GHAP. IV. — CHAUFFAGE DE LIQUIDES PAR ÉCHANGE DE TEMPÉR
En supposant T =70% / = 15, pour
vases, les températures de sortie de l'eau échauffée seraient de
2071 . Quand les appareils sont destinés à produire un échange de chaleur entre deux liquides qui ne produisent pas de dépôts pendant leurs mouvements, ils peuvent être disposés d'un grand nombre de manières différentes ; les plus avantageuses seraient celles dans lesquelles il y aurait le moins de joints, où les mouvements provenant des variations de température pourraient s'effectuer librement. Si la circulation avait lieu verticalement, il faudrait garnir les points culminants de petits tuyaux pour le dégagement de Tair. Il est impossible de déterminer d'avance l'étendue que doivent avoir les surfaces de transmission, pour que l'échange de température entre deux masses liquides connues à des températures également connues ait lieu dans un temps donné ; les phénomènes sont trop compliqués, non-seulement pour être calculés, mais seulement assimilés à ceux qui se produisent dans le chauffage des liquides par la vapeur; mais la durée de l'échange n'est jamais une condition bien importante, pourvu qu'elle ne dépasse pas une certaine limite , qui d'ailleurs peut être prévue par des expériences faites sur une petite échelle.
2072. Dans les brasseries, le moût, après sa cuisson, doit être promptement refroidi. Cette opération s'exécute souvent en le plaçant dans des cuves en bois ou en métal, d'une grande surface, où le liquide n'occupe qu'une petite hauteur, comprise entre O'^ylO et 0",20 ; le refroidissement provient de l'évaporation, du rayonnement et de réchauffement de l'air. Pour activer le refroidissement, on se sert aussi d'un courant d'eau froide, en perdant la chaleur qu'elle acquiert. On emploie souvent maintenant des réfrigérants à eau, disposés de manière à produire un échange de température qui permette d'employer utilement l'eau échauffée. Je ne parlerai que de ces derniers appareils ; les autres ne seront examinés que quand il sera question du refroidissement.
2073. Le plus ancien appareil est celui de Nickols ; il est formé de trois tuyaux concentriques. Le moût passe entre le plus extérieur et le suivant, l'eau entre celui-ci et le plus intérieur. II est très-effi-
cace ; mais il tient beaucoup de place, et ne peut pas facilement être nettoyé.
2074. Les figures 541 et Îîi2 représentent, la première une coupe verticale, la seconde une coupe horizontale d'un réfrigérant de MM. Schiers et Son, qui était, il y a vingt ans, répandu dans les brasseries anglaises, a, a, a,... sont des canaux fermés en dessus et en dessous, qu'un des deux liquides parcourt successivement dans le sens indiqué par les flèches. Les canaux rectangulaires A, è, b, qui séparent les premiers, sont fermés latéralement et parcourus par l'autre liquide, mais dans un sens perpendiculaire au premier mouvement, de sorte que dans le premier circuit les vitesses sont horizontales et successivement en sens contraire, tandis que dans le
Fig. 511 e( 542.
second les vitesses sont verticales et successivement de bas en haut et de haut en bas. L'enveloppe extérieure est en fonte, les cloisons intérieures en cuivre étamé. B représente l'entrée du moût, A sa sortie, C l'entrée de l'eau froide, Dsa sortie, h, h,.... appendices qui établissent les communications des canaux horizontaux ; e, e, tubes pour l'écoulement de l'air par la parlie supérieure des canaux ver* ticaux. Un appareil qui a l^^âS de largeur, 2",S0 de longueur, et 0°',84 de hauteur, renferme 80 mètres carrés de surface de [refroidissement. D'après M. Lacambre, qui en avait fait établir un dans la
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grande brasserie de Louvain, on a refroidi en 2 liciires à 22°, i 20 hectolitres de moûl bouillant, avec 200 bectolitres d'eau froide qui a été portée à fia". Cet appareil a l'avantage de réunir une grande surface de chauffe dans un petit volume ; mais il est difficile à nettoyer, car pour faire cette opération il faut démonter les pièces A, A, A, ce qui exige beaucoup de temps et de soins.
2075. Les figures 5i3, 544, représentent une coupe verticale et une coupe horizontale d'un appareil employé dans les brasseries
Fig. 543.
anglaises, qui n'offre pas l'inconvénient que je viens de signaler. Il se compose d'un serpentin courbé en spirale, à section rectangulaire allongée, placé dans un vase de cuivre ; le serpentin est parcouru par l'eau, et les intervalles des spires par le moût, mais en seos contraire. Pourse servir de cet appareil, on règle
les robinets d'entrée et de sor- I
tie du moût, de manière qu'il I
remplisse les intervalles des spires du serpentin. Cet appareil peut se nettoyer facilement sans rien déranger et le serpentin pourrait même facilementêtre enlevé ;ilest d'ail- ^.
leurs beaucoup plus simple que le précédent, et lui est bien préférable.
2076. L'ouvrage de M. Lacambre sur la fabrication des bières, auquel nous avons emprunté les détails qui précèdent, renferme en-
16 LIVRE Xtl. — CHAUFFAGE DES LIQUIDES.
core la description d'un autre appareil qui existe dans plusieurs brasseries anglaises, et notamment dans celle de Windsor. La figure 5i5 représente le plan de Tapparcil. a a a a, réservoir en cuivre, garni de chicanes verticales b, à, destinées à obliger le moût à suivre les contours du seipentin c. A et B, entrée et sortie du moût ; C
Fig. 54S.
et D, entrée et sortie de l'eau. Le serpentin est composé, tantôt de tuyaux cylindriques, tantôt d'un seul tuyau aplali, a section rectangulaire. En démontant les extrémités C et D, il est facile de faire sortir le serpentin e de la caisse dans laquelle il est logé.
2077. La figure 316 représente une coupe verticale de l'appareil imaginé par M. Pimont de Rouen, et qu'il a appliqué aux bains de teinlure épuisés. A, A, cuves rectangulaires en bois épais, placées sur
Fij. 510.
une même ligne ; B, B, soupapes pour l'écoulement des eaux refroidies ; C, tuyau d'arrivée des eaux dos bains épuisés dans la première cuve ; B, tuyau qui conduit ces eaux de la partie inférieure de chaque cuve à une certaine hauteur dans la suivante ; E, tuyau d'écoulement