CHAPITRE IX. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES ATELIERS
car il y avait de grandes difficultés à vaincre, et le but à atteindre a été obtenu du premier coup.
3174. On désigne ainsi les ateliers dans lesquels on élève les vers à soie ; je ne m'occuperai point des détails de cette opération, je renvoie pour cela aux ouvrages spéciaux sur cette matière et aux mémoires publiés par les sociétés d'agriculture ; je ne parlerai que de la ventilation, Tune des conditions les plus importantes à remplir.
Une magnanerie est une vaste salle, dans laquelle sont placés des claies superposées, convenablement espacées, sur lesquelles les vers à soie se développent pendant une durée qui varie de 40 à 47 jours. M. Darcet et M. Robinet se sont occupés avec soin et talent de la disposition du chauffage et de la ventilation des magnaneries. Dans la disposition proposée par M. Darcet, les claies occupent toute la hauteur de la pièce, qui est divisée en trois étages par des planchers disposée seulement autour des claies, et ayant pour objet de faciliter le travail des ouvriers ; un calorifère placé au-dessous de la pièce amène, au niveau du plancher de la magnanerie, de Tair chaud qui pénètre par un grand nombre d'orifices placés au-dessous des claies ; Tair chaud s'élève ensuite jusqu'au plafond qu'il traverse par un grand nombre d'orifices aboutissant dans un grand canal qui débouche dans la cheminée du calorifère ; suivant la température extérieure et l'âge des vers, l'air est plus ou moins échauffé ; la ventilation peut être activée par l'appel d'un ventilateur placé dans les combles. Ce mode de ventilation a plusieurs graves inconvénients : l'air chaud s'élève nécessairement par les chemins qui présentent le moins de résistance, et les claies supérieures ne reçoivent que de l'air déjà vicié par son passage à travers les claies inférieures, et si la magnanerie n'est pas divisée en plusieurs étages par des planchers qui obligent l'air à traverser les claies, l'air s'élèvera autour, et la ventilation, quoique très-puissante, n'agira nullement entre les claies.
3175. Plus tard, M. Aribert a employé un autre mode de ventilation qui parait avoir donné de très-bons résultats ; cette nouvelle disposition, qu'il désigne sous le nom de ventilation renversée, consiste à faire arriver l'air chaud par un grand nombre d'orifices placés dans le plancher, l'air froid par des orifices placés dans le plafond, et à faire sortir Tair par des cheminées d'appel dçnt les orifices d'accès
sont au niveau du plancher ; les orïfices d'accès de Tair chaud et de l'air froid peuvent être réglés à volonté.
3176. Pour comprendre les effets produits par cette disposition, il faut examiner deux cas : l"" celui où la magnanerie est disposée d'après la méthode de M. Darcet, où elle a plusieurs étages de planchers qui occupent les intervalles entre les piles de claies, de manière que Tair dans son mouvement de haut en bas ou de bas en haut soit obligé de les traverser ; 2*" celui où les espaces qui séparent les piles de claies sont libres de haut en bas. Dans le premier cas, quand la ventilation a lieu seulement par de Tair échauffé, il se produit deux courants dans lesquels Tair doit être plus vicié que quand il s'écoule par le haut, à moins cependant que la ventilation ne soit beaucoup plus grande ; quand la ventilation a lieu par de Tair froid marchant de haut en bas, Tair est nécessairement vicié dans sa marche comme quand l'air chaud s'écoule de bas en haut ; quand la ventilation a lieu à la fois par de l'air chaud et par de l'air froid, il y a des courants qui tendent à marcher en sens contraire, et on ne peut pas prévoir ce qui se passerait. Mais quand les espaces qui sépareilt les piles des claies sont libres ; si la ventilation a lieu seulement par l'air chaud, il s'élèvera entre les piles, et en descendant, il se répandra uniformément dans toute la section de la magnanerie, et la ventilation sera très-efficace ; elle le sera moins quand elle sera uniquement produite par de l'air froid marchant de haut en bas, parce que cet air s'écoulera presque uniquement dans les intervalles des piles ; enfin, si la ventilation avait lieu à la fois par de l'air chaud et de l'air froid ; elle serait probablement encore très-efficace parce que les deux courants descendants se propageraient partout.
3177. A mon avis, aucun de ces modes de ventilation ne renouvelle sûrement l'air qui se trouve entre les claies, et on n'y parviendi:a qu'en faisant mouvoir l'air horizontalement, attendu que Tair éprouve trop de résistance à traverser les claies, qui en général sont couvertes de feuilles de mûrier. La disposition qui serait la plus convenable consisterait à diviser la magnanerie par des planchers occupant les espaces qui séparent les piles de claies, et à construire contre les murs latéraux, en face, deux cloisons distantes des murs de 0"',2S à 0"',30 formées de planches horizontales non jointives ; ces deux cloisons formeraient deux caisses communiquant l'une avec la chambre à air chaud, l'autre avec la cheminée d'appel partant du sol ; les ouvertures latérales étant disposées de manière à pouvoir être réglées afin de rendre la ventilation uniforme dans toute la hau-
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teur, il n'y aurait d'autre inconvénient que l'altération de Tair en parcourant chaque rangée horizontale de claies ; mais elle serait faible, car les claies parcourues par le même air seraient seulement au nombre de trois ou quatre. Le calorifère devrait avoir peu de surface de chauffe, parce que la température de l'air de la magnanerie doit être compris entre 16 et 23% que la température de l'air extérieur est toujours supérieure à 6** et que le volume d'air à introduire par heure est de 800 à 4000 mètres cubes par 100 mètres carrés de claies. La cheminée d'appel devrait avoir un foyer spécial, attendu que la chaleur perdue du calorifère est très-variable et que l'appel doit être constant. Les calorifères à tuyaux horizontaux dont la construction est très-simple, qui sont peu susceptibles de réparation devraient être préférés aux autres ; les dimensions de la cheminée d'appel, et la consommation de combustible se déduiraient facilement de ce que nous avons dit précédemment en supposant que la vitesse effective soit réduite à i /3 par les frottements. On a employé, il y a quelques années, des ventilateurs à force centrifuge pour produire la ventilation ; mais^ comme ces appareils étaient mus par des hommes, le prix du travail était à peu près le même que pour une cheminée : mais leur effet devait toutefois être plus efficace ei plus ré* ^ulier.