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CHAPITRE IV. — REFROIDISSEMENT DES CORPS, ETC

Dans le voisinage de Boston, c*est dans le courant du mois de février que se fait la principale partie de la récolte ; aux environs de New- York, c'est plutôt en janvier que se fait ce travail ; llsi durée pendant laquelle se fait la récolte dans ces régions ne dépasse pas vingt jours ; pendant cette période le travail se fait jour et nuit.

Au début de Thiver, quand la glace commence à se former, des hommes passent sur sa surface dès qu'elle est assez forte pom* les porter et y pratiquent des trous de distance en distance. Cette opération a pour but d'activer la formation de la glace par le passage de Teau à travers ces trous ; cette eau vient se répandre à la surface et se congèle rapidement ; cette disposition paraît aussi accélérer la formation de la glace au-dessous de la couche.

Il est important d'enlever la neige qui peut recouvrir la glace et qui s'oppose à une marche convenable de la congélation ; cette opération se fait au moyen de râteaux en bois, qui sont traînés par un ou deux chevaux. Si la neige est tombée en si grande abondance qu'elle fait enfoncer la glace, l'eau passe à la surface, se mêle à la neige et il se forme alors de la glace de neige, qui n'est point propre à la vente. Cette neige glacée est enlevée au moyen d'un couteau en acier horizontal fixé à un bâti en fer et traîné par deux chevaux. L'homme qui mène les chevaux est assis sur la machine et en augmente le poids ; on enlève par le passage de ce couteau une lame de neige glacée de 5 centimètres d'épaisseur et de O^'^SS de large ; on renouvelle ce passage autant qu'il est nécessaire.

On commence à couper la glace quand elle a acquis une épaisseur de 0",15au moins ; cette épaisseur est nécessaire pour que la glace puisse porter les machines destinées à l'exploitation et les chevaux qui les mènent; les épaisseurs des blocs obtenus sont variables avec la marche du froid dans la saison ; quelquefois l'épaisseur des blocs obtenus est de 0",50 à 0,60; elle est le plus souvent de 0",30 à 0",40. La glace la plus épaisse est réservée pour l'embarquement ; celle qui l'est moins, pour la consommation sur place.

La surface de la glace étant parfaitement débarrassée de neige, elle est ensuite marquée; cette opération consiste à tracer sur la glace des raies peu profondes, suivant deux directions rectangulaires, de façon à en diviser la surface en carrés de 0"',55 de côté, ou en rectangles de 0",55 surO",65; on trace pour cela deux traits rectangulaires à la main, en faisant passer un ciseau le long d'une règle mise à plat sur la glace, et cela dans toute l'étendue de l'étang; après quoi, on fait passer le marqueur traîné par un cheval et qu'un Péclet. m. 9

homme dirige à la main en se guidant sur les raies déjà faites ; quand la glace a été ainsi divisée par de petits sillons peu profonds, on y fait passer la charrue à glace dont le fer est formé de couteaux verticaux superposés et dont chacun entame la glace de 0",006 environ; on pénètre ainsi dans la glace de O^jOS environ à chaque passage de la charrue ; on attaque ainsi à peu près la moitié de répaisseur de la glace et on achève la séparation au moyen de scies à main ; les morceaux séparés sont amenés au bord en les tirant à la surface de Teau, et placés ensuite sur les plans inclinés qui les dirigent vers les magasins.

2299. Conservation de la glace, — Dans les pays tempérés et dans les pays chauds oii Ton peut recueillir de la glace pendant la saison la plus froide de Tannée, on la conserve dans des espèces de citernes qu'on désigne sous le nom de glacières. Les glacières sont creusées dans le sol ; elles ont en général la forme d'un tronc de cône renversé, dont les parois sont formées d'une maçonnerie épaisse recouverte d'une couche de ciment, de manière que l'eau ne puisse pas les traverser. A la partie inférieure se trouve une grille, et au-dessous un puisard, dans lequel se réunissent les eaux qui proviennent de la fusion de la glace, et d'où elles s'écoulent, soit naturellement à travers les terres, soit par des conduits qui les amènent au jour par une pente continue, quand les glacières sont creusées sur le penchant d'une colline. L'orifice de la glacière est recouvert par une voûte épaisse en maçonnerie, ou par une charpente recouverte de plusieurs couches de chaume. L'entrée est toujours placée au nord ; elle est formée d'un couloir avec une porte à chaque extrémité, et ordinairement entourée d'arbres qui empêchent les rayons solaires d'y arriver. La glace doit être recueilUe pendant un temps sec. On couvre d'abord la grille du puisard, et toute la surface des parois, d'une couche épaisse de paille longue; c'est sur cette couche que Ton place la glace, en la disposant de manière à laisser entre les blocs le moins d'intervalle possible. On peut aussi employer de la neige, mais il faut la comprimer fortement, de manière à former des blocs rectangulaires que l'on serre les uns contre les autres. La glace est ensuite recouverte d'une couche de paille, sur laquelle on met des planches ou des pierres.

2300. Malgré toutes les précautions employées pour empêcher la chaleur des corps environnants de pénétrer dans la glacière, on perd toujours, pendant chaque saison, une partie de la glace, et cette perte, relativement à la masse qui a été recueillie, est tou-

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