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CHAPITRE VIIL — ASSALNISSÉMENT DES CASERNES. o6l

les soldais ayant un âge également compris entre 20 et 27 ans, et cependant elle devrait être moindre, parce que Ton n'admet dans rârmée que les hommes propres au service et qui ont une constitution supérieure à la moyenne. M. Desjobert attribue cette plus grande mortalité à trois causes principales : une alimentation insuffisante, des gardes de nuit trop fréquentes, et le défaut d'aération des casernes. Je ne parlerai que de ce dernier objet.

En 1849, une commission présidée par le général Schramm, fut nommée par le ministre de la guerre pour examiner Tétat sanitaire des casernes ; jextrairai du rapport de M. Leblanc quelques faits importants à signaler. Trois expériences ont été faites dans trois chambres appartenant à des casernes différentes de Paris ; les volumes d'air des chambres par homme étaient de 13*", 6, Il "",54 et 8°,54 ; après un séjour de 10 heures, les quantités d'acide carbonique trouvées dans l'air ont été de 0,0032; 0,0034; 0,01430. Dans les deux premières, les volumes d'air introduits accidentellement par les jointures et par les ouvertures des portes pendant les entrées et les sorties nocturnes des soldats ont été à peu près doubles du volume d'air de la chambre, et dans la dernière à peu près moitié. Alors, dans les deux premières chambres, chaque individu a eu à pou près 4 mètres d'air par heure, et dans la dernière à peu près i°',60. A la fin des deux premières expériences, l'état hygrométrique était égal à 0,73 de celui correspondant à la saturation complète ; dans la dernière, il était égal à 0,83. Le matin, l'odeur était pins prononcée dans la troisième chambre que dans les autres ; néanmoins on y a séjourné sans trop de dégoût ni de répugnance.

3H8. Des ventouses communiquant avec des cheminées ont été établies dans une des casernes de Paris, et ont donné d'assez bons résultats ; dans une des chambres à ventouses, le volume d'air introduit par suite de l'appel, a été de 2", 4 d'air par homme et par heure, et dans une autre, ce volume s'est élevé à 7 mètres.

Des ventouses communiquant à des cheminées de 8 mètres de hauteur ont été placées dans les écuries de la caserne du quai d'Orsay ; une de ces cheminées a appelé 334 mètres cubes d'air par heure, pour un excès de température de 4°o ; l'effet total des 17 cheminées a pu fournir le jour de Texpérience environ oOOO mètres cubes d'air, et comme Técurie renfermait 87 chevaux, la ventilation était de 57 mètres cubes par cheval et par heure. Ces nouvelles dispositions ont diminué la mortalité des chevaux dans une très-grande proportion.

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Le rapport se termine ainsi :

3H9. « En résumé, les expériences auxquelles la sous-commissiou s'est livrée, ont démontré que, dans l'état actuel du casernement de Paris, Taltération de Tair dans les chambres n'atteint pas, à la fin de la nuit, et dans les circonstances les plus favorables, un degré qui puisse être considéré comme alarmant pour la salubrité. Le maximum de la production de Tacide carbonique trouvé a atteint à peine 0,01 en volume, et l'état hygrométrique s'est toujours trouvé inférieur au terme de la saturation pour la température observée. Ces mêmes analyses ont démontré que, dans les chambresdes casernes, le renouvellement accidentel de l'air par les jointures et par l'ouverture des portes pondant les entrées et les sorties nocturnes des soldats, dépasse l'elTet qui s'observe dans la plupart des chambres habitées et closes, et dans les dortoirs des hôpitaux. Les expériences anémométriques ont constaté l'efflcacité des moyens auxiUaires de ventilation adoptés par MM. les officiers du génie chargés du casernement de Paris. L'établissement des ventouses en relation avec des cheminées régnant sur toute la hauteur des bâtiments, permet de réaliser des effets ventilaloires assez énergiques en vertu de faibles excès de température entre l'air de la cheminée et l'air extérieur. »

31^0. Ces conclusions ne me paraissent pas admissibles. Voici un fait que j'ai observé dans l'école primaire, qui a été vérifié par M. Leblanc : La salle étant close, sans ventilation, après cinq heures de séjour des enfants, l'air ne renfermait que 0,0087 d'acide carbonique, l'atmosphère était lourde, le maître se plaignait de la chaleur et attendait avec impatience le moment d'ouvrir les fenêtres, la température n'étant pourtant que de 18°. Ainsi, de l'air qui ne renferme que 0,0087, agit sur nos organes, et ce chiffre a été atteint dans la dernière expérience; et, s'il n'y avait pas eu de ventilation accidentelle, il aurait atteint 0,01 dans les deux premières salles, et 0,0143 dans la dernière; or, ces ventilations accidentelles peuvent varier dans des limites qu'on ne connaît pas, si les portes et les fenêtres fermaient bien, et si aucun homme ne sortait pendant la nuit elle deviendrait nulle ; alors, après un certain nombre d'heures, l'air serait altéré de manière à nuire à la santé, surtout par la continuité de son action. D'ailleurs, indépendamment de l'abaissement de la proportion d'oxygène dans l'air, il y a l'influence des matières organiques en suspension, probablement en fermentation, qui est peut-être plus grande que la présence de l'acide carbonique. D'après tout cela, il me paraît impossible de ne pas admettre que les ca-

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