'air extérieur par l'intervalle des poêles et de leurs enveloppes et à une cheminée d'appel seulement ouverte par le bas.
3059. C'est une question qui a considérablement préoccupé les médecins et les hygiénistes que de savoir s'il ne faudrait pas mieux avoir de petits hôpitaux disséminés que de rassembler un grand nombre de malades sur un même point dans de grands hôpitaux bâtis avec luxe, alors même que ceux-ci sont pourvus de toutes les dispositions les plus efficaces au point de vue de la ven* tilation. Nous n'avons pas à prendre parti dans la discussion qui reste ouverte à ce sujet. Notre but était seulement d'indiquer dans chaque disposition adoptée les meilleurs moyens à employer pour arriver à l'assainissement le plus désirable, et c'est ce que nous avons fait. Nous devons dire cependant que l'opinion qui parait le plus