CHAPITRE IX. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES ATELIERS
(le la fumée nuit peu au tirage ; (railleurs, la perte du tirage peut (4ro compensée par une plus grande ouverture du registre, les cheminées ayant presque toujours un excès de section. En supposant que la fumée soit abandonnée à 300% et qu'elle soit refroidie à 150°, on pourrait utiliser ainsi un huitième de la chaleur produite dans le foyer.
3135. La disposition la plus simple est celle qui a été décrite n° 1922. On peut aussi employer celle qui est indiquée au n° 1923.
3136. Pour utiliser la chaleur de la fumée des cheminées, on a proposé de faire circuler la fumée dans des tuyaux en fonte ; Tair extérieur s'échauffe autour d'eux, et s'élève ensuite dans un canal vertical au centre duquel se trouve la cheminée. Cette disposition a le grand inconvénient de diminuer le tirage par les circuits de la fumée ; d'ailleurs, les orifices d'accès et de sortie de l'air étant beaucoup trop petits, l'air serait trop fortement échauffé.
3137. On a employé aussi la disposition suivante. La cheminée est en tôle ; elle est placée en dedans des ateliers et environnée d'une double enveloppe et de cloisons annulaires à la hauteur de chaque plafond ; l'enveloppe est percée d'un grand nombre d'orifices à la hauteur des planchers et des plafonds ; l'air de la pièce entre par les orifices inférieurs dans la double enveloppe, s'échauffe, et rentre dans la pièce par les oriflces supérieurs. Cette disposition est peu avantageuse, parce que les surfaces de chauffe n'ont pas assez d'étendue pour refroidir notablement la fumée ; d'ailleurs, elle présente des chances d'incendie, qui n'existent pas quand la fumée est employée à chauffer de l'air dans des calorifères placés en dehors des bâtiments.
Il serait certainement préférable de mieux utiliser la chaleur de la fumée à la formation delà vapeur, par un chauffage méthodique, et d'avoir des calorifères spéciaux pour le chauffage des bâtiments.
3138. Un grand nombre d'ateliers sont insalubres, non-seulement par la respiration des ouvriers, mais par la nature des opérations qui s'y exécutent. M. Darcet s'est occupé, le premier, de l'assainissement de ces ateliers, par l'emploi d^une ventilation forcée, produite par une cheminée d'appel, ou par un ventilateur aspirant, en disposant les orifices d'aspiration de manière à ce que l'air entraîne avec lui les gaz nuisibles. Nous ne décrirons pas les dispositions indiquées par M. Darcet, pour l'assainissement des soufroirs, des ateliers des doreurs, des laboratoires d'essais, des aflineries d'or et d'argent, des salles de bains sulfureux, etc. ; nous renvoyons, pour ces objets,
à la collection des mémoires de ce chimiste ; nous nous contenterons d'indiquer quelques principes généraux.
3139. Lorsque des gaz ou des vapeurs nuisibles à la respiration ne se produisent que sur des points peu nombreux, et qu'on ne peul pas opérer dans des vases clos, il faut placer au-dessus une hotte de cheminée, dans laquelle l'air a|>pelé, ou par la chaleur, ou par une action mécanique, entraîne avec lui les gaz et les vapeurs délétères. Quand la chose est possible, on augmente beaucoup Teffet produit, en diminuant l'étendue des orifices d'accès de l'air par des volets ou des rideaux ; mais il faut que l'atelier suit pourvu d'orifices d'une étendue suffisante pour l'introduction de l'air extérieur. C'est sur ce principe que M. Darcet a disposé les fourneaux de laboratoire et les fourneaux de doreurs au mercure. Quand les opérations ne peuvent pas se faire sous une hotte de cheminée, on peut produire l'appel par un canal descendant qui va rejoindre la cheminée en passant sous le parquet ; c'est la disposition indiquée par M. Darcet pour les salles de dissection ; les tables sont en métal, percées d'un grand nombre de trous, garnies d'un double fond et montées sur un tuyau en communication avec la cheminée.
3140. A ces dispositions se rapporte celle qui est indiquée par M. deFreycinet, dans son rapport sur Y Assainissement des fabriques^ 1864, et qui est relative aux fours d'oxydation servant soit à la transformation du plomb en massicot et de celui-ci en minium, soit à la conversion de la céruse en mine orange. Au-dessus de la porte de chacun de ces fours est une hotte en communication avec la cheminée de l'usine; les vapeurs qui peuvent sortir de la porte du four sont immédiatement entraînées et ne peuvent rentrer dans l'atelier.
314j. Lorsque les gaz appelés par le courant d'air sont en trop grande quantité pour que le mélange ne puisse pas être abandonné à l'extérieur, il faut placer dans le canal qui précède la cheminée d'appel des matières propres à absorber ces gaz. C'est ce qui arrive, par exemple, dans les affineries d'or et d'argent; les alliages sont traités par l'acide sulfurique, et il se dégage beaucoup d'acide sulfureux qu'on peut absorber par la chaux. Dans les fabriques de soude, la décomposition du sel marin par l'acide sulfurique dans les fourneaux à réverbère, produit de grandes masses d'acide chlorhydrique qu'on peut absorber ou par l'eau ou par du carbonate de chaux. Avant qu'on ait imaginé de chauiTer le four de décomposition du sel marin par la chaleur perdue du four dans lequel le sulfate de soude est décomposé parla craie et le charbon, j'avais employé une