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CHAPITRE PREMIER

Considérations générales.

2J79. Le but qu'on se propose, en échauifant les corps solides, est quelquefois de les employer à chauffer d'autres corps, ou par leur contact, ou par leur rayonnement; mais le plus souvent on a pour objet de produire la fusion de ces corps, ou certaines actions chimiques.

Dans chaque cas particulier, la nature et la forme des appareils que Ton peut employer dépendent de la nature des corps sur lesquels on opère et de l'effet qu'on veut produire. L'examen de tous les cas qui peuvent se présenter nous obligerait à entrer dans des spécialités qui sont hors de l'objet de cet ouvrage. Nous nous contenterons d'exposer des considérations générales que nous appliquerons ensuite à quelques cas particuliers.

2180. Dans presque tous les fourneaux où l'on soumet les corps à une haute température, l'air brûlé est abandonné, du moins à la fin de Topération, à une température supérieure à celle des corps chauffés. On n'utilise alors qu'une très-faible partie de la chaleur développée. Par exemple, dans les cubilots destinés à la fusion de la fonte, on emploie 0*,15 de coke pourfendre 1 kilogramme de fonte, c'est-à-dire environ 1200 unités de chaleur; or, d'après une expérience de Clément, 1 kilogramme de fonte en fusion projeté dans 20 kilogrammes d'eau, en élève la température de U*"; ainsi la quantité de chaleur nécessaire pour chauffer et fondre ensuite 1 kilogramme de fonte est 14 x 20 = 280 unités, et par conséquent la

chaleur utilisée dans les fourneaux à fondre la fonte est —— = 0,23

de la quantité totale de chaleur développée.

2181. Dans la plupart des usines, TutiUsation de la chaleur perdue est d'une haute importance, parce que la dépense de combustible entre toujours pour une forte proportion dans le prix de revient des produits, et que partout où la consommation de combustible est considérable, une économie sur cette dépense est un bénéfice notable immédiatement réahsé.

Dans les fourneaux à haute température, il y a réellement deux espèces de perte de chaleur : celle emportée par Tair brûlé en pénétrant dans la cheminée, et celle que possède à sa sortie du fourneau le corps solide échauffé , qu'il faut souvent faire refroidir en perdant toute la chaleur contenue dans sa masse.

Sans rien changer aux dispositions des appareils, on peut utiHser la chaleur de Tair brûlé sortant du fourneau à différents usages ; pour chauffer des chaudières à vapeur, des étuves, des séchoirs, des ateUers, etc., en lui conservant une température seulement suffisante pour le tirage. On peut aussi, dans certaines circonstances, disposer les appareils de manière que le corps solide à chauffer marche en sens contraire de Tair brûlé; par cette disposition, qu'il faut adopter toutes les fois que ce sera possible, l'utilisation consiste dans le commencement du chauffage du corps sohde lui-même.

2182. Quant à Tutilisation de la chaleur contenue dans le corps échauffé, lorsqu'il doit être refroidi, elle est plus difficile ; cette chaleur pourrait être, dans certains cas, employée, en partie du moins, par l'intermédiaire d'un courant d^air, à commencer réchauffement du corps solide. On peut aussi en utihser une partie pour échauffer l'air d'alimentation du foyer.

2183. Dans tous les cas, il faut chercher à rendre le travail continu afin d'éviter les pertes de chaleur qui ont lieu à chaque interruption par le refroidissement des appareils.

2184. L'utilisation des chaleurs perdues présente quelquefois de& difficultés, par la compUcation des appareils; d'autres fois on n'a pas l'emploi utile de cette chaleur; mais ces cas sont rares et il y a réellement peu d'usines dans lesquelles un ingénieur intelligent ne puisse réaUser d'importantes économies de combustible.

2185. Les principes généraux que je viens d'exposer trouvent leur appUcalion dans un grand nombre d'industries ; et il est impossible de les passer toutes en revue. Beaucoup, telles que le traitement des mé-

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