CHAPITKE VIII. — ASSAINISSEMENT DES CASERNES
sernes sont insalubres, et qu'elles ne peuvent devenir saines que par une ventilation convenable.
3121. La disposition qui serait certainement la meilleure consisterait à établir, au moins pendant la nuit, un chauffage et une ventilation régulières, comme dans certains hôpitaux et dans certaines prisons cellulaires ; mais les dépenses de premier établissement, Tentretien des appareils, seraient trop considérables pour qu'il soit permis d'espérer que de pareilles améliorations puissent jamais se réaliser. La seule chose à faire consisterait à établir pour l'hiver un poêle dans chaque salle, une cheminée garnie d'un orifice à la partie supérieure et à la partie inférieure, et enfin un canal communiquant avec l'extérieur et débouchant au-dessous du poêle. Pendant les jours d'hiver l'air extérieur arriverait au-dessous du poêle et s'écoulerait dans la cheminée par l'orifice inférieur. Pendant la nuit l'orifice d'accès de l'air extérieur au niveau du plancher resterait ouvert, et on ouvrirait l'orifice supérieur de la cheminée ; il se produirait alors une ventilation naturelle sans chauffage, du moins par la chaleur accumulée pendant le jour dans les murailles et par celle qui provient de la respiration et qui à elle seule peut produire une ventilation assez considérable, car, d'après ce que nous avons vu (2364), la chaleur provenant de la respiration peut élever 9 mètres cubes d'air de 15**, cela pourrait à la rigueur suffire pour la salubrité, attendu que, l'air se mouvant de bas en haut pour gagner l'orifice de sortie, chaque individu ne respire que de l'air pur. Il serait avantageux que l'air appelé s'étendît immédiatement sous le plancher, et par conséquent que les orifices d'appel fussent verticaux ou recouverts d'un chapeau s'ils étaient percés dans le plancher.
3122. Par cette disposition il y a un refroidissement continu de 1 air intérieur ; mais cet inconvénient est incomparablement moins grand que le maintien ou l'accroissement de température par l'absence de ventilation, d'autant plus que les hommes couchés, enveloppés de leurs couvertures qui transmettent mal la chaleur, s'apercevraient peu de cet abaissement de température.
3123. Mais il vaudrait mieux, dans tous les cas, produire ce mouvement ascensionnel au moyen de la chaleur ; on pourrait alors employer des becs de gaz, dont la lumière pourrait être en tout ou en partie employée à Téclairage. Ce tirage artificiel permettrait de fournir une quantité d'air suffisante, soit 25 à 30"*^ par homme et par heure.
3124. On ne peut se dissimuler cependant que le problème réduit
564 LIVRE XV. — CnAUFFAGE ET VENTILATION DES LIEUX HABITÉS.
à ces termes, c'est-à-dire à la ventilation seulement, ne présente de graves inconvénients quand la température extérieure s*abaisse beaucoup. C'est ce qui arrive dans nos contrées pendant certaines périodes de l'hiver; c'est ce qui arrive surtout dans les contrées du Nord ; aussi en Russie les casernes sont-elles chaufTées en même temps que ventilées, et il y a lieu de désirer qu'il en soit de même chez nous en hiver.
3125. Caserne des mainns de la Garde impériale de Saint-Pétersbourg. — Les dispositions de cette caserne, en voie de construction, ont été présentées à l'exposition d'hygiène et de sauvetage à Bruxelles, en 1876. Cette caserne est construite pour 960 matelots, elle est à quatre étages, les dortoirs comprennent de 18 à 22 lits. Le chauffage se fait à Tair chaud au moyen de quatorze calorifères en briques et de quatre calorifères en fonte à nervures, calculés de façon à fournir 25 à 35 mètres cubes d'air neuf par homme et par heure dans les dortoirs ; dans les corridors, les réfectoires et autres dépendances, l'air neuf est envoyé de façon à obtenir le renouvellement complet en une heure. On maintient à l'intérieur une température qui est constamment de 16 à 17^; pour obtenir ce résultat, on fait varier la température de l'air neuf qui ne s'élève pas à plus de 50', lorsque l'air extérieur est à — 40.
L'extraction de l'air vicié se fait au moyen de douze cheminées d'appel chauffées au moyen d'appareils en fonte.
Au quatrième étage qui est soumis à un refroidissement plus énergique que les trois autres, on installe un chauffage supplémentaire au moyen de poêles.
L'air chaud reçoit une quantité suffisante de vapeur d'eau au moyen de vases d'évaporation placés près des calorifères.
3126. Casernements du système Tollet. — En Angleterre, dès le commencement de ce siècle, on avait, renonçant au système des bâtiments considérables à nombreux étages, construit des casernes a bâtiments multiples qui ont été une amélioration considérable au point de vue hygiénique. La comparaison de ce qui se passe à ce point de vue dans les campements permanents à pavillons isolés n'ayant qu'un rez-de-chaussée et les casernes des villes a mené M. Tollet, ingénieur, à rechercher un système de constmclion donnant des logements incombustibles^ plus commodes, plussalubres et plus économiques que les casernes actuelles. M. Tollet s'est arrêté au système de bâtiments isolés rectangulaires surmontés d'un toit ogival sans charpente intérieure.