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CHAPITRE XIII. — RAFRAICHISSEMENT DES ATELIER

la manufacture royale de bougies à Amsterdam. Ce bâtiment a 50 mètres de longueur, 14",50 de largeur et 4'",20de hauteur, son volume est de 3 050 mètres cubes environ ; dans ce bâtiment on introduit des huiles à ta température de ÔO"", au sein desquelles doit se produire une cristallisation d'acidQ stéarique ; la quantité d'huile traitée est de 15 000 kilogrammes par jour. Il s'agissait de maintenir dans l'atelier une température de 12% même pendant les grandes chaleurs de l'été. Pour y arriver, MM. Mignon et Rouart ont employé un de leurs appareils (2325), produisant 60 000 calories négatives à l'heure ; l'air était introduit par pulsion^ au moyen d'un ventilateur fournissant 20000 mètres cubes à l'heure, dans un appareil refroidi sseur, ou l'échange de chaleur se faisait entre l'air et une dissolution de chlorure de calcium refroidie par son passage à travers l'appareil frigorifique. Pour obtenir un échange rapide de la chaleur, il fallait multiplier les surfaces de contact entre l'air etrle liquide ; pour cela, on a disposé un cylindre vertical isolé autant que possible pour parer au réchauffement et divisé en compartiments par des diaphragmes fixés au cylindre et percés en leur centre ; le cylindre est traversé par un axe qui porte des disques horizontaux ; il y a un de ces disques dans chacun des compartiments du cylindre ; on fait arriver le liquide à la partie supérieure du cylindre et l'air en bas, de façon à avoir un refroidissement méthodique ; le liquide est divisé et par son écoulement sur les diaphragmes montés sur le cylindre et sur les disques montés sur l'axe, et par le mouvement de rotation de l'axe dont l'action centrifuge rejette le liquide des disques vers les parois. La température de l'air se trouve abaissée de 10° dans cet appareil.

3210. Nous ne parlerons que pour mémoire de moyens divers qui peuvent être employés éventuellement pour obtenir un faible abaissement ou un abaissement passager de la température. M. Freycinet . cite, dans son rapport, l'arrosage du toit eit des murs d'ateliers de la filature de Brunswick Mill à Manchester au moyen de jets d'eau placés dans la cour et qu'on peut mettre en activité en ouvrant un robinet ; il parait qu'on obtient aussi un rafraîchissement sensible, mais qui n'a pas été mesuré.

3211. M. le général Morin, dans une note placée à la fin de son Manuel de chauff'age et de la ventilation, insiste fortement sur l'emploi d'un moyen qui consisterait à faire passer l'air, avant son introduction dans les salles à rafraîchir, à travers des puits, des caves ou des galeries, pratiqués sous le sol. S'appuyant sur ce que la tempe-

rature du sol à quelques mètres de profondeur est généralement égale à peu près à la température moyenne du lieu, à Paris, par exemple, H"* environ, et supposant que Tair qui les aura traversés prendra cette température de i 1** d'une façon permanente, il donne un exemple des calculs à faire pour déterminer la quantité d'air nécessaire à produire un refroidissement donné. Il cite de plus quelques exemples d'un rafraîchissement obtenu par ces procédés, entre autres, le cabinet de la direction du Conservatoire des Arts et Métiers refroidi par l'introduction de l'air des caves du Conservatoire à raison de 500 ou 600 mètres cubes à l'heure, et le laboratoire de M. H. Deville qui emprunte l'air aux caves de l'École normale.

3212. Sans dénier absolument une efficacité quelconque à ce procédé, il nous sera permis de mettre en garde ceux qui seraient tentés de l'employer contre les insuccès auxquels il pourrait mener ; si, en efTet, on peut obtenir le rafraîchissement continu de faibles espaces lorsqu'on dispose de caves considérables comme celles du Conservatoire ou celles de l'École normale, ou si avec des caves d'étendue relativement restreinte on pourra encore espérer quelque rafraîchissement de l'air lorsqu'on n'aura à le produire que pendant une partie très-limitée de la journée, il n'est pas moins vrai que dans le cas d'espaces un peu considérables à rafraîchir, et quand le rafraîchissement devra être continu, l'action des caves aura bientôt cessé de se faire sentir parce que les parois se mettront en équilibre de température avec l'air ambiant au bout de très-peu de jours. La solution présentée par le général Morin, si elle pouvait être généralisée, permettrait de se passer du chauffage en hiver et de se rafraîchir en été en se maintenant à une température constante, sans autre dépense que celle de quelques becs de gaz, cette solution serait certainement séduisante si elle était réalisable ; mais il n'en est pas ainsi et elle doit être limitée aux cas très-spéciaux que nous avons indiqués.

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