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CHAPITRE IX. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES ATELIERS

ralure, est-elle sensiblement inférieure au volume d'air neuf fourni par les orifices d'introduction. Il en soil donc par d'autres issues, on peut donc en conclure qu'il serait possible de ventiler sans l'aide de l'appel, en disposant simplement des orifices convenables de sortie pour l'air.

3158. Le mémoire mentionne l'essai d'une ventilation, par l'emploi d'un ventilateur à force centrifuge, qu'on a comparée à celle que nous venons de décrire. Les dimensions de ce ventilateur ne sont pas indiquées non plus que les dispositions appliquées pour produire la ventilation. Il est assez difficile dès lors de discuter les résultats obtenus qui seraient, d'après le mémoire, favorables au système de l'injection. Peut-être faudrait-il conclure, au contraire, que le ventilateur n'était pas installé dans les meilleures conditions possibles ; le système de l'injection d'air pour ventiler par pulsion nous paraît toujours n'offrir aucun avantage sur les autres moyens mécaniques bien constitués.

3 159. Les buses fonctionnant avec de l'air comprimé à H ou 15 centimètres de pression donnent un certain bruit bien connu dans les usines métallurgiques. Ce bruit ne serait pas tolérable dans un hôpital, un amphithéâtre, etc.

3160. Quand la pression de l'air variait de 1 i millimètres à 17 millimètres de mercure, la force de la machine variant de il chevaux à 10 chevaux, le déplacement de l'air a varié de 3,600 mètres cubes ù 1,950 mètres cubes par heure et par cheval. Les quantités d'air fournies aux ateliers renouvellent l'air trois fois et demie à peu près par heure.

3161 . Manufactures de tabac. — L'air est vicié dans les ateliers (|ui servent à la confection des cigares par les émanations du tabac humecté et par la présence d'un grand nombre d'ouvriers ; MM. Rolland, ingénieur en chef des manufactures de l'État et M. Demondésir, ingénieur en chef de la même administration, ont exécuté dans un certain nombre de manufactures de tabac, des travaux pour la ventilation de ces salles. La ventilation se fait par pulsion au moyen de ventilateurs, l'air pris au dehors est envoyé dans des gaines pratiquées dans l'épaisseur des planchers, pénètre dans la salle par des bouches de poêles chauffés en hiver ; les orifices de sortie sont sur le plancher et communiquent avec des gaines d'évacuation qui se rendent au-dessus des toits. A Nantes, le ventilateur a 1",30 de diamètre, il fait 350 tours à la minute ; il sert à la ventilation de cinq salles de 40 mètres de long sur 13 de large contenant chacune

2S0 ouvrières environ; chaque salle contient 4 poêles de chauffage, alimentés chacun par deux conduits de O^jSS sur O^jlS de section ; la section totale des conduits est de O^'^joG environ. La section des canaux de sortie est la même ; il y a deux cheminées d'appel de 8",S0 de hauteur au-dessus du niveau du plafond de la salle ; on fournit dans les salles 8 mètres cubes d'air par personne et par heure ; ce chiffre est suffisant, paratt-il, pour faire disparaître toute odeur et toute humidité.

L'air neuf, avant d'arriver aux ventilateurs, traverse une cave, ce qui permet d'obtenir en été de Tair frais au moins pendant quelques jours.

3162. Dans toutes les usines dans lesquelles on travaille Tacier avec des meules en grès mobiles tournant rapidement sur leur axe, comme dans les fabriques d'armes blanches, de coutellerie, de scies, les ouvriers sont peu incommodés quand les meules restent constamment mouillées ; mais quand le travail se fait à sec, et, dans tous les casy quand il faut tourner les meules déformées par un long travail et rinégale dureté des parties, il se produit une grande quantité de poussière très-fine qui agit de la manière la plus grave sur la santé des ouvriers. On a remédié à cet inconvénient en enveloppant une partie de la circonférence de la meule d'un canal concentrique en bois d'une longueur peu différente de celle de la meule, fermé latéralement, ouvert en dessus, et communiquant avec l'orifice d'appel d'un ventilateur à force centrifuge. Le mouvement de la meule ayant lieu en dessus dans la direction de la partie libre de la circonférence à la partie enveloppée, l'air appelé par le ventilateur entraine toutes les poussières siliceuses qui se détachent, et le travail n'a plus aucune action nuisible sur la santé des ouvriers.

3163. M. de Freycinet dans son rapport cite différents exemples de l'emploi de ces dispositions en Angleterre, pour le travail de l'acier ; il indique le même emploi pour les machines qui servent à ouvrir les paquets de coton brut et à carder, et pour les machines de préparation de la laine, ainsi que pour la grande salle de cardage de sa grande filature de lin de la Lys à Gand.

3164. Quand les poussières doivent être recueillies pour être employées ultérieurement, on peut encore employer un ventilateur, mais en plaçant sur le trajet de l'air avant sa sortie dans l'atmosphère une caisse de dépôt convenablement disposée. Chez M. Leroux, à Rennes, le broyage du tan se fait dans des moulins à noix parfaitement clos ; au-dessus de la cloche du moulin se trouve un ventila-

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