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CHAPITRE VII

Chauffage et assainissement des écoles primaires et des salles

d'asile, des maisons d'éducation, etc.

Ecoles primaires et salles d'asile.

3064. Les écoles primaires et les salles d'asile sont quelquefois insalubres par Thumidité du sol^ ou par les mauvaises dispositions des latrines ; mais elles le sont surtout par le défaut de ventilation, d'autant plus que les salles contiennent habituellement bien plus d'élèves qu'elles ne devaient en recevoir, et qu'elles n'ont jamais une grande hauteur. A la vérité, on peut renouveler l'air des salles le matin et entre les classes ; on peut même, dans les moments de température convenable, ouvrir les fenêtres pendant les classes; mais le renouvellement périodique de l'air, en supposant qu'il ait lieu complètement, n'est pas suffisant ; et il est peu de jours de l'année, pendant lesquels on puisse maintenir constamment les fenêtres ouvertes, à cause de mille circonstances, telles que le bruit extérieur, la pluie, le vent et le froid. Aussi, dans toutes les saisons, le plus souvent après moins d'une heure de séjour des enfants, les salles d'école et les salles d'asile ont contracté une odeur insupportable. La santé des enfants et celle des maîtres doivent nécessairement souffrir d'un séjour prolongé, et qui se renouvelle si souvent, dans un air rendu fétide par la respiration et la malpropreté des enfants.

L'assainissement des écoles primaires et des salles d'asile^ par un renouvellement convenable de l'air, est donc une chose importante, bien digne d'appeler toute la sollicitude des personnes qui, à différents titres, participent ou à la direction ou à la surveillance de ces établissements.

3065. Pepdant l'inspection générale dont je fus chargé en 1840, j'eus l'occasion de visiter quelques écoles primaires annexées aux écoles normales ; leur insalubrité résultant de la stagnation de l'air me frappa tellement, qu'à mon retour je crus devoir adresser au ministre de l'Instruction publique, les plus vives réclamations sur un état de choses qui compromettait à un si haut degré la santé des enfants. A la suite de mon rapport, et par ordre du ministre, j'ai rédigé une instruction sur le chauffage et l'assainissement des écoles

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primaires et des salles d'asile. Cette instruction a été imprimée aux frais de l'Ëtat, et distribuée aux personnes qui, par leur position, pouvaient concourir à l'amélioration du système actuel. Je résumerai en peu de mots les principes et les détails renrermés dans cette instniclion et les améliorations que l'expérience a indiquées depuis.

Indépendamment des conditions relatives au chauffage et à la ventilation auxquelles l'appareil doit satisfaire, il faut, en outre, que l'appareil soit d'une extrême simplicité, facile & réparer, h l'abri de tout accident ; qu'il utilise la chaleur le mieux possible ; qu'il soit placé dans la pièce elle-même, parce que le matlre doit le diriger. On ne peut satisfaire à ces conditions qu'en employant un calorifère dans lequel l'air est chauffé sans autre intermédiaire que des plaques métalliques.

3066. Les figures 694, 695 et 696 représentent l'ensemble des dispositions les plus simples et les plus convenables pour les établissements dont il s'agit. La première représente une coupe longitudinale d'un bâtiment renfermant une école à deux étages; la figure 695, une coupe verticale par les poêles ; la figure 696, une coupe verti-

cale à une échelle un peu plus grande, dans laquelle on voit une projection de la cheminée d'appel. A, estrade du mallre ; B,B, bancs des élèves; C, C, calorifères chauffant de l'air appelé de rextérieur; D, D, tuyaux à fumée qui parcourent la salle dans toute sa longueur, et se rendent dans la cheminée d'appel ; E, cheminée d'appel ; F, F,

caisses en bois ou en plAIre, placées de chaque côté de la cheminée, commun iquaot avec elle, chacune par un orifice latéral situé près du plancher et au-dessous de la grille du Toyer; G. G, orifices d'appel de l'air de la pièce, les premiers sont placés près du sol, les deux autres près du plafond ; ceux qui sont d'un même côté peuvent être

plus ou moins Termes par des registres reliés par une tringle, de manière que, quand un de ces orifices esl fermé, l'autre est ouvert. H, H, tuyaux communiquant avec l'extérieur et avec l'intervalle compris entre chaque poêle et son enveloppe. L'air échauffé se rend d'abord à la partie supérieure de la salle, et. descend par couches isothermes jusqu'au niveau du sol où se trouvent, en hiver, les orifices d'appel, et, par conséquent, la température de la salle est sensiblement la même à la même hauteur. Les calorifères doivent être placés près de l'estrade, parce qu'ils doivent être surveillés par le maître. Les tuyaux à fumée doivent traverser la salle, non-seulement pour y répartir plus imiformémcnl la chaleur, mais surfout pour obtenir une plus grande économie de combustible en refroidissant presque complètement l'air brûlé. Les orifices situés près du plafond ne peuvent servir qu'en été. Pendant les jours de chauffage, la ventilation résulte de la force ascensionnelle de l'air extérieur autour des poêles et de celle de l'air dans la cheminée dont la température est égale à celle de la salle, augmentée à une certaine hauteur par la chaleur de l'air brûlé des poêles. En général, le foyer placé au bas de la cheminée ne doit servir que dans certains jours d'été. 3067. On pourrait introduye dans cette disposition générale quel-

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ques modifications assez importantes. Pour chauffer économiquement la salie, avant Tarrivée des élèves, moment où on n*a pas encore besoin de ventilation, il faudrait efifectuer ce chauffage par la circulation du même air Butour des poêles, et pour cela il faudrait : 1 *" établir une communication des enveloppes avec la salle près du sol, qu'on fermerait quand la ventilation devrait être rétablie; 2 rendre indépendants les registres d'accès de Tair dans les deux coffres placés de chaque côté de la cheminée, afin de pouvoir supprimer la sortie de Tair. Enfin, il serait utile de favoriser la sortie de Tair en été, quand la ventilation n'a pas besoin d'être activée par le foyer d*appel. En pratiquant dans la cheminée, et à la hauteur du plafond, une ouverture fermée par un registre, qu'on maintiendrait complètement ouvert dans le cas dont il est question ; l'air n'éprouvant que peu de résistance, s'écoulerait avec une plus grande vitesse que quand il descend par les caisses latérales F, dans lesquelles il subit trois changements de direction à angle droit.

3068. Pour les salles d'asile, il est nécessaire de chauffer et de ventiler la salle et le préau. Dans la salle, le calorifère doit être placé à l'extrémité opposée aux gradins occupés par les enfants, et il convient de faire sortir l'air par des orifices très-nombreux percés dans les contre-marches et d'une section totale quatre ou cinq fois plus grande que celle de la cheminée d'appel, afin que la vitesse de l'air y soit insensible, ou seulement par quatre ou cinq orifices percés près du sol sur les faces latérales des gradins.

3069. Lorsqu'il n'y a qu'un seul calorifère, il est préférable de le placer au milieu de la salle. Quand il y en a deux, il convient de les disposer de manière que la distance qui les sépare soit double de^ leur distance aux murs latéraux. Pour les salles dont la longueur dépasse 30 mètres, et qui sont destinées à renfermer plus de 300 enfants, si on plaçait les calorifères à une extrémité, la fumée arriverait trop refroidie dans la cheminée d'appel, et le renouvellement de l'air pourrait être insuffisant; dans ce cas, il serait plus convenable de placer les calorifères près du milieu de la salle, et de donner à chacun d'eux deux tuyaux de fumée aboutissant, l'un à droite, l'autre à gauche, à une cheminée d'appel placée à chaque extrémité ; des registres permettraient de répartir également la fumée dans chacun des tuyaux. On pourrait aussi effectuer séparément le chauffage et la ventilation par des appareils distincts. Les calorifères, placés à une extrémité, auraient des tuyaux à fumée qui, après avoir parcouru une partie de la salle, reviendraient sur eux-mêmes pour gagner

une cheminée commune, et, à l'autre extrémité, on placerait un petit poêle sans enveloppe, dont le luyau se rendrait directement dans la cheminée d'appel.

3070. Les calorifères sont disposés comme' l'indiquent les figures 097, 698, 699. La première est une élévation ; les deux autres

fi?. 097. Fig. eOS. Fis. 690.

sont deux coupes verticales : A.BCD, prisme rectangulaire en tdie ou «n Tonte qui entoure le foyer; A'It'C'D', prisme intérieur en tôle fixé sur le sol; E, foyer; F, cendrier; G, porte du foyer; H, porte du cendrier ; I, porte au-dessous du cendrier et qui ne reste ouverte que lorsqu'on chauffe la pièce sans la ventiler ; R, registre tournant ^ui permet d'intercepter la communication de la salle avec l'extérieur ; on peut le maintenir dans différentes positions au moyen d'une manivelle dont l'extrémité est munie d'une cheville qui s'engage dans des trous percés sur un demi-cercle en fer fixé sur le sol ; M, briques qui environnent le foyer ; S, canal qui amène l'air extérieur dans le calorifère. On donne aussi souvent à ce calorifère la forme cylindrique.

Il est facile d'utiliser les poêles déjà existants en les entourant

d'une chemise en tôle, garnie de deux portes, l*une en face de celle du foyer du poêle, Tautre du côté opposé, pour chauffer Tair de la pièce, sans ventilation, avant Theure des classes ; mais une communication avec Textérieur, et un registre destiné à intercepter, à volonté, cette communication, devient alors indispensable.

Pour des salles destinées à renfermer ISO élèves, on doit donner aux tuyaux à fumée au moins O'^ylS de diamètre ; pour des salles plus grandes, il serait convenable de les portera O^'^IS ou 0*,20. Ces diamètres suffisent pour le tirage ; de plus grands auraient Tinconvénient de refroidir trop la fumée et de diminuer Teffet des cheminées d^appel. Il en serait de même si on donnait aux tuyaux un trop long développement, ou si on leur faisait faire trop de coudes. Il est in* dispensable pour un bon fonctionnement que la fumée ne sorte pas trop refroidie. Les diamètres des tuyaux croissent peu avec le nombre des élèves : i"" parce qu'au delà de 50 élèves, nous supposons qu'on emploie deux calorifères ; %"* parce qu'en réalité, la dépense de combustible augmente peu. Ce fait résulte de ce que la surface des vitres et des murailles, par lesquelles se perd une grande partie de la chaleur, n'augmente pas proportionnellement au nombre des élèves, et èe ce que la chaleur produite par l'acte de la respiration fournit une portion notable de la quantité de chaleur nécessaire.

Les dimensions du cyHndre intérieur des poêles sont à peu près 1".20 de hauteur sur 0",40 de largeur. L'enveloppe extérieure peut être en tôle, en fonte ou en terre cuite ; cette dernière matière aurait l'avantage de diminuer la température de la surface extérïeure ; dans ce cas, le cylindre ou le prisme extérieur doit avoir des dimensions telles que la section de l'intervalle entre cette surface et celle du foyer soit au moins égale à une fois et demie celle du canal d'appel correspondant, à cause de l'accroissement de volume de l'air par son échaufiement.

3071. Il est très-important que les orifices extérieurs des tuyaux d'appel de l'air soient placés dans un lieu découvert, loin des latrines, à une assez grande hauteur au-dessus du sol quand on le peut, enfin à l'abri de toutes les influences qui peuvent vicier l'air. Il faut surtout éviter de faire les prises d'air dans les pièces où les enfants déposent leurs paniers, parce que l'air n'y est jamais bien pur. Les tuyaux peuvent être placés au-dessous du sol, dans l'intervalle des planchers ou dans l'embrasure des fenêtres ; ils peuvent être en maçonnerie ou en bois, d'une forme quelconque. Leur section doit être à peu près de 6, 12, 18, 24, 30 et 36 décimètres

carrés pour une salle renfermant 50, 100, 150, 200, 250, 300 enfants ; ces sections suffisent lorsque la longueur des canaux n'excède pas 8 à 1 0 mètres ; pour des longueurs plus considérables, il faudrait les augmenter ; mais il y aurait avantage à donner aux tuyaux d'appel des sections beaucoup plus considérables, et on doit ne les regarder que comme un minimum souvent insuffisant.

3072. La cheminée d'appel peut être construite en maçonnerie ou en tôle. Sa section doit peu diiïérer de celle des tuyaux d^appel. Si on lui donnait une section plus grande, la vitesse d'écoulement serait trop petite, et il deviendrait difficile de s'opposer à l'action des vents sur l'orifice supérieur. Ainsi il est prudent de ne pas augmenter beaucoup la section indiquée. Cependant, si l'on voulait utiliser, pour la ventilation, une cheminée déjà construite, dont la section serait beaucoup trop grande, on pourrait le faire, pourvu qu'on rétrécit convenablement l'orifice supérieur. La cheminée doit s'élever au-dessus des toits, et se terminer par un chapeau en tôle, destiné à éviter le refoulement du mélange d'air et de fumée par l'action des vents. Si le bâtiment était dominé par des édifices trèsélevés, les remous, produits par les vents violents, pourraient faire refouler l'air de la cheminée dans la pièce ; alors il vaudrait mieux prolonger le tuyau à fumée dans toute la longueur de la cheminée et de quelques mètres au-dessus de son sommet, et protéger la cheminée ainsi que le tuyau par un chapeau, convenablement disposé.

3073. Dans les circonstances ordinaires des écoles, et pour Paris et le nord de la France, la consommation de la houille, dans les jours les plus froids de Thiver, n'excédera pas 2, 3, 4, 5, 6 et 7 kilogrammes par heure, pour des salles renfermant 50, 100, 150, 200, 250 et 300 élèves.

3074. Le chauff'age doit être conduit de la manière suivante : Une heure avant l'entrée des élèves, on allume les foyers des calorifères, après avoir fermé les orifices par lesquels arrive l'air extérieur et ceux d'accès dans la cheminée d'appel, en laissant ouvert l'orifice par lequel l'air de la pièce peut pénétrer dans Tintérieur des enveloppes : le chauffage a lieu par la circulation de l'air de la pièce ; et, quelques instants après l'arrivée des élèves, on établit la ventilation.

3075. La ventilation d'été se produit, quand la température et d'autres circonstances le permettent, par l'ouverture des portes et des fenêtres ; mais il est facile de la produire artificiellement sans rien changer aux dispositions des appareils ; il suffirait pour cela d'allumer un petit foyer placé au bas de la cheminée ; l'air extérieur en-

trera comme pendant lliiver par les intervalles des poêles et de leurs enveloppes ; si les veines d'accès sont horizontales, Tair à rentrée étant en général plus froid que Pair extérieur, tombera sur le sol, et alors, pour que l'air de la pièce soit renouvelé, il faudra le faire arriver dans la cheminée par les orifices supérieurs ; mais si les veines sont verticales, il y aura deux actions opposées qui tendront. Tune à faire monter l'air, l'autre à le faire descendre, et l'expérience seule pourra faire connaître s'il faut faire sortir l'air de la pièce par le haut ou par le bas.

Pour une école de 2S0 à 300 élèves, les frais d'établissement pourraient s'élever au plus à 5 ou 600 francs, et à une somme bien inférieure si on employait des poêles déjà existants ; il n'y aurait de dépense à faire que celle de l'enveloppe, du canal d'appel de l'air extérieur et de la cheminée.

3076. Les dispositions que nous venons de décrire ont été établies d'abord à Paris dans trois grandes écoles, situées l'une rue Neuve- Coquenard, les autres à la Halle aux Draps. Dans toutes on a été satisfait des effets obtenus, sous le rapport du chauffage, de son uniformité et de l'économie du combustible, malgré la dépense de chaleur qu'exige la ventilation, parce que dans ces appareils la chaleur est mieux utilisée que dans les anciens. A l'école de la rue Neuve-Coquenard, la seule dans laquelle j'aie fait des expériences, il n'y avait pas un degré de différence entre les températures des extrémités de la salle, et la ventilation, qui n'est ordinairement que de 6 mètres cubes par élève, établissait déjà une différence marquée avec les écoles non ventilées.

Il est difficile, dans les écoles qui ne sont pas bien surveillées, d'obtenir des maîtres d'école que le foyer d'appel soit allumé. Pour les salles qui renferment un grand nombre d'enfants, il serait peutêtre préférable d'installer un petit ventilateur qui serait mis en mouvement par les élèves pendant les récréations. Ce serait un jeu pour les enfants. ,

3077. Dans l'école de la rue Neuve-Coquenard, le nombre des élèves est ordinairement de 200, mais la salle pourrait en contenir 2S0. Les deux calorifères ont les dimensions indiquées précédemment, ils sont placés en avant de l'estrade. Les tuyaux à fumée ont Q'^ylO de diamètre, et une longueur totale de 39 mètres ; ils se réunissent en un seul de 0°',20 de diamètre, placé au centre de la cheminée d'appel et qui s'élève à 2 mètres au-dessus de son sommet. La cheminée d'appel a 0"',27 sur 0",93 ; les orifices d'appel sont tous au niveau

du sol, ils sont au nombre de sept, distribués dans la largeur de la salle^ et leur section est égale à celle de la cheminée, il en est de même des orifices d'accès de l'air extérieur et des passages autour des poêles. Le chauffage avait lieu avec de la houille de Fresnes; le renouvellement de Tair était de 1000 à 1200 mètres cubes par heure. Dans les jours les plus froids, la consommation de combustible n'a jamais dépassé 6 kilog. , et elle était en moyenne de 4 kilog. La surface totale des murailles est à peu près de 220 mètres, leur épaisseur de 0",50, la surface des vitres de 25"^.

3078. Pour les écoles et les salles d'asile, on ne peut pas calculer la dépense moyenne de combustible, par les formules (978 et suiv.) ; car ces formules supposent que le régime des murailles est constamment établi, et que la température intérieure est constante, et par conséquent que le chauffage est permanent, tandis que, dans les écoles et les salles d'asile, le chauffage est intermittent et ne dure guère que 6 à 7 heures par jour ; dans^ les intervalles, les murailles se refroidissent par l'extérieur et aussi par la ventilation intérieure qui se produit toujours, même après la fermeture du registre d'accès de l'air et par l'air qui pénètre par les fissures des portes et des fenêtres. Néanmoins la consommation totale de combustible pendant une journée est peu considérable, car en supposant 7 heures de chauffage, par jour, 26 jours de chauffage par mois, 7 mois de chauffage et en moyenne 4 kilog. de houille par heure, la consommation pendant l'hiver serait de 4.7.26.7 = 5096S qui, à raison de 5 fr. les 100^ font 254 fr. ; la dépense réelle serait beaucoup plus petite, parce que le chauffage ne dure pas 7 mois dans ces conditions.

3079. Dans le système de chauffage et de ventilation que je viens de décrire, il y a un inconvénient qui pourrait être très-grave dans d'autres circonstances ; la ventilation est liée au chauffage, et varie par conséquent dans le même sens. Ainsi, si la ventilation était suffisante, dans les journées les plus froides de l'hiver, elle serait insuffisante au commencement et à la fin de celte saison ; j'ai pourtant préféré cette disposition à d'autres dans lesquelles on aurait pu iséparer le chauffage de la ventilation, à cause de son extrême simplicité, d'autant plus que le foyer placé au bas de la cheminée permet de compléter la ventilation produite parle chauffage, quand elle €st insuffisante, ce que la sensibilité de nos organes permet d'apprécier mieux que les meilleurs instruments et les analyses les plus parfaites. La combustion de 1 kilog. de houille par heure, dans ce foyer, serait suffisante pour la ventilation complète d'une salle d'école

renfennant 200 élèves, pourvu que la cheminée ait au moins 10 mètres de hauteur et 0",25 de section.

3080. Une maison d'école renferme toujours, indépendamment de la salle d'étude, une salle désignée sous le nom de préau, où les élèves prennent leurs repas et leurs récréations ; cette salle, n'étant occupée chaque jour que pendant un temps très-court, peut être chauffée par un poêle en fonte qu'on n'allume que peu d'instants avant l'arrivée des élèves.

3081. Mais une des conditions les plus importantes pour l'assainissement d'une école, est une bonne disposition des lieux d'aisances, leur propreté et la ventilation permanente des fosses au moyen d'une cheminée d'appel. La disposition des cabinets qui parait la plus convenable consiste à recouvrir le sol et les murs jusqu'à 30 ou 40 centimètres d'une plaque de plomb inclinée vers l'orifice central en avant duquel se trouvent deux patins en fonte à surfaces rayées, destinés à recevoir les pieds. En face des cabinets doivent se trouver des ouvertures garnies de jalousies. La cheminée d'appel doit s'ouvrir à la partie supérieure de la fosse, et s'élever à une hauteur qui excède celle des toits ; à sa partie inférieure elle doit renfermer un petit foyer encaissé latéralement, et dont le cendrier communique à l'extérieur par un tuyau garni d'un registre qui permet de régler à volonté l'activité de la combustion. La combustion de 0,5 de houille pouvant échauffer 641 mètres cubes d'air de 20*", en supposant que la hauteur de la cheminée soit de 12 mètres, la vitesse théorique serait à peu près de 4 mètres, et en donnant à la cheminée une section de 0",25, on évacuerait par heure un volume d'air bien suffisant pour l'assainissement, car il n'est pas nécessaire de faire passer par la cheminée un grand volume d'air, mais seulement de produire un mouvement de Tair de dehors en dedans de la fosse. La tourbe et la tannée qui brûlent lentement et qui coûtent moins que les autres combustibles, devraient ^tre employées de préférence. Le sommet de la cheminée devrait être pourvu d'un appareil destiné à soustraire le tirage à l'influence des vents. Des fosses qui se fermeraient hermétiquement elles-mêmes au moyen d'un petit courant d'eau, dispenseraient de ce système de ventilation ; il n'y aurait plus que l'infection locale qu'on éviterait oar des soins de propreté.

Des appareils de chauffage et de ventilation, disposés comme nous venons de le dire, ont été étabUs à ma connaissance dans 25 à 30 écoles primaires. Je n'ai eu aucun renseignement sur les disposi-

lions qui consistaicalà se servir des poêles existants en les environnant d'une enveloppe en tôle ou en briques, tout le reste était arrangé comme je Tai indiqué ; ces dispositions pourraient facilement être exécutées partout, par les ouvriers de la localité ; ce qui permettrait d'obtenir quelque économie sur les dépenses de premier établissement.

Malgré la simplicité des appareils que je viens de décrire, la publicité donnée à la brochure dont j'ai parlé, il n'y a encore qu'un très-petit nombre tl'écoles convenablement assainies ; il serait pourtant d'une grande importance que toutes le fussent, du moins celles qui renferment un grand nombre d'enfants. A mon avis, on y parviendrait rapidement en employant les moyens suivants :

i"" Publication d'une nouvelle instruction sur l'assainissement des écoles primaires et des salles d*asile, plus détaillée que la première et qui renfermerait les dispositions les plus convenables des latrines et leur assainissement ;

2'' Ordre, que dans toutes les écoles normales primaires, les salles d'études et l'école primaire annexée, soient immédiatement ventilées par les moyens indiqués dans l'instruction ;

3*" Introduction dans l'enseignement des écoles normales primaires de toutes les notions relatives à l'hygiène et à la ventilation des écoles ;

4"" Enfin, ordre aux recteurs, aux inspecteurs d'académie et aux inspecteurs primaires , d'employer toute leur influence pour faire adopter par les communes les moyens sanitaires recommandés.

3082. Comme on le voit d'après ce qui précède, la question de l'assainissement des écoles primaires et des asiles a été posée par Péclet de la façon la plus nette, et il a même réussi à obtenir sur certains points un commencement de solution. Depuis la publication de la troisième édition de ce livre, un grand nombre de travaux ont été faits en Angleterre, en Allemagne, en Suisse, en Amérique sur l'hygiène des établissements scolaires ; la question prise au général est très-complexe, et il n'entre pas dans notre cadre de la traiter complètement ; elle comprend, en effet, non-seulement les conditions de chauffage et de ventilation, mais celles de l'éclairage des salles, de l'exposition des bâtiments, du choix de l'emplacement, du mobilier, etc., etc.

3083. M. F. Buisson, agrégé de l'Université, délégué à l'Exposition de Vienne, résume dans son rapport sur l'instruction primaire les conditions générales d'installation des écoles dans les différents

pays de l'Europe et de rAmérique d'après les documents officiels relatifs à chaque contrée. Un des premiers points visés est le nombre d'élèves qu'on peut mettre dans chaque salle, le maximum est en général de 60 à 80 ; il s'élève cependant à 100 pour le canton de Zurich ; puis viennent l'espace superficiel et l'espace cubique attribués à chaque élève, ainsi que la hauteur des salles ; on trouve pour l'aire accordé à chaque élève un minimum de O'^^^SO et un maximum de un mètre carré, l'espace cubique varie de 2"*,1 à 4 mètres cubes par élève, la hauteur de 2",80 à i^^SO, la surface des fenêtres doit avoir un sixième à un quart de la surface du plancher.

3084. Quant au nombre des enfants qu'on peut loger dans chaque classe nous pensons qu'au double point de vue de l'hygiène et de renseignement, il y a un intérêt considérable à le réduire le plus possible et ce nombre de 60 à 100 élèves, accepté dans presque toutes les contrées, nous parait encore beaucoup trop considérable ; il nous parait tout aussi nécessaire d'éviter l'entassement des enfants, et un mètre carré de surface avec 4 mètres cubes d'espace cubique pour chaque enfant qui constituent les maxima actuellement adoptés, nous paraissent, au contraire, devoir être des minima. Quand on s'accorde à peu près partout à considérer que 14 mètres cubes sont le minimum d'espace cubique qui doit être accordé à un adulte, si l'on tient compte de l'activité de la respiration chez l'enfant, on sera facilement conduit à réclamer pour lui la moitié au moyen de l'espace qu'on accorde à l'homme fait, et on ne sera arrivé à répondre réellement aux besoins de l'hygiène que lorsqu'on aura accordé à chaque enfant 6 à 8 mètres d'espace cubique et que le nombre des enfants de chaque classe ne dépassera pas 30 ou 40.

3085. Il est une autre question qui parait intéresser au plus haut point l'hygiène de l'enfance et qui doit préoccuper à juste titre ceux qui sont chargés de l'édification des écoles, c'est la question de l'éclairage. Le docteur Cohn de Breslau a fourni le résultat de ses investigations sur 10060 écoUers; il constate que la proportion de la myopie va s'élevant au fur et à mesure que les études se prolongent. C'est ainsi qu'il trouve 2 myopes sur 100 dans une école rurale, 15 p. 100 dans une école moyenne, 44 p. 100 dans une école réale et enfin S6 p. 100 dans la première classe d'un gymnase. Ces résultats fâcheux sont attribués par le docteur Cohn à l'insuffisance de l'éclairage.

Le docteur Liebreich, oculiste et professeur à l'hôpital Saint-Thomas de Londres, a étudié particulièrement les conditions de l'ar-

rivée de la lumière à Télève ; pour lui la lumière, afin de ne pas fatiguer les yeux de Tenfant, doit venir du côté gauche et d'en haut; M. Trélat, professeur au Conservatoire des arts et métiers et directeur de rÉcole spéciale d'architecture, arrive au même résultat par des considérations relatives au sens artistique. La question de réclairage unilatéral a donc d'ardents défenseurs ; certains hygiénistes ne pensent pas qu'il y ait lieu de lui accorder l'importance que lui donnent ses promoteurs, mais tous s'accordent à penser que l'éclairage doit être avant tout abondant et que la lumière doit arriver directement à la place occupée par l'enfant et lui permettre de lire ou d'écrire sans qu'il en résulte aucune gêne pour la vue, ni aucune position pénible pour le corps. Réduite à ces conditions, la question de l'éclairage n'exige pas que celui-ci soit unilatéral, mais on ne peut nier qu'on satisfasse complètement à ses exigences en faisant arriver la lumière abondamment par la gauche de l'élève et autant que possible par le haut.

3086. En France, la circulaire ministérielle du 14 mars 1872^ confirmant une instruction du 30 juillet 1858, indique les bases suivantes pour l'établissement d'une école, en ce qui concerne l'espace accordé aux élèves et l'éclairage : l'école sera établie dans un lieu central, d'accès facile et bien aéré ; la salle sera construite sur cave, planchéiée, bien éclairée, accessible aux rayons du soleil ; l'aire de la classe présentera une surface de 1 mètre cairé par élève et une hauteur de 4 mètres ; on tolérera 3"',50 pour les écoles qui ne seront pas établies dans une construction neuve. Dans un programme pour la construction d'une école communale, dressé par la préfecture de la Seine, on trouve les conditions suivantes : les salles auront de 3"", 60 à 4 mètres de haut ; elles seront rectangulaires, éclairées sur les deux faces longues du rectangle ; autant que possible, elles prendront jour à l'est et à l'ouest, les baies des croisées seront aussi hautes que possible ; il y aura par chaque élève ©"'jOO d'aire de plancher et 3 mètres cubes d'espace cubique. Pour une salle d'asile à construire, le programme prévoyait 0",70 de surface de plancher et 3 mètres cubes d'espace cubique par enfant.

3087. Quant au chauffage et à la ventilation, les principes posés par Péclet n'ont pas cessé d'être suivis. Dans la plupart des cas, c'est toujours un poêle-calorifère qui sert au chauffage et à la ventilation, et les dispositions indiquées [fig. 708) sont toujours celles qui sont adoptées partout, en les modifiant toutefois dans le détail suivant les idées particulières des constructeurs, mais tout en conser-

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vant Tordonnance générale. On a cependant renoncé presque toujours au long tuyau de fumée qui traverse la salle et qui présente un aspect disgracieux sans être d'une utilité absolue.

Lors de Tédification des nouvelles écoles de la ville de Paris M. le préfet de la Seine a fait faire une nouvelle étude des conditions dans lesquelles le chaufTage et la ventilation devaient être établis dans ces écoles.

3088. Une commission, composée de MM. de Fontanges, ingénieur des ponts-et-chaussées ; Davioud, architecte ; Ser, ingénieur civil; Bourdais, ingénieur architecte, a été chargée d'étudier la question du chauffage et de la ventilation des éooles ; elle a résumé ses travaux dans un rapport dont nous croyons devoir donner l'analyse :

Au point de vue spécial des écoles primaires, il conviendra d'employer le chaufTage à air chaud, c'est-à-dire par circulation d'air au contact de l'enveloppe du foyer et du tuyau de fumée, parce qu'il est plus économique et plus simple d'établissement que le chauffage à eau chaude ou à vapeur et qu'il se prête mieux aux conditions d'un chauffage intermittent.

Sans se prononcer absolument sur l'emploi d'un calorifère unique ou celui d'appareils indépendants pour chaque classe, la commission incline à penser que ce dernier système devra être employé pour éviter les pertes de chaleur qui ont lieu dans le parcours de la canalisation et pour rendre moindres les dépenses d'installation.

Quel que soit le mode adopté, il faudra satisfaire aux deux conditions suivantes: l"" régularité du chauffage, c'est-à-dire uniformité et constance de la température ; 2"" régularité de la ventilation, c'est-à-dire passage d'air en quantité égale autour de chaque élève. Pour satisfaire à la première condition, il faudra, lorsque l'appareil de chauffage sera placé dans la salle même, le munir d'une enveloppe peu conductrice pour éviter un rayonnement trop considérable sur les places voisines occupées par les élèves.

On devra abandonner le tuyau de fumée apparent qui dans beaucoup d'écoles traverse les classes; mais on pourra utiliser au développement des surfaces de chauffe tout ou partie de l'espace vertical situé au-dessus de la surface que l'appareil occupe sur le sol. L'appareil se composera donc d'un foyer et d'une surface de chauffe placée au-dessus, le tout enfermé dans une enveloppe peu conductrice ouverte à la partie haute pour laisser échapper l'air chaud qu'elle 'contient.

PécLRT. in. 35

constatée à l'anémomètre était de O^jOO par seconde. La température extérieure étant — 5°, on trouva 20"* au plafond des salles c'est-à-dire à i'^ybO au-dessus du sol, et depuis le sol jusqu'à hauteur d'homme, ii"* dans la grande salle et IS"" dans l'autre. L'air vicié s'échappait par des orifices pratiqués au ras du sol avec une vitesse de 0",70.

La consommation est en 10 heures de 23 kilog. de charbon en petites gieiillettes et de 30 litres de coke.

Le rapport ne donne ni les dimensions du poêle, ni la section des orifices d'évacuation.

On voit que la quantité d'air introduite est de 542'"' dans les deux salles, et comme leur volume total est de 444"% l'air est re* nouvelé 1 fois 1/4 par heure dans les salles. On ne donne d'ailleurs ni la surface des salles ni le nombre des élèves qui s'y trouvent ; on ne peut donc savoir quel est le volume d'air introduit par élève. Si cependant on tient compte de ce que les salles ont 4*950 de hauteur et si on suppose 1 élève par mètre carré d'aire de plancher, on sera conduit à une population de 100 élèves qui n'auraient, dans ce cas, que 5'"%42 d'air par heure et par tête, ce qui parait insuffisant ; néanmoins le rapport est favorable à l'emploi du thermo-conservateur.

Nous allons décrire quelques exemples particuliers de chauffage et de ventilation d'établissements scolaires , crèches, asiles et écoles primaires.

3091. Crèche de Beauvais. — La ville de Beau vais vient de faire construire, sous la direction de M. Lhuillier, architecte de la ville, une crèche pour cinquante enfants. Le bâtiment a 13 mètres de long sur 9 mètres de large ; il ne comprend qu'un rez-de-chaussée surmonté d'un comble ; la grande salle qui reçoit les enfants occupe toute la longueur du bâtiment sur une longueur de 10 mètres environ ; le reste est occupé par des logements et des dépendances. Le chauffage et la ventilation ont été effectués par les soins de MM. Geneste etHerscher. Ils ont placé un calorifère ventilateur dans l'axe de la grande salle ; ce calorifère est surmonté d'une gatne de ventilation entourant le tuyau de fumée de l'appareil. L'air pur est pris à l'extérieur par un conduit entrant dans le calorifère, et l'air chaud débouche dans la salle à environ l"',50du sol; l'enveloppe de l'appareil est divisée intérieurement par une cloison verticale formant un compartiment à côté du calorifère ; ce compartiment, dans lequel Tair est chauffé par la cloison qui le sépare de l'appareil

de chauffage, communique à la partie haute avec la gatne de ventilation qui entoure le tuyau de fumée et à la partie basse avec six conduits allant aspirer Tair au pourtour de la salle et au-dessous des berceaux et des lits placés au long des murs. Le calorirère est du système dit thermo-conservateur (1850) ; il est muni d'un vase d'eau permettant de fournir à Tair un état hygrométrique convenable. Les sections d'arrivée et d'échappement sont calculées de façon à donner à l'air une vitesse très-faible.

Pendant les grands froids, alors que le calorifère fonctionne toute la journée, la ventilation est suffisamment active ; mais pendant les saisons intermédiaires, quand le calorifère fonctionne peu ou point, et que l'ouverture des fenêtres est impossible, la ventilation est rendue indépendante du chauffage; elle est produite au moyen de quelques becs de gaz placés dans la gaine d'évacuation de l'air vicié. La ventilation est réglée pour fournir au moins 15 mètres cubes d'air par enfant et par heure. Cette quantité est suffisante pour renouveler l'air de la salle trois fois par heure. Des expériences faites dans la crèche de Beauvais ont montré qu'aucune odeur ne se manifeste et que la température y est maintenue constante.

3092. Asile ou école gardienne de Nivelles [Belgique). — L'école ardienne, ou asile de Nivelles^ a été construite sur les plans de M. Garher père ; le chauffage et la ventilation ont été été établis par MM. Geneste et Herscher. L'asile n'a qu'un rez-de-chaussée, il est formé d'un seul bâtiment rectangulaire ayant 83 mètres de long sur H mètres de large. Au milieu se trouve une grande salle, munie de gradins, destinée à recevoir 400 enfants dont 200 filles et 200 garçons ; cette salle a 18 mètres de longueur, de chaque côté se trouve placé un réfectoire de 15 mètres de longueur, l'un pour les garçons, Tautre pour les filles et enfin aux extrémités se trouve de chaque côté une salle servant de lavabo et de vestiaire ; toutes les salles sont sur terre-plein, sauf la partie qui est placée au-dessous de l'amphithéâtre de la salle du milieu qui présente un sous-sol dans lequel sont placés les appareils de chauffage et de ventilation.

Dans les angles du fond de la grande salle sont ménagées deux grandes cheminées d'évacuation s'élevant de la cave au faîtage ; à la base de ces cheminées sont reliés des conduits horizontaux aspirant l'air près du sol par des orifices pratiqués dans les murs pour les salles à niveau, et dans les gradins de l'amphithéâtre pour la salle centrale. Dans chaque cheminée d'évacuation est placé un appareil de chauffage destiné à provoquer l'ascension de l'air vicié ; ces ap-

pareils, à combustion continue, se raccordent aux tuyaux de fumée des calorifères de chauffage qui s'élèvent dans Taxe des gaines d'évacuation.

Les calorifères sont au nombre de deux, desservant la salle principale et ses dépendances au moyen de bouches de chaleur à grand débit; ces bouches de chaleur sont placées dans la grande salle, verticalement, un peu au-dessus du sol et à' une distance des enfants suffisante pour ne pas les gêner. Le service est alternatif ou simultané pour toutes les salles, suivant les besoins. On a obtenu ainsi un renouvellement d'air minimum de 1 5 mètres cubes par enfant et par heure ; la température est restée constante et uniforme aux différents points de l'amphithéâtre ; des expériences ont été faites par les ordres du Conseil communal ; on a étudié le mouvement de l'air au moyen de petits ballons remplis d'hydrogène ; on a reconnu ainsi que l'air traverse la grande salle en un courant régulier s'établissant des bouches de chaleur aux bouches d'évacuation en s'épanouissant dans l'intervalle.

3093. Groupe scolaire de la rue Ordener {Paris). — Cette école établie par M. Deconchy, architecte, comprend un certain nombre de classes situées au rez-de-chaussée et au premier étage ; elles doivent être toutes indépendantes au point de vue du chauffage et de la ventilation. Pour répondre à cette condition chaque salle a été munie d'une cheminée de ventilation qui monte depuis le sol de la salle jusqu'au faite du bâtiment ; deux gaines horizontales ont été établies en saillie de 0"',15 sur le mur de chaque côté de la salle ; ces gaines ont O'^jSO de hauteur au-dessus du sol ; elles se rendent dans la cheminée de ventilation de la salle par des conduits passant dans l'épaisseur du plancher ; la face antérieure de ces gaines est en tôle perforée de sorte que l'air vicié est pris dans toute la longueur de la salle et sur les deux côtés. L'appel est produit dans la cheminée soit par le tuyaii de fumée en hiver, soit par quelques becs de gaz dans les saisons mixtes et en été. L'appareil de chauffage, placé dans la salle, est le thermo-conservateur (1850), qui est muni d'une large prise d'air communiquant directement avec l'extérieur ; les travaux de chauffage et de ventilation ont été établis par MM. Geneste et Herscher.

3094. Groupe scolaire, rue Curial. — Ce groupe a été établi par les soins de M. Félix Narjoux, architecte, pour 1200 enfants; il comprend des classes de 72 élèves ; le chauffage se fait au moyen de poêles-calorifères de MM. Gaillard et Haillot; ces calorifères

sont en fonte entourée d'une enveloppe en tuiles recouvertes de faïence ; le foyer est garni de plus d'une enveloppe en tôle, la cloche est nervée, le calorifère est muni d'un tuyau formant pompe d'appel pour Tallumage ; le tuyau de fumée monte verticalement au-dessus des combles dans l'axe de la cheminée de ventilation pratiquée dans le mur ; le calorifère a deux portes de chargement placées à l'extérieur de la salle, l'une en haut, l'autre en bas de la cloche ; la surface de chauffe est de 3',60 en évaluant la surface des nervures pour moitié de leur surface réelle. La prise d'air froid se fait au bas des allèges des fenêtres ou au-dessus de leurs linteaux par une ouverture ayant 1",80 sur 0",30 soit 0"'",45 de surface pour 72 élèves ; l'air est introduit dans le calorifère d'où il sort dans la salle ; l'air vicié est évacué par des orifices pratiqués dans le sol à raison de un par quatre élèves ; ces bouches se rendent dans un canal ménagé dans l'épaisseur du plancher et aboutissant à la cheminée d'appel. Pendant l'été, le tirage est obtenu dans celle-ci au moyen de becs de gaz. Dans cette installation, on s'est conformé, au point de vue des dimensions des sections d'appel et de sortie de l'air, aux indications fournies par la commission nommée par M. le préfet de la Seine (3088).

3095. Groupe scolaire de la rue dii Pont-de-Lodi. — Ce groupe a été bâli sous la direction de M. Cordier, architecte ; dans celui-ci comme dans le précédent, on a suivi de très-près les indications de la même commission.

La ventilation est rendue complètement indépendante du chauffage ; les orifices d'évacuation de l'air vicié sont au bas des murs et dans les pieds des tables qui servent aux élèves ; ces orijBces communiquent avec des canaux pratiqués dans l'épaisseur du plancher, et qui se rendent dans un canal collecteur dont la section va s'élargissant jusqu'au pied de la cheminée d'appel. Dans un espace rectangulaire disposé au pied de celle-ci et qui en est séparé par une cloison métallique, se trouve placé un poêle à nervures avec soupape faisant pompe d'appel pour l'allumage. Le tuyau de fumée se rend dans la cheminée d'appel qu'il traverse dans toute sa hauteur ; à la base de la cheminée se trouve un foyer à gaz et un foyer à houille destinés à produire la ventilation lorsque le poêle n'est pas allumé : le foyer à gaz servant pour la saison mixte, le foyer à houille pour la saison chaude. L'air pur pris à l'extérieur pénètre dans la chambre qui entoure le poêle et de là se rend dans la salle où il pénètre par des orifices placés à la partie supérieure.

Des expériences, décrites dans V Encyclopédie d'architecture, 1 87 1 , ont été faites, pour établir l'efficacité de ce mode de chauffage et de ventilation. On a trouvé que la température a été de 16 à 17* à l'',75 du sol dans les classes, la température extérieure étant de S"" et celle de la cheminée de 32^ Le registre étant complètement ouvert, le volume d'air évacué en été par heure et par élève a été de 30 mètres cubes; on peut réduire la ventilation en diminuant l'ouverture du registre. Le volume d'air évacué a varié sensiblement comme la racine carrée des différences de température entre l'extérieur et la cheminée ; pour une différence de 8° seulement, l'évacuation est de 12 mètres cubes par heure et par élève. En faisant varier l'appel entre 30 mètres cubes et 23 mètres cubes, on a constaté que l'introduction de l'air chaud par les orifices d'appel restait sensiblement constante et égale à 10 mètres cubes seulement ; le complément était formé par les rentrées d'air qui ont lieu par les fissures des portes et des fenêtres. Ces résultats mettent nettement en évidence les inconvénients de l'appel dans le cas où celui-ci est un peu énergique puisqu'on n'a pu rendre les rentrées d'air accidentelles négligeables qu'en faisant descendre l'appel à la valeur de l'introduction, c'est-à-dire à 10 mètres cubes seulement par heure et par élève.

3096. Le chauffage dans les groupes scolaires de la rue duPontde-Lodi, de la rue Laugieret de l'avenue Daumesnil se fait au moyen d'un poêle à circulation de fumée établi par M. d'Hamelincourt, ancien élève de l'École centrale, et auquel celui-ci donne le nom de poêle Péclet perfectionné. Ce poêle est représenté dans les figures 700 et 701 . La première représente une coupe verticale ; la seconde, une coupe horizontale de Tappareil; A est une cloche en fonte munie d'une porte de chargement et d'un cendrier ; cette cloche est surmontée d'un tuyau G montant verticalement et se rendant à. la cheminée. C est une botte trapézoïde fermée à la partie supérieure, lorsque l'appareil est en plein feu, par une valve D qu'on ouvre pour l'allumage ; cette valve est munie d'un contrepoids d et on la manœuvre au moyen de la poignée d ; la fumée redescend par deux tuyaux E garnis de nervures qui se rendent dans une autre boîte trapézoïde F, d'où part un tuyau B vertical aussi garni de nervures et qui vient se rendre en H dans le tuyau d'évacuation de la fumée ; l'appareil est renfermé dans une chambre en maçonnerie dans laquelle arrive l'air à chauffer. Cet appareil présente de bonnes conditions d'utilisation de la chaleur. Il est fâ-

CHAP. Vil. — CBAUFPAGB ET ASSAIN. DBS ÉCOLES PRIMAIRES, ETC. 553

cheiix cependant que l'air à chauffer ait le contact direct de la cloche dont la paroi peutëtre portée & une température trop élevée, ce qui peutaltérer la qualité de l'air chaud ; il serait bon aussi qu'une disposition eût été prise pour fournir en hiver à l'air chauffé la quan-

Fig. 700. Fi'j. TOI.

lité d'eau nécessaire à maintenir un degré hygrométrique convenable.

3097. École (fEssonnes. — La ville d'Essonnes a fait construire par M. Simonnet, architecte, professeur àl'Ëcole spéciale d'archi-

lecture, une école où on a appliqué le principe de Téclairage unilatéral dont nous avons parlé plus haut (3085).

L'école ne comporte qu'un rez-de-chaussée ; elle comprend un vestibule et deux classes de chaque côté^ constituant un bfttiment rectangulaire ayant 38 mètres de long environ sur 9 mètres de large ; derrière ce bâtiment règne un préau couvert de 4 à 5 mètres de large au milieu duquel se trouve établie la cheminée de ventilation. Le bâtiment est couvert d'un toit à une seule pente dont la partie la plus élevée est la partie antérieure. Les classes ont une hauteur de 6 mètres vers la façade antérieure et de 4 mètres seulement à la partie postérieure ; le plafond a une forme paraboloîde ; les classes sont éclairées chacune par deux grandes fenêtres pratiquées dans la façade antérieure. Un calorifère unique, placé au-dessous du vestibule, vers le centre, aUmente deux canalisations d'air chaud desservant chacune deux classes ; dans un angle de chaque salle près de la façade extérieure se trouve une bouche d'air chaud qui s*ouvre uiî peu au-dessus du sol. Au côté opposé de la diagonale de la salle menée par cette bouche, se trouve l'orifice de sortie de l'air vicié qui, par deux caniveaux longitudinaux placés en sous-sol, est amené dans une gatne transversale qui va à la cheminée générale d'évacuation. La prise d'air neuf pour le calorifère se fait au niveau du sol de chaque côté des marches qui précèdent l'entrée du vestibule ; c'est là une disposition qu'il nous parait difficile d'approuver, si l'on se préoccupe de la qualité de l'air introduit. Le tuyau de fumée du calorifère traverse le caniveau transversal qui mène Tair vicié à la cheminée et s'élève ensuite dans l'axe de cette cheminée elle-même, qui a 13 mètres de hauteur jet 1 mètre environ de diamètre ; à sa base se trouve disposé un appareil thermo-conservateur dont la fumée se rend dans le tuyau de fumée du calorifère et qui sert à produire l'appel quand le calorifère n'est pas en marche ou qu'on le chauffe peu. On maintient facilement une température de IG"" dans toutes les salles, en même temps qu'un renouvellement d'air de 15 mètres cubes par élève et par heure.

3098. On s'est arrangé de façon à pouvoir opérer un renouvellement d'air très-rapide pendant l'absence des élèves sans amener un refroidissement trop brusque en hiver ; pour cela, des orifices à grande section sont ménagés dans la partie haute du mur opposé aux fenêtres et dans la partie la plus élevée du plafond ; ces orifices sont munis de portes qu'on ouvre pendant l'absence des élèves, tout en laissant fonctionner le service de chauffage et de ventilation ; on

renouvelle ainsi l'air abondamment et rapidement sur tous les points. Au moment de la rentrée des élèves, on ferme les orifices supplémentaires et le régime se rétablit presque immédiatement.

Maisons d'édueatlon.

3099. Dans toutes les grandes maisons d'éducation, lés lycées^ les collèges, les pièces qui sont occupées longtemps par les élèves en repos, doivent être chauffées pendant l'hiver, et celles où le séjour est prolongé, comme les salles d'étude, les amphithéâtres et dortoirs, doivent en même temps être ventilées^ parce que le volume d'air de ces pièces est insuffisant pour la salubrité ; aussi, quand on entre le matin dans les dortoirs, on y trouve un air tellement vicié, qu'il est impossible de supposer que la santé des enfants n^en soit pas altérée. Un système général de chauffage et de ventilation, soit par l'eau chaude, soit par la vapeur, serait préférable à des chauffages partiels ; mais il y aurait beaucoup de perte de chaleur si le chauffage avait lieu par l'eau chaude et s'il était permanent, parce que les pièces ne doivent pas être occupées d'une manière continue. Un système général de chauffage ne pourrait être économique que par la vapeur, parce qu'il pourrait être établi presque instantanément dans chaque pièce.

31 00. Pour les salles d'étude, la méthode de chauffage et de ventilation la plus simple consiste à employer un poêle en métal ou en terre cuite, sans circulation intérieure, d'une forme quelconque, et recouvert d'une enveloppe ouverte par le haut^ l'intervalle du poêle et de Tenveloppe communiquant avec l'air extérieur, comme pour le chauffage des salles d'école (3070). Le tuyau du poêle traverserait la cheminée d'évacuation : enfin, la partie inférieure de la cheminée serait percée d'un ou de plusieurs orifices garnis de registres pour régler la ventilation. Un petit foyer additionnel établi au bas de la cheminée servirait à augmenter la ventilation quand celle qui est produite parle chauffage est insuffisante.

Pour les classes, qui sont toujours pourvues de gradins, il faudrait employer la disposition que nous avons indiquée (2721), en parlant du chauffage et de l'assainissement des grands amphithéâtres.

3101. Partout, les dortoirs sont insalubres, et par de trop petites dimensions et par un trop grand nombre de lits. Le séjour des enfants dans les dortoirs est au moins de 7 heures ; par conséquent.

quand il n'y a pas de ventilation, en comptant sur 6 mètres cubes d'air par individu et par heure, il devrait y avoir au moins 42 mètres cubes de capacité par lit ; si on suppose que le dortoir a 3 mètres de hauteur, un lit doit correspondre à 14 mètres carrés de surface, et il est rare que dans cet espace il n'y en ait pas 3 ou 4 ; souvent même, les dortoirs sont beaucoup plus bas que nous ne l'avons supposé, et les lits sont presque en contact. Mais, quelles que soient les dimensions des dortoirs et la distance des lits, on peut toujours les rendre parfaitement salubres par une ventilation convenable. Le chauffage et la ventilation pourraient se faire de la même manière que dans les écoles et dans les salles d'étude (3070) ; le veilleur surveillerait facilement le petit nombre de foyers des dortoirs : on pourrait même employer du gaz dans les villes où il est bon marché. Ce serait encore plus simple que des foyers à alimentation continue. Pour la ventilation d'été, l'air pénétrerait par les mêmes orifices, et le petit foyer additionnel produirait la ventilation ; des orifices convenablement placés, près du plancher et près du plafond produiraient souvent, par suite de réchauffement de l'air intérieur par la respiration, un renouvellement d'air suffisant.

3102. Je viens de dire que l'on pourrait employer le gaz d'éclairage, dans les villes où il coûte peu, comme foyer d'appel. On comprend qu'en remplaçant un petit foyer à la houille, par un ou plusieurs becs de gaz, il serait très-facile d'ulihser la lumière de ce^ becs pour l'éclairage en même temps que leur chaleur pour échauffer l'air aspiré, car il suffit pour cela de composer de vitrages une portion des parois de la cheminée d'évacuation, à la hauteur où cette cheminée renferme le foyer à becs de gaz : dès lors, dans les quelques cas qui peuvent se présenter surtout pour les maisons d'éducation, où l'on a besoin de lumière à proximité d'une cheminée d'appel, la ventilation devient très-sim.ple et aussi très-peu coûteuse.

Il y a bien longtemps qu'à l'École centrale j'ai fait installer des lampes pour ôter la mauvaise odeur de deux cabinets d'aisances ; et dans la deuxième édition de cet ouvrage j'avais indiqué l'usage d'une lampe à double courant d'air, placée dans une cheminée d'appel, mais en limitant cet usage aux petites ventilations : il est évident que la combustion de Thuile comme celle du gaz, ne produit de Teffet pour l'ascension de l'air qu'à raison de la chaleur développée ; et que du moment où cette chaleur doit être tant soit peu considérable, il faut se garder d'employer un combustible aussi cher que l'huile ou le gaz, à moins toutefois, qu'exceptionnellement la position de la

cheminée d'appel ne permette d'utiliser la lumière produite par les lampes ou les becs de gaz.

3103. Les fourneaut de cuisine sont rarement bien disposés. Maintenant, on emploie généralement des fourneaux en fonte, qui servent en même temps à la cuisson des aliments et au chauffage de l'eau nécessaire à différents services. Ces fourneaux, comme Je l'ai dit (2124), sont réellement économiques, mais ils échauffent beaucoup trop les cuisines, surtout si les parois ne sont pas recouvertes intérieurement de briques, et rarement la ventilation est convenable, de sorte que les cuisines sont très-insalubres, surtout pendant l'été. Il serait avantageux de recouvrir les fourneaux d'une hotte conduisant Tair au dehors ou mieux dans une cheminée d'appel à chaleur perdue des foyers.

Les cabinets d'aisances laissent aussi beaucoup à désirer; mais sur ce point je n'ai rien à ajouter à ce que j'ai dit en parlant des écoles primaires.

3104. On se préoccupe beaucoup, et avec raison, des conditions hygiéniques des écoles primaires ; il serait plus important encore de se préoccuper de celles des lycées et collèges où l'élève vit complètement et n'a que de rares sorties. Jusqu'ici ces préoccupations ne paraissent pas avoir été absolument celles de l'Administration, et presque tout reste à faire à ce sujet. En ce qui regarde les externes des lycées surtout, les conditions sont déplorables et l'on pourrait citer tel lycée d'externes de Paris, auquel la plus pauvre école de village pourrait faire envie. Rien d'installé pour la ventilation; des classes nombreuses dans lesquelles un poêle sans enveloppe, chauffé au bois, distribue parcimonieusement la chaleur qui ne devient souvent suffisante, en hiver, que par un calfeutrage absolu des ouvertures et par la présence même des élèves ; pas de vestiaire, les élèves arrivant du dehors par tous les temps, ayant reçu en hiver la neige ou la pluie, n'ont d'autre ressource que de s'asseoir sur leur vêtement de dessus souvent saturé d'eau. Qu'on imagine ce que peut produire d'accidents de toute espèce cette situation de quarante ou cinquante jeunes gens, enfermés pendant deux heures dans une salle de dimension restreinte, où se répand l'odeur des vêtements mouillés, où les haleines se mêlent ; il y a là, encore une fois, une situation à laquelle l'Administration de l'instruction publique a le devoir le plus absolu de remédier ; il serait, en effet, urgent qu'elle voulût bien profiter des travaux faits à cet égard

dans les écoles primaires en les appliquant aux établissements d'instruction secondaire.

3103. Collège Rollin à PaiHs. — La ville de Paris, en reconstruisant à nouveau le collège RoUin, y a fait établir un systèmed'ensemble poilr le chauffage et la ventilation. L'étude et l'exécution des dispositions employées à cet effet ont été faites par MM. Geneste et Herscher.

Le collège Rollin, constnjit avenue Trudaine, à Paris, se compose de quatre corps de bâtiments parallèles reliant les deux bâtiments placés en façade et laissant entre eux trois grandes cours ; les deux cours extrêmes sont divisées en deux parties très-inégales par un bâtiment parallèle aux façades ; l'ensemble de ces bâtiments forme en plan un carré un peu allongé et fournit en longueur un développement de 800 mètres environ. Il ne faut pas oublier que le chauffage d'un lycée présente de grandes irrégularités ; il faut, en effet, chauffer alternativement les classes et les études pendant le jour et chauffer pendant la soirée les dortoirs et les cellules. En raison de cette irrégularité même, l'emploi de la vapeur est nettement indiqué lorsqu'il s'agit d'un chauffage d'ensemble.

3i06. Le chauffage se fait au moyen de deux couples de générateurs installés dans des caves isolées des bâtiments et produisant la vapeur nécessaire. Chaque générateur se compose de deux corps vaporisateurs de 0",60 de diamètre qui reçoivent directement l'action du foyer et de trois bouilleurs réchauffeurs de 0'*,50 de diamètre, disposés pour une circulation méthodique de l'eau et de la fumée. Toutes les communications entre les bouilleurs et les vaporisateurs sont établies hors feu. Dans le foyer une voûte en briques réfractaires garantit, au coup de feu, les vaporisateurs contre le rayonnement direct au foyer.

Les générateurs sont réglés à une très-faible pression, qui ne dépasse pas 0^,5 (pression effective). L'alimentation se fait au moyen de bouteilles ou récipients dans lesquels on introduit l'eau de condensation recueillie à la sortie des purgeurs des appareils de chauffage.

3107. La répartition de la vapeur est effectuée par deux colonnes distributrices partant des générateurs et s'élevant directement dans les combles où elles se développent en pente régulière sur toute la longueur des bâtiments. Ces colonnes sont soigneusement enveloppées pour combattre, autant que possible, les causes de condensation. Les colonnes de distribution peuvent communiquer entre elles par

GHAP. YII. — CHAUFFAGE ET ASSAIN. DES ÉCOLES PRIMAIRES, ETC. 559

une conduite intermédiaire permettant de combiner Faction des générateurs selon les exigences du service, et même, au besoin, de desservir tout l'ensemble des locaux avec un seul couple de générateurs, suivant les variations de la température extérieure.

3108. Les conduites de distribution alimentent, sur leur parcours, une série de tubes verticaux descendant des divers étages et desservant les poêles de chauffage. La vapeur et Teau de condensation circulent normalement de haut en bas ; un collecteur à échappement libre reçoit les tuyaux de retour descendants et ramène l'eau de condensation dans les récipients destinés à l'alimentation.

3109. Les tubes verticaux, alimentant les poêles de chauffage, sont munis chacun d'un détendeur de pression (1977) qui règle la pression dans les tubes et dans les appareils à quelques centimètres de mercure au-dessus de la pression atmosphérique ; on est ainsi mis à Tabri des chances de fuite et d^explosion. De plus, la répartition de la vapeur se fait sur tous les points avec une pression égale, quels que soient les distances et le nombre des locaux desservis.

3110. Entre chacun des poêles et le collecteur des eaux de condensation se trouve placé un purgeur automatique (1969) de petite dimension qui extrait l'eau condensée dans l'appareil sans laisser passer la vapeur ; par cette disposition, on utilise complètement la vapeur au chauffage et on évite toute contre-pression dans les tuyaux de retour.

3111. L'air qui se trouve dans la circulation avant le chauffage se purge à Taide d'un appareil spécial pendant réchauffement des poêles (1980).

3112. Les poêles à vapeur se composent de corps cylindriques de petit diamètre, réunis en nombre plus ou moins grand suivant l'importance des locaux à chauffer ; ils sont installés dans des enveloppes munies de grilles à grand débit afin de faciliter l'émission de l'air chauffé tout en utilisant le rayonnement direct. Ces enveloppes empêchent, en outre, les élèves de venir se brûler au contact des parois directement chauffées par la vapeur.

3113. Pour les classes et les études, le chauffage se fait par émission d'air chaud et par le rayonnement à travers l'enveloppe, les surfaces de chauffe étant placées dans la salle même. L'air pur et froid, pris au dehors, est amené par un conduit spécial, débouche sous le poêle, s'élève en s'échauffant et se distribue dans la salle. L'air pur est fourni dans chaque salle à raison de 15 mètres cubes par

560 LIVRE XV. — CHAUFFAGE ET VENTlUTION DES LIEUX HABITÉS,

heure et par élève ; on pourrait d'ailleurs, en cas de besoin, augmenter cette proportion.

3114. L'air vicié est évacué par des orifices ménagés soit sous les apfiphithéfttres pour les classes, soit au bas des murs pour les études. Ces orifices communiquent par un conduit de section convenable avec les gatnes d'évacuation réservées dans la construction.

3115. Pour les dortoirs et les cellules, le chauffage est, au contraire, en général, indirect. Les poêles sont installés dans les couloirs en dehors des cellules. L'air pur, amené aux poêles par des conduits installés dans l'épaisseur des planchers, s'échauffe et se répand dans les couloirs ; la chaleur se distribue dans les cellules par des ouvertures ménagées à cet effet à la partie supérieure. Cet air chauffé descend par suite de l'aspiration produite dans chaque cellule, au travers de grilles placées près du sol et communiquant parle plancher avec les cheminées générales d'appel. Les poêles des dortoirs, placés aussi dans les couloirs, sont munis spécialement de vases d'eau à l'intérieur, afin d'emmagasiner une certaine quantité de chaleur, ce qui permet de suspendre chaque nuit le chauffage des chaudières à vapeur sans arrêter pour cela le chauffage et la ventilation des dortoirs (1981).

3116. L'évacuation de l'air vicié est produite ou simplement aidée, suivant les saisons, par l'emploi de brûleurs à gaz étabUs dans les cheminées d'évacuation qui débouchent au-dessus des bâtiments. Des registres permettent d'affecter ces cheminées alternativement au service diurne ou nocturne, c'est-à-dire à la ventilation des classes ou des dortoirs.

On a pu, à l'aide de cet ensemble de dispositions, satisfaire complètement aux conditions multiples que présentaient le chauffage et la ventilation du collège Rollin.

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