CHAPITRE V
Ghanflàge des corps solides par la Tapenr surchanlTée.
2216. Une des difficultés du chauflage des corps solides est de faire pénétrer la chaleur au milieu de ces corps ordinairement en fragments. Pour la chaux, le plâtre, et quelques autres corps qui ne sont pas altérés par la fumée, on a effectué ce chauflage avec succès,
comme nous Tavons vu, en faisant passer l'air brûlé au milieu d'eux ; mais quand les opérations sont délicates et exigent des températures sensiblement constantes, et aussi quand on veut recueillir certains produits résultant du chauffage, on ne peut plus se servir de foyers directs ; Pair brûlé exigerait d'ailleurs une force motrice assez considérable pour traverser des matières très-divisées, comme le noir animal, par exemple. La vapeur surchauffée peuttlans ces cas-là rendre de véritables services.
2217. Si de la vapeur d'eau s'écoule d'un générateur par un tube environné d'air brûlé sortant d'un foyer, il est possible de lui donner une haute température, sans changer sensiblement sa tension. Cette vapeur peut alors être employée avec avantage pour chauffer certains corps, et plus spécialement les corps solides, à cause de la grande capacité calorifique de la vapeur d'eau, et surtout parce que, ne renfermant point d'oxygène libre, elle n'exerce aucune des actions chimiques que produirait l'air chaud, même quand il a servi à la combustion, attendu qu'il n'est jamais alors entièrement dépouillé d'oxygène.
2218. Ce mode de chauffage, imaginé par MM. Laurens et Thomas, a reçu d'assez nombreuses applications dans diverses industries.
Après avoir, dès l'origine, employé, pour surchauffer la vapeur, des serpentins en tuyaux de fer étiré, ces ingénieurs adoptèrent un appareil en fonte qui a l'avantage de présenter une plus longue durée. Cet appareil se compose d'une série de tuyaux droits en ibnte, réunis entre eux par des coudes en fer, tenus à J'abri du contact de l'air brûlé ; dans chacun de ces tuyaux est placé un noyau plein qui constitue un espace annulaire d'une faible largeur que doit parcourir la vapeur à surchauffer. Plusieurs tuyaux sont placés les uns à côté des autres dans un compartiment de four en forme de réverbère, et plusieurs étages de ces compartiments sont établis les uns au-dessus des autres, les tuyaux des différents étages communiquant entre eux. Sous le compartiment du bas se trouve le foyer, et l'air brûlé redescend du compartiment supérieur vers le sol par une gaine qui le conduit à la cheminée. Le nombre de ces compartiments, ainsi que celui des tuyaux, varie suivant l'importance de l'appareil. La vapeur cû^cule dans les tuyaux en sens inverse de l'air brûlé.
La température de la vapeur surchauffée à son entrée dans le récipient qui contient la matière à traiter est ordinairement celle de la fusion du plomb ; sa force élastique n'a pas besoin d'être élevée ; il suffit qu'elle soit de une atmosphère et un quart pour qu'elle