CHAPITRE lY. — REFROIDISSEMENT DES CORPS, ETC
liquide coule dans un récipient inférieur, d'où il peut être introduit dans un congélateur placé à côté. Un système de tuyaux et de robinets permet de régler la distribution de Teau, du gaz ou du gaz liquéfié; par l'opération inverse, le congélateur est en communication avec le faisceau tubulaire qu'on refroidit en arrêtant le feu sous la chaudière et en remplissant ensuite cette chaudière d'eau froide. On comprend que le défaut des appareils intermittents consiste dans la perte de chaleur résultant de Tobligation où Ton est de réchauffer et de refroidir successivement les organes de l'appareil ; ce sont des machines dans lesquelles les pertes sont considérables par rapport à TefTet utile.
2325. Quand on veut construire des appareils de plus grande dimension et dans lesquels on recherche une production économique, on est obligé d'avoir recours à la continuité.
Pour se rendre compte de la marche que doit avoir un appareil continu, le mieux est de la déduire de celle d'un appareil intermittent. Cette dernière se compose de deux opérations distinctes l'une de l'autre et accomplies par les mêmes organes :
i"* Chauffage de la chaudière et Uquéfaction du gaz ammoniac dans le congélateur ;
2'' Refroidissement de la chaudière et volatilisation du gaz ammoniac dans le congélateur.
Il en résulte qu'on constituerait un appareil continu au moyen de deux appareils intermittents dont les fonctions chevaucheraient. On voit donc qu'un appareil continu se compose essentiellement de quatre réservoirs accompUssant simultanément les quatre fonctions que nous venons d'énumérer ; il y aura donc :
1* Une chaudière distillant le gaz ammoniac ;
2"" Un liquéfacteur le condensant à l'état liquide au moyen d'un courant d'eau froide et de la pression ;
3* Un congélateur volatilisant le gaz ammoniac Uquéfié et produisant le froid;
4** Un récipient d'absorption dans lequel le gaz ammoniac sera redissous et qu'il faudra également refroidir par un courant d'eau pour enlever la chaleur développée dans la dissolution du gaz.
^ensemble de l'appareil est représenté fig. 595. A est une chaudière cylindrique chauffée au moyen d'un fourneau, mais qu'on peut aussi chauffer au moyen de la vapeur circulant dans un serpentin placé dans la chaudière ; elle contient la dissolution ammoniacale qui en occupe à peu près la moitié de la hauteur ; dans la partie suptcLET. m. 10
périeiire de la chaudière se trouve une série de plateaux de rectification analogues à ceux que nous avons décrits pour la rectification de l'alcool et qui ne laissent arriver au sommet de la chaudière qu'un gaz privé d'eau ; cette chaudière est munie d'un tube à niveau 0-, et d'une soupape de sûreté M ; le gaz qui pourrait s'échapper par cette soupape est dirigé par un tuyau latéral dans le vase N, qui contient de l'eau pour Tabsorber ; le gaz ammoniac sort de la chaudière par un tube a! et se rend au liquéfacteur B, celui-ci est formé d'une caisse dans laquelle circule de Teau froide. Cette caisse contient un certain nombre de serpentins formés de tubes horizontaux et disposés dans un plan vertical ; chacun de ces serpentins aboutit d'une part à un tuyau unique qui reçoit le gaz en a, et d'autre part à un tuyau placé à Tautre extrémité de la caisse et d'où part le tuyau H donnant issue au gaz liquéfié et qui le conduit dans le distributeur d'où il sort en c pour arriver en c' par un tuyau contigu au tuyau de retour de l'ammoniaque volatilisée, et qui même s'enroule autour de celui-ci de façon à produire un échange de température entre les deux fluides qui circulent ; ce distributeur est un cylindre muni à la partie inférieure d'un tube de 1 5 ou 20 centimètres de largeur, et se terminant par une partie d'un diamètre un peu plus étroit fermée à son extrémité inférieure et offrant latéralement une petite ouverture communiquant avec le tube c ; un flotteur léger ouvert à la partie supérieure et fermé à la partie inférieure se termine par un tube percé latéralement d'un orifice correspondant au précédent ; l'ammoniaque liquéfiée coule d'abord entre le vase et le flotteur, puis en dépasse le bord et s'introduit dans celui-ci ; quand la quantité qui se trouve dans le flotteur est suffisante, il descend et, les deux orifices se trouvant alors en regard, l'écoulement de l'ammoniaque a lieu ; si l'ammoniaque s'écoule trop vite, le flotteur se vide, remonte et l'orifice d'écoulement se trouve rétréci ou même bouché. Le flotteur est disposé de façon à ce que l'amplitude-de son mouvement ne dépasse pas 10 à 12 millimètres.
Le tube cd est muni au-dessus du distributeur S d'un robinet qui permet de régler, en l'ouvrant plus ou moins, la différence de pression qui doit exister entre la chaudière, où elle est de huit atmosphères, et les serpentins du congélateur, où elle ne dépasse que très-peu la pression atmosphérique.
L'ammoniaque liquéfiée arrive en c\ dans un autre distributeur S qui a pour but de la répartir également dans les différents serpentins du congélateur C. Celui-ci présente différentes dispositions sui-