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CHAPITRE II

Fours à chanx.

2186. La chaux s'obtient, comme on sait, en calcinant à une assez haute température la pierre calcaire (carbonate de chaux), composée de 0,56 de chaux et de 0,44 d'acide carbonique quand elle est pure. Sous l'influence de la chaleur, l'acide carbonique se dégage et, d'après une opinion assez généralement admise, la décomposition serait considérablement favorisée par un faible courant de vapeur d'eau.

On emploie presque toujours pour la cuisson de la chaux des fours qu'on peut classer en fours intermittents et en fours continus.

Pours intermittents.

2187. Un four intermittent assez généralement employé pour la fabrication de la chaux sur une petite échelle consiste en un four ovoïde, revêtu intérieurement d'une enveloppe en briques réfractaires. Il est percé d'une porte au niveau de sol. Pour cuire la chaux, on construit à la partie inférieure, avec les pierres calcaires les plus grosses, une voûte ; on dispose les autres aussi également que possible, en ayant soin d'employer des pierres de plus en plus petites. Le combustible, qui est le plus souvent du bois en fagots, est jeté sur le sol, sous la voûte, et la combustion est alimentée par l'air qui pénètre par la porte latérale. Au bout de trois ou quatre jours, la cuisson est terminée et on procède au défournement. On laisse refroidir le four et on le recharge ensuite de la même manière.

Il y a par cette méthode une grande perte de chaleur, à la fin de chaque opération, car il est nécessaire de porter à une température élevée les pierres qui se trouvent à la partie supérieure, et pendant ce

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temps les gaz s'échappent h peine refroidis. C'est afin de diminuer la durée de cette période qu'on a soin de placer dans le haut les pierres les plus petites.

2188. On ne peut, avec cette disposition, brûler que des fagots ou du bois, et encore la combustion est-elle nécessairement imparfaite, et la consommation de combustible considérable. On pourrait

^ remédier à ces inconvénients en pla-

çant une grille à la partie inférieure du four, et la âgure 577 représente celte modification qui permettrait l'emploi de toute espèce de combustible et produirait un meilleur effet utile.

Afin d'éviter la perte considérable qui résulte de la haute température des gaz à la sortie, pendant la dernière période , on a construit des fours doubles qui se composent de p. ^.^ deux fours ordinaires superposés et

séparés par une voûte à claire-voie.

On utilisait alors le four supérieur pour la cuisson de la brique ou

toute autre opération.

2189. Tous les fours intermittents ont les mêmes vices de principe qui occasionnent des pertes de chaleur impossibles à éviter. La totaUté de la chaleur renfermée dans la chaux cuite et dans les gaz qui s'échappent est perdue, et il en est de même de celle qui se trouve dans la masse de maçonnerie, car on est obligé d'attendre, pour procéder à un nouveau chargement, que le four soit refroidi. C'est dans le but d'éviter ces pertes de chaleur, qui ne laissent pas que d'être considérables, que l'on a été conduit à employer des fours continus.

tmrm à fen cobIImb.

2190. Les fours continus ou fours coulants peuvent être disposés de deux manières différentes. Dans le premier système, le combustible est mélangé avec la pierre calcaire; dans le second, il est bi"ûlé dans des foyers latéraux.

Les fours du premier système ont en général la forme troncconique, quelquefois cylindrique ou légèrement ovoïde. A la pariie inférieure se trouvent un certain nombre d'ouvertures pour le défour-

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