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CHAPITRE IX. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES ATELIERS

ment la cellule et s'échappe par les deux bouches qu'il va rencontrer à la paroi de chaque voûte. Les grands conduits aboutissent à la chambre du ventilateur, d'où les gaz sont refoulés dans une cheminée spéciale, adossée à la cheminée de la machine. Des vannes régulatrices à Torifice de chaque ligne, des tiroirs au-devant de chaque bouche, permettent de répartir le travail du ventilateur, et de rappliquer aux Ugnes et aux capacités dont le service veut un assainissement immédiat.

3171. « Ces dispositions ont complètement réussi ; et quoique les citernes reçoivent tout ce qu'il y a de plus infect à Paris, tout ce qui sort des hôpitaux, des casernes et des maisons pauvres, le service se fait avec une sécurité parfaite. Au moment où les ouvriers descendent, l'aération est vive et fraîche, comme sur un boulevard. Il n'y a plus de traces d'hydrogène sulfuré ou d'ammoniaque. Les objets d'or ou d'argent qu'on porte avec soi ne subissent pas la moindre altération, les yeux n'éprouvent pas le moindre picotement, enfin la température des citernes ne diffère pas de celle de l'air extérieur.

« La ventilation est si complète que nous n'avons pas hésité à éclairer les citernes par le gaz. Au centre de chaque profil est un bec d'Argant. Un fumivore emporte, vers la bouche d'aérage, les produits de la combustion. La flamme est vive et blanche. Le gaz a remplacé les chandelles, qui ajoutaient une infection de plus aux miasmes qui s'échappaient autrefois. Chaque cellule va posséder '^me bouche d'eau, un bec de gaz et deux bouches d'air. Ce système si simple a rendu le dépotoir Tune des usines de la Villette peutêtre la moins insalubre. Toutes les plaintes élevées d'abord par les habitations voisines ont disparu. La santé des ouvriers est excellente ; leur moral est relevé par la puissance même des moyens de propreté et de salubrité mis à leur disposition.

« Quelques expériences peuvent expliquer l'énergie de la ventilation.

« En plaçant un anémomètre dans le courant, avant et après le ventilateur, on a trouvé :

« En avant, dans une section de 0",30, une vitesse de8",12;

« A la sortie, dans une section de 0", 17, une vitesse de 12",39.

« A ces deux nombres correspondent des débits, par seconde 2''^44 et2",45, chiffres qui prouvent des opérations concordantes. D'après le dernier nombre, le volume d'air extrait par heure du ventilateur est de 8100 mètres.

3172. « Pour faire la répartition et régler les orifices des tiroirs,

on a d'abord tout ouvert, et mesuré ce qu'il passait d'air par chaque bouche de 0",062. Les vitesses, dans les citernes n* 1, n* 5, n* 9, étaient 1",07, l^'jOff, 5",21. On voit que l'action du ventilateur croissait rapidement à mesure que la distance des orifices d'appel devenait plus petite. Mais avec la faible vitesse de {""^O?, la citerne la pliis éloignée débitait encore par ses deux bouches, d'une surface totale de 0",125, un volume de 0",133 par seconde, ou 480 mètres par heure ; et comme le volume de la citerne est d'environ 80 mètres, le renouvellement de ce volume aurait eu lieu six fois dans une heure; mais la citerne d'aval dépensait par seconde 1",06S, ou par heure près de 2530 mètres, environ trente fois son volume.

« Pour corriger l'excès d'appel dans la citerne la plus voisine du ventilateur, on y réduisit les bouches à 0",05 de surface, et on gradua les ouverlures des tiroirs successifs, en augmentant très-peu les derniers numéros et beaucoup les premiers; la citerne n"" 1, la pins éloignée, garda seule son orifice total de G", 12. Avec celte disposition, on obtint sur ce dernier point une vitesse double aux bouches d'appel, le volume s'éleva par heure à près de 960 mètres. On était ainsi bien près d'avoir égalisé le tirage dans toutes les citernes. Nous n'avons pas poussé plus loin nos épreuves, parce qu'il nous suffisait d'avoir la certitude que l'on pouvait différencier à volonté le tirage sur tous les points; c'était le but du travail, et il nous semblait atteint.

3173. « Ces résultats d'assainissement, dans les conditions les^ plus défavorables, prouvent, si je ne me trompe, que la question de désinrection est une élude de mécanique bien plus qu'un problème de chimie. Les agents naturels, Tair et l'eau, sont certainement l'aide la plus efficace quand on ne cherche que la salubrité de la ville et de l'habitation. Ce n'est pas à dire que la chimie n'ait rien à faire en pareille matière ; elle intervient aussitôt qu'il s'agit de livrer des engluais à l'agriculture, ou des produits ammoniacaux à l'industrie. Mais tant qu'on reste au point de vue de la police administrative, on n'a besoin que des deux plus simples agents de la nature ; en mettant Teau partout, en renouvelant l'air constamment^ on doit domi* ner l'infection, parce que l'on parviendra toujours, soit à l'empêcher de se produire, soit à la noyer dans un courant qui remportera. »

La construction du dépotoir de la Villette a été un service réel rendu à la ville de Paris par M. Mary, service qui n'a peut-être pas été assez apprécié. C'est incontestablement un travail remarquable,

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