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CHAPITRE XIV. — EXAMEN RÉSUMÉ DES LIEUX HABITÉS

est effectuée. Elle ne sera pas la même non plus si les lieux ventilés sont habités par des hommes valides ou malades. Si Ton considère rindividu à Tétat de santé, il exhale par la respiration pulmonaire et cutanée de Tacide carbonique et de la vapeur d'eau, plus une certaine quantité très-faible de substances organiques dont la présence se révèle par Todeur qui se manifeste dans les lieux confinés après un certain temps qu'on y a respiré.

3214. L'air qu'on doit fournir à la respiration doit être le plus pur possible, de là la nécessité d'évacuer l'air vicié. Mais, quelque active que soit la ventilation, les produits de la respiration se mêlent à l'air ambiant et le premier problème à résoudre consisterait à déterminer la proportion limite de l'acide carbonique, de la vapeur d'eau et des autres produits de la respiration dans Tair respirable. En ce qui concerne l'acide carbonique et la vapeur d'eau, s'ils étaient seuls, on pourrait arriver pour le premier à une proportion de quelques centièmes, pour la seconde à la saturation, sans qu'il en résultât d'inconvénients sérieux ; mais ces gaz sont, comme nous l'avons dit, accompagnés de matières organiques qui fermentent et s'altèrent d'autant plus rapidement que la température de la salle est plus élevée, et c'est là surtout l'élément dont il y a lieu de tenir compte, et c'est aussi celui sur lequel on n'a aucune donnée précise. La proportion d'acide carbonique qui accompagne toujours celle des matières organiques et qui doit lui être sensiblement proportionnelle, si l'on considère des individus à l'état sain, pourra être prise pour mesure de celles-ci, et on pourra déterminer une limite de la quantité d'acide carbonique que l'on ne devra pas dépasser dans Tair respirable ; mais, ici encore, il y aura lieu de distinguer suivant que la salle sera ou non ventilée ; la fermentation et l'altération des matières organiques est non-seulement une question de température, mais encore une question de temps, et si l'on suppose une salle sans ventilation dans laquelle, par un séjour plus ou moins prolongé, Tair arrive à obtenir cette limite, l'air qu'on y respirera après une longue durée de séjour sera certainement plus malsain que celui d'une salle plus petite, mais ventilée, dans laquelle le renouvellement de l'air convenablement effectué n'aura laissé séjourner les miasmes que pendant un temps relativement court ; disons qu'il y a là un élément dont il est à peu près impossible de tenir compte, mais qui suffit pour montrer que la limite à laquelle on peut s'élever dans le cas d une ventilation active est plus élevée que celle qu'on doit prendre dans le cas d'une salle non ventilée. A cet égard, il est ce-

pendant un moyen qui peut servir de guide ; c'est Todeur que prend Fair dans une salle où ont séjourné une ou plusieurs personnes après un certain temps ; il est important de ne pas laisser produire cette odeur. Or la quantité d'acide carbonique pour laquelle cette odeur se produit est variable avec les conditions de l'observation ; ainsi, d'après M. de Chaumont, cette odeur se produirait lorsque la proportion d'acide carbonique dans Tair est de 0,0008 en volume, M. Pettenkofer, et avec lui M. Lenz, de Saint-Pétersbourg, admet qu'on peut aller sans inconvénients jusqu'à 0,001 ; bon nombre d'ingénieurs et d'hygiénistes admettent même qu'on pourrait porter cette proportion au delà ; mais il n'est pas douteux que dans des lieux ventilés on puisse prendre la limite de 0,001 en volume. Or, l'air contient à l'état normal de 0,0004 à 0,0006 en poids d'acide carbonique, soit de 0,0003 à 0,0004 en volume ; MM. Boussingault et Lewy ont trouvé pour l'air de Paris 3,190 sur 10 000 volumes, et à Andilly près Montmorency 2,989 on peut donc admettre comme proportion permanente dans les villes 3 pour 1 0 000 en volumes ; ces nombres permettent de calculer avec la plus grande facilité la quantité d'air à fournir dans le cas d'une ventilation permanente, si l'on connaît d'ailleurs la quantité d'acide carbonique qui peut être produite par un homme adulte dans un temps donné. Or, d'après M. Dumas [Essai de statique chimique des êtres organisés)^ le nombre des expirations étant de 16 à 17 par minute, chacune de un tiers de litre environ, et la proportion d'acide carbonique dans cet air étant de 0,04 environ (1), la production d'acide carbonique serait de 306 litres par vingt-quatre heures, soit 1 3 litres environ par heure ou 0"*,01 3. A l'état permanent, par conséquent, la ventilation devra être telle que, l'air entrant avec 0,0003 d'acide carbonique et sortant avec 0,001 de ce même gaz enlève 0"*,013 de ce produit par heure et par homme; chaque mètre cube enlevant 0,0007 ; le volume d'air à introduire par

homme et par heure sera de j^~^ = 18'"*,5 soit 19 mètres cubes ; si

on admet avec MM. Andral et Gavarret que la production d'acide carbonique d'un homme adulte est de 0",020 par heure, le volume

d'air à introduire sera ^^ = 28'»%6.

321S. Dans un mémoire présenté à l'Académie des sciences le

(1) Doyère, dans son mémoire sur la respiration et la chaleur humaine dans le choléra donne, pour la composition de Tair expiré à l'état normal, la proportion de 0,0044 d'acide carbonique ; si l'on en retranche les 0,0003 que contenait Fair impur, il reste 0,0041.

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