CHAPITRE XIV. — EXAMEN RÉSUMÉ DES LIEUX HABITÉS
d'une pression de quelques centimètres d'eau dans le gazomètre, on obtient cependant, sur tout le parcours et jusqu'à rextrémité, une vitesse notable de sortie par les orifices presque capillaires de tous les becs.
5231. Orifices d'introduction et de sortie de C air de ventilation. Il y a, relativement à ces orifices, deux problèmes particuliers à résoudre : le premier est relatif à la section qu'il convient de leur donner, le second à la place qu'ils doivent occuper dans les parois de la pièce à ventiler.
3232. Quant à la section, il sera important de la prendre toujours suffisante pour que la vitesse de l'air, à son entrée ou à sa sortie, ne soit pas trop considérable ; c'est surtout pour les orifices placés à proximité des personnes qui occupent la salle que cette condition est nécessaire. On ne devra pas prendre, en général, de vitesse supérieure à un mètre. On a vu les résultats excellents obtenus au théâtre de l'Opéra de Vienne, en calculant les orifices d'accès de façon à ce que la vitesse de l'air neuf ne dépasse pas O'",30 par seconde.
3233. La position qu'il convient de donner aux orifices d'accès ou de sortie de Tair varie suivant les conditions où l'on se trouve. On admet généralement qu'il y a lieu de modifier la position des orifices de sortie suivant la saison. En été, l'air frais introduit à la partie inférieure de la salle, échauffé par la présence des personnes ou des appareils d'éclairage, prendra un mouvement ascendant, en vertu de sa diminution de densité, et on fera sortir l'air vicié par le haut. En hiver, l'air neuf, plus chaud que celui de la salle, étant introduit vers le bas ou à une certaine hauteur au-dessus du sol, s'élèvera rapidement au plafond, et, pour ramener l'air pur en contact avec les organes respiratoires des assistants, il faudra placer les orifices d'évaporation à la partie inférieure : l'air, en se refroidissant, descendra en couches sensiblement isothermes jusqu'aux orifices de sortie.
3234. L'air de la respiration étant à une température sensiblement plus élevée que celle de la salle, les produits expirés s'élèvent avec une assez grande vitesse vers le plafond, où tend à se rendre par conséquent l'air vicié dans tous les cas. La ventilation d'été, disposée comme nous l'avons dit, ne laissera rien à désirer, puisque le courant d'air neuf, arrivant constamment à la hauteur des organes respiratoires des assistants, enlèvera dans son parcours l'air vicié qui suivra le môme chemin et ne pourra plus faire retour vers les poumons des personnes présentes. Il n'en est plus de même dans le
cas de la ventilation d'hiver, pour laquelle l'air chaud et neuf qui s'élève, entraîne avec lui les produits de la respiration pulmonaire et cutanée et les ramène ensuite vers le bas, c'est-à-dire fait respirer à nouveau un air partiellement vicié.
3235. Il serait assurément désirable qu'il n'en fût pas ainsi et on pourrait s'arranger de façon à conserver en toute saison les dispositions indiquées pour la ventilation d'été; il suffirait pour cela de faire arriver l'air dans la salle à une température un peu inférieure à celle qui doit être la température normale de la salle, en compensant la quantité de chaleur perdue par les murs et en suppléant à celle qui manque à l'air neuf au moyen de surfaces de chauffe apparentes et non ventilatrices, placées dans la pièce.
Il nous paraît donc convenable de faire, dans tous les cas, arriver l'air neuf au plus près des personnes présentes et d'éloigner les orifices d'évacuation. Il est évident qu'en faisant l'inverse, et c'est ce que l'on fait" souvent, c'est de l'air vicié déjà qu'on fournit à la respiration. Les dispositions que nous recommandons, appliquées au théâtre de l'Opéra de Vienne, ont eu pour effet de placer, les auditeurs dans un bain d'air neuf et constamment renouvelé, ce qui constitue évidemment la meilleure condition de bien-être.
3236. Si les éléments du problême paraissent assez simples et permettent de le résoudre à priori^ quand il s'agit de salles habitées par des personnes à l'état de santé, il n'en est plus de même lorsqu'il s'agit de l'air des salles d'un hôpital. Dans ce cas, interviennent les germes morbides qui flottent dans l'air et qui doivent être entraînés dans le courant de la circulation de l'air. C'est peut-être parce qu'on n'a pas suffisamment considéré ce côté du problème que la ventilation des hôpitaux ne parait pas avoir eu, au point de vue de la mortalité dans ces établissements, des résultats aussi satisfaisants qu'on, aurait pu le désirer. L'air, en effet, dans l'intérieur des salles, ne possède qu'un mouvement très-lent ; les corpuscules morbides qui s'y trouvent flottent et peuvent, obéissant à leur poids, retomber peu à peu ou même se maintenir à l'état d'équilibre et s'accumuler dans la pièce, sans être évacués. Dans ce cas, la détermination, à priori^ de la position des orifices d'arrivée et de sortie de l'air nous paraît impossible et ce n'est qu'au moyen d'expériences suivies et variées qu'on pourrait obtenir une solution exacte du problème.
3237. Prises (Pair, Les prises d'air neuf devront toujours être établies sur un point complètement à l'abri de toute espèce d'éma-