CHAPITRE IX. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES ATELIERS
leur qui lance la poussière fine dans une caisse de dépôt du système Perrigault ; cette caisse a 4",S0 de longueur, l"*,20de largeuret 1 "j^ 0 de hauteur, elle est divisée par des tablettes horizontales en dix compartiments que Tair traverse successivement en laissant déposer sur ces tablettes la plus grande partie des poussières dont il est chargé. A Tusine céramique de M. Davenport, à Longport, rétabli sur lequel se fait le grattage des pièces est percé d'un grand nombre de trous qui débouchent dans une caisse d'aspiration placée au-dessous de la table et dans laquelle les poussières se déposent.
3165. Il y a aussi des ateliers qui sont insalubres par le mode de chauffage. Les fabricants de cierges chauffent encore leurs bassines avec des fourneaux à charbon placés au milieu de Tatelier, qui souvent n'a pas de cheminée. En 1806, les hongroyeurs de Paris, et certainement tous ceux du reste de la France, échauffaient l'étuve dans laquelle on passe les cuirs au suif, au moyen d'un foyer à charbon de bois sans issue pour l'air brûlé ; et la quantité de charbon consommé était considérable, car la température de l'étuve s'élevait à 50 ou 60°. Les ouvriers étaient cependant obligés de séjourner dans cette étuve remplie d'acide carbonique, mais il arrivait souvent de graves accidents. Ce ne fut qu'avec beaucoup de peine et par des expériences qui démontrèrent combien le chauffage par les poêles était plus économique et plus salubre, qu'on parvint à leur faire adopter ce nouveau mode de chauffage (Bulletin de la Société d'encouragementy tome V, p. 67). D'autres ateliers sont encore dans le même cas et pourraient de même très-facilement être rendus salubres.
Pour faire voir combien cet usage peut être dangereux, rappelonsnous qu'un kilogramme de charbon en brûlant cctovertit en acide carbonique la totalité de l'air renfermé dans 9 mètres cubes d'air ; mais l'air devient impropre à la respiration quand il renferme un cinquième de son volume d'acide carbonique ; d'où il suit qu'un kilogramme de charbon rend irrespirables 45 mètres cubes d'air. Mais la combustion du charbon est presque toujours accompagnée de la production d'une certaine quantité d'oxyde de carbone, et nous avons vu (2363) combien ce gaz était délétère.
3166. Les ateliers des ferblantiers, fabricants de lampes, sont souvent dans le même cas ; il s'y trouve des foyers permanents à charbon de bois à chauffer les fers à souder; on diminue les inconvénients du chauffage et on le rend plus économique par l'emploi du gaz d'éclairage : le gaz est amené devant les ouvriers par des tuyaux fixes
Péclbt. m. 37
garnis de tubulures à robinets auxquelles sont fixés de petits tuyaux en caoutchouc, chacun s'enroule à une certaine distance autour du manche du fer à souder, et se termine par un ajutage percé d'un très-petit trou qui projette une flamme sur la tête du fer; celui-ci reste alors à une température constante toute la journée, et peut être déplacé à une distance qui dépend de la longueur du tube en caoutchouc. Il est encore bon nombre d'industries où cette substitution du gaz au charbon a été faite avec avantage. Il ne paraît pas cependant que l'emploi du gaz brûlant dans l'atmosphère soit parfaitement salubre ; nous avons déjà dit quels sont les inconvénients qui peuvent résulter de sa combustion au sein de l'air de la respiration ; quand le gaz brûle dans des appareils fixes, il est toujours nécessaire de munir ces appareils de cheminées d'évacuation ; si ces appareils sont mobiles, comme c'est le cas dans les exemples que nous venons de citer, il est important qu'une ventilation suffisante et convenablement appUquée fasse disparaître les produits de la combustion avant qu'ils arrivent aux organes respiratoires des ouvriers.
Ventllatton du dépotoir de la Villetto.
3i67. Pendant des siècles, il a existé sur le versant oriental de la butte Chaumont, un emplacement connu sous le nom de voirie de Montfaucon, sur lequel étaient transportées toutes les matières infectes dont le séjour, dans l'intérieur de la ville de Paris, pouvait nuire à la salubrité. Dans ces derniers temps, par suite de la substitution des citernes étanches aux fosses perméables qui recevaient autrefois les matières fécales, la voirie de Montfaucon avait pris un immense développement, et plusieurs hectares de terrain étaient transformés en vastes bassins, rempUs du liquide fourni par la vidange des fosses d'aisances.
Ces bassins et les terrains avoisinants affectés à la dessiccation des matières pâteuses qui étaient extraites des bassins pour être transformées en poudrette, répandaient dans l'atmosphère des gaz infects, qui, portés par les vents à des distances considérables, rendaient très-insalubres certains quartiers de Paris et les communes voisines.
Cet état, devenu intolérable par suite de l'extension de la voirie, avait soulevé de vives réclamations, et depuis bien des années on demandait, avec de vives instances, la suppression d'un établissement si incommode et si insalubre. En 1823, Louis XYIII, voulant