CHAPITRE VIII. — ASSAINISSEMENT DES CASERNES
3127. Un casernement a été établi à Bourges, d'après ce système, pour SOO artilleurs. Chaque pavillon a 40 mètres de long sur 6", 30 de large, le plancher de ces pavillons est à G", 70 du sol ; le bâtiment est séparé en deux chambrées par un vestibule placé au milieu et qui sert aux soins de propreté ; la section transversale est ogivale à tiers point, Togive commence à une faible hauteur au-dessus du plancher de la caserne, la hauteur du faîte est de 5'",70 au-dessus du plancher ; Tossaturede cette ogive est en fer, elle est formée de fermes ogivales reliées par des traverses aussi en fer, le remplissage se fait en briques pleines recouvertes intérieurement de briques creuses jusqu'à une hauteur de 2 mètres, elles sont hourdées en ciment ; la partie supérieure, jusqu'au sommet de Togive, est en briques creuses revêtues intérieurement de plâtre et extérieurement de ciment ou de tuiles mécaniques, l'épaisseur de la paroi varie de 15 à 22 centimètres. Le type de ces bâtiments a été représenté figure 699.
3128. Le chauffage se fait au moyen de poêles en fonte dont les tuyaux de fumée se rendent au-dessus du toit.
3129. La ventilation est naturelle; elle est obtenue au moyen de briques creuses posées transversalement dans l'épaisseur du mur à une hauteur de 2 mètres au-dessus du sol, et par des chatières ou des mitrons d'appel posés au sommet du toit.
3130. Les chambrées sont éclairées par six fenêtres de 1",50 de haut sur l'",60 de large, et de plus elles sont munies de châssis à tabatière qu'on peut ouvrir à volonté et qui peuvent servir par conséquent à Taération.
3131. Ces constructions, très-simples, très-peu coûteuses, ont été, de la part du baron Larrey, Tobjet d'un rapport favorable à l'Académie des sciences [Comptes rendus, 13 avril 1874). La seule objection faite par ce savant est le grand espace occupé ; c'est là une objection qui sera facile à lever dans la plupart des cas par un choix convenable du terrain. Il nous semble qu'au point de vue qui nous occupe, il en est une autre très-sérieuse, cette disposition d'accès d'air neuf et froid au-dessus de la tête des hommes couchés peut avoir, en hiver, des inconvénients graves, lorsque la température sera très- basse ; Tair introduit, souvent avec une faible vitesse, coulera en nappe glaciale sur la tête ou les bras des hommes, et il peut y avoir là un danger réel. Il semble qu'on pourrait, sans grande dépense, employer des poêles à enveloppes qui introduiraient dans la salle de l'air chauffé au préalable ; il faudrait alors supprimer les
briques creuses ventila triées de la paroi, ou du moins en boucher les orifices, ce qui serait facile.