CBAPITRK II. — FOURS A CHAUX
nement. On fermeté bas du four avec une grille à barreaux mobiles pour qu'on puisse prendre la chaux également sur toute la surface, ce qui rend la descente des charges régulières. La pierre à chaux et le combustible, qui est en général de la houille maigre, des anthracites ou du coke, se chargent par le gueulard, par couches alternatives aussi uniformément que possible, en ayant soin toutefois de ne pas mettre de charbon vers les parois, car c est dans ces parties que passent surtout les produits de la combustion. Les épaisseurs des couches doivent être déterminées de telle sorte que le combustible soit seulement suffisant pour calciner la couche supérieure de calcaire, et pour que la combustion d'une couche de houille ne commence que lorsque celle de la couche au-dessous est près de finir. La première condition est indispensable pour qu'il ne se brûle pas du charbon inutilement, et la seconde pour éviter la production de l'oxyde de carbone, ou que la chaux ne soit pas trop cuite. Le règlement des couches nécessite donc pour chaque combustible un tâtonnement qui demande à être fait avec intelligence. Dans tous les cas, il est important que la couche de combustible ne soit pas trop épaisse ; on obtient ainsi une cuisson plus égale ; l'épaisseur sera le plus souvent de 0",1 à 0",2 ; on ne devra jamais dépasser 0", 3 ; il sera bon dans le chargement de prendre soin de placer d'abord sur la couche de combustible les plus gros morceaux dé calcaire.
Le défournement de la chaux doit être réglé de manière que la zone de grand feu se trouve environ aux deux tiers de la hauteur à partir du sol. La chaux pendant la descente trouve ainsi le temps de se refroidir à peu près complètement au contact de l'air qui vient alimenter la combustion et il en résulte deux avantages : il y a d'abord économie dans la consommation de combustible et ensuite le travail des ouvriers employés au défournement est rendu beaucoup moins pénible.
2191. L'emploi des fours continus semble au premier abord nécessiter une production régulière de chaux, mais il n'en est pas ainsi. La zone de combustion peut varier dans certaines limites de hauteur sans qu'il en résulte d'excès sensible de consommation. On peut, par exemple, si l'on ne veut pas travailler le dimanche, défourner le samedi une plus grande quantité qu'à l'ordinaire, ce qui fera baisser la zone de combustion ; dans la journée du dimanche elle se relèvera peu à peu, et, si l'on a opéré convenablement, on se retrouvera le lundi dans les conditions normales. Mais, en général, an préfère suspendre le courant d'air le dimanche ; cette suspension
peut même durer plusieurs jours. Elle s'effectue simplement en recouvrant la partie supérieure de cendres de chaux que l'on tasse bien et que l'on arrose d'eau au besoin. L'emploi des portes à la partie inférieure gêne constamment le déchargement, et la fermeture par le bas, fût-elle même parfaitement étanche, n'empêche jamais aussi bien les mouvements d'air à l'intérieur qu'un bouchage bien fait par le haut.
La hauteur des fours varie de 6 mètres h 15 mètres et même n mètres. Le plus grand diamètre est environ le tiers de la hauteur. Dans les fours où l'utilisation est aussi bonne que possible, I kilogramme de combustible, anthracite ou coke, peut cuire de 12 à 14 kilogrammes de pierre calcaire.
2192. Les figures 578 et 579 représentent un four à chaux du se- ^^ cond système dans lequel le combus-
tible est brûlé dans quatre foyers latéraux. La chaux se retire par quatre ouvertures placées entre les foyers et à quelques mètres plus bas, et on recharge en même temps le four, de manière à ce qu'il soit constamment rempli : par cette disposition, on peut obtenir une bonne combustion et la régler à volonté dans les différentes parties, ce qui est difficile avec les fours à couches alternatives ; l'air brûlé se dissémine assez uniformément dans la masse de pierre à chaux , et si le four a une hauteur sufGsante, il pourra se dégager à une température peu éle- ~ vée ; mais il y aura nécessairement une grande perte de chaleur pendant les défouraements par le grand volume d'air froid qui pénètre dans %. sTg et ST9. '^ '^^"'' pendant que les portes de
sortie de la chaux sont ouvertes.
Le four que nous venons de décrire présente l'avantage de permettre l'emploi des combustibles végétaux ou des houilles flambantes, en appropriant le foyer h chaque combustible ; mais la chaux est extraite à la plus haute température qu'elle ait éprouvée, et,