‹ Traité de la chaleurChapitre 50 sur 301 · CHAPITRE IV,— FOUBS A BBIQUE3 IT A POTERIES · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV,— FOUBS A BBIQUE3 IT A POTERIES

bile sur un chemin de fer peut être amené devant des ouvertures pratiquées sur les faces verticales internes du canal constituant le four, et fermées par des registres quand le foyer est retiré ; d'autres ouvertures sont destinées à l'enfournement et au défoumement ; des registres convenablement placés permettent de faire parcourir à l'air brûlé un certain chemin avant de l'abandonner dans l'une des deux cheminées, et d'appeler de l'air extérieur qui s'échauffe en traversant les briques cuites et chaudes pour passer ensuite à travers les briques qui viennent d'être enfournées. 1^ figure 582 représente une coupe verticale de cette disposition de l'appareil ; A foyer mo-

bile ; B, fi' four; C, C canal de ceinture qui conduit l'air brûlé aux cheminées; D, D' cheminées ; E,E' séchoir. Ce four, qui n'a élé essayé que sur une petite échelle, occupe beaucoup d'espace et doit être d'un service peu commode. La manœuvre du foyer mobile, qui se trouve nécessairement à une température Irès-élevée, doit présenter en outre de sérieuses difficultés. 2212. On a imaginé un système de four qui réalise d'une autre fa-

çon le principe d*utiIisation de toutes les chaleurs. Il se compose d'un canal en maçonnerie, légèrement incliné, dans l'intérieur duquel roulent sur un chemin de fer des wagons chargés de briques ou de tuyaux à cuire. Le foyer, qui se trouve placé latéralement au tiers environ de la longueur, est alimenté par Tair qui a refroidi les briques cuites placées dans le premier tiers du canal ; les produits de la combustion chauffent les briques qui se trouvent dans les deux autres tiers avant de se rendre à la cheminée qui produit Tappel. Un système de doubles portes placées aux extrémités permet d'introduire ou de retirer les wagons sans que l'accès de l'air extérieur ou la sortie des gaz puisse se faire. Malgré toutes les précautions prises, le matériel exige nécessairement des soins continuels et un entretien coûteux. De plus, les gaz brûlés ne sont pas employés le mieux possible dans un canal, où, latéralement et à sa partie supérieure, se trouvent nécessairement des espaces vides. Enfin, ce genre de fours offre au refroidissement extérieur une surface énorme.

Tous ces fours continus ne peuvent s'appliquer qu'à des fabrications considérables ; les petites industries sont nécessaires pour les campagnes, et d'ailleurs, dirigées par des gens intelligents, elles peuvent, comme nous l'avons dit, donner de bons résultats.

2213. Fours à porcelaine. — Ces fours sont à deux ou trois étages, que l'air brûlé parcourt successivement de bas en haut ; les deux premiers donnent ce qu'on appelle le grand feu, le dernier le dégourdi. Le four est chauffé par quatre ou six foyers extérieurs qu'on désigne sous le nom d'aiandiers. Ces foyers sont à bois et à flamme renversée ; ils se composent d'un espace rectangulaire terminé à la partie inférieure par une grille, où l'on place le bois^ et qui communique avec le four par un grand nombre de petits orifices ; l'air extérieur entre dans le foyer par la partie supérieure de l'alandier. Les étages étant remplis de pièces de porcelaine renfermées dans des vases en terre réfractaire appelées gazettes, on commence la cuite par le petit feu, qui consiste à brûler des bûches un peu grosses placées au fond de l'alandier ; ce chauffage conduit avec gradation dure de seize à vingt heures. Lorsque le four est convenablement échauffé, on commence le grand feu en remplissant les alandiers de bois refendu. Pendant toute la durée du chauffage, les gaz brûlés passent des alandiers dans le premier four, du premier dans le second par les orifices percés dans la voûte, et de ce dernier dans i'air par une ouverture garnie d un registre qui permet de régler le tirage. La seconde période de chauffage dure de dix à douze heures. Depuis

CriAPITKE V. — CHAUFFAGE DES CORPS SOLIDES PAR LA VAPEUR. 93

quelques années, la substitution de la houille au bois a produit une économie de plus de moitié dans la dépense de combustible ; les foyers à bois sont remplacés par des foyers à houille qu'il est nécessaire de rapprocher davantage autour du four; dèsTabord on ne put employer la houille pour la porcelaine très-fine, qui sous son influence prenait une teinte jaune ; actuellement on emploie la houille dans tous les cas,*t)u à peu près.

2214. Cette disposition de four, qui est très-ancienne, est trèspeu favorable à l'uniformité de la distribution de la chaleur dans les fours, parce que Tair chaud tend à s'élever par les chemins les plus courts et de moindre résistance; et par suite elle est peu favorable à l'économie du combustible. Il faudrait évidemment, d'après ce que nous avons dit précédemment, que l'air chaud cheminât de haut en bas dans chaque four. Le problème n'est pas encore résolu, et il est probable que sa solution complète se trouve dans l'emploi des foyers à gaz.

2215. M. Booth, de Londres, a pris, en 1849, un brevet d'invention pour un four h poteries, disposé d'une autre manière. Le foyer est au-dessous du four, et l'air brûlé s'élève à sa partie supéiieure par une cheminée centrale, ouverte en dessus et percée latéralement d'un grand nombre d'orifices ; l'air chaud s'écoule par de petites cheminées qui s'ouvrent à la partie inférieure du four ; un peu audessus de la grille se trouvent des tuyaux d'admission de Tair extérieur dont on fait varier l'ouverture pour régler la température de l'air brûlé. Cette disposition est bonne en principe, mais il est inutile que la cheminée d'admission de l'air brûlé dans le four soit percée latéralement, et il faudrait placer à la suite, ou en dessus, plusieurs autres fours dans lesquels l'air brûlé marcherait de haut en bas avant de se rendre dans la cheminée extérieure, afin d'utiliser une grande partie de la chaleur.

Page 1