CHAPITRE X
Ventilation des mines.
3178. La ventilation des mines est nécessaire pour fournir de Tair aux nombreux ouvriers qui travaillent dans les galeries, et en outre dans les mines de houille pour enlever, à mesure de son dégagement, le gaz hydrogène carboné qui se dégage des filons. Les moyens de ventilation sont de deux espèces : des cheminées dans lesquelles l'air est échauffé par un foyer, et des machines aspirantes de différente nature ; dans tous les cas, les travaux souterrains sont disposés de manière que l'air extérieur descend par un puits spécial jusqu'aux galeries les plus profondes, qu'il parcourt pour se rendre dans un autre puits qui communique avec l'atmosphère, dans lequel, ou à l'extrémité duquel, se trouvent placés les moyens d'aspiration. Presque toujours le courant d'air se divise en plusieurs parties qui parcourent simultanément les travaux des différents étages, et dans
586 LIVRE XV. — CHAUFFAGE ET VENTILATION DES LIEUX nABITÉS.
chacun d*eux les galeries ont des directions et des sections si variables, qu'il serait très-difficile de déterminer par le calcul la résistance que Tair doit éprouver pour les parcourir, d'autant plus que les galeries inférieures étant à une température constante, presque toujours supérieure à celle de Tatmosphère, le courant descendant, en s'échauffant, acquiert une force ascensionnelle variable qui s'ajoute aux résistances provenant du frottement et des changements de section et de direction. On peut cependant obtenir une estimation approchée du travail nécessaire à la ventilation, soit par le calcul, soit par la comparaison avec d'autres mines ventilées qui se trouvent dans des conditions analogues. Dans les mines qui ne produisent point de gaz impropre ou nuisible à la respiration, le volume d'air qui doit traverser les travaux doit être au moins de iO mètres cubes par mineur et par heure; pour les autres, et surtout pour les mines de houille, la ventilation doit être plus considérable en raison du dégagement variable du grisou. II est bien reconnu actuellement que les plus forls dégagements de ce gaz correspondent à l'abaissement de la pression atmosphérique. Il y a là un indice qu'il ne faut pas négliger si l'on veut rendre la ventilation effective en toute circonstance.
3179. Dans chaque cas particulier, on peut facilement déterminer l'efTet utile du mode de ventilation. Supposons par exemple qu'on ait observé la diminution de pression intérieure à l'extrémité du puits de sortie de l'air, et qu'on connaisse le volume d'air appelé par seconde, le travail nécessaire à la ventilation sera ph^ p étant le poids de l'air écoulé en une seconde, et h la hauteur d'air correspondant à la pression observée. Supposons ce travail estimé en chevaux-vapeur à raison de 4 kilogrammes de charbon par heure ; l'appel ayant toujours lieu par une certaine consommation de combustible, ou dans une cheminée, ou par un générateur, en retranchant la consommation calculée, on aura la partie de combustible ou de travail résultant des transmissions de mouvement et de la machine ellemême.
Dans un ouvrage de la nature de celui-ci, je ne puis entrer dans les détails du mode de circulation de l'air, de la distribution de Taérage, du volume d'airnécessaire; je renvoie pour tous ces objets aux ouvrages spéciaux, qui traitent de l'aérage des mines. J'ai parlé dans le livre IV des différentes machines employées pour la ventilation en général, et des effets produits par des jets de vapeur ; je rapporterai seulement les résultats des expériences faites en 1844, avec beau-