‹ Traité de la chaleurChapitre 93 sur 301 · VOÙ · texte numérisé non relu

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enfin, en combinant avec (1), on a

Si Ton suppose que Teau qui sert à refroidir le gaz s'échauffe dans son parcours de ô*", et si Ton appelle c la capacité calorifique du gaz à pression constante, la quantité de chaleur qu'il faudra enlever au gaz comprimé pour le ramener à la température de liquéfaction t^ sera c {t — Q ; si de plus la chaleur latente de vaporisation du liquide à cette température est représentée par /, la quantité totale de chaleur que prendra Teau sera i + c {t — t^) et comme chaque kilogramme d'eau emporte 6 calories le nombre de kilogrammes

d'eau qu'il faudra employer pour la condensation sera : -it£iLiiW.

Si enfin on représente par t^ la température de l'eau qu'il s'agit de congeler, le nombre de calories négatives dont on dispose étant représenté sensiblement par la chaleur latente de vaporisation du liquide et chaque kilogramme de glace exigeant pour se former 79 + ^1 calories négatives, le nombre de kilogrammes de glace obtenus par kilogramme de liquide vaporisé sera ^^ ^ .

On voit donc que le calcul exige la connaissance des capacités calorifiques à volume constant et à pression constante du gaz, ainsi que de la chaleur latente de vaporisation du liquide qui le fournit.

La valeur du travail ainsi calculé ne peut fournir qu'une approximation assez grossière à cause des frottement s de la machine qui sont relativement considérables.

2338. Appareils de production du froid fondés sur la détente de Pair. — Lorsqu'on comprime un gaz, il s'échauffe, et si, avant qu'il ait perdu la température qu'il a acquise par la compression, on le ramenait à son volume primitif, il reprendrait évidemment sa température initiale ; par conséquent, si un gaz comprimé se trouvait à

la température ordinaire, il se refroidirait par sa dilatation d'un nombre de degrés égal à celui dont il s'est échauffé par la compression.

2339. L'abaissement de température que subit un gaz par sa détente peut se calculer par la formule

dans laquelle t et /> représentent la température et la pression initiales et /o et /?o la température et la pression finales. En prenant 1 5° pour température initiale et pour— les valeurs :

on trouvera pour les abaissements de température correspondants

2340. La dilatation des gaz est donc un moyen très-puissant de produire un grand abaissement de température dans ces gaz et dans les corps qu'on met en contact avec eux ; mais cette méthode de refroidissement exige un travail mécanique considérable quand on veut opérer sur de grandes masses ; d'ailleurs le refroidissement produit par la dilatation ne serait pas, à beaucoup prè^ aussi considérable que celui qui est indiqué par le calcul, à cause de la chaleur fournie par l'enveloppe.

2341. Nous rapporterons à ce sujet la belle expérience de Thilorier, qui fait voir combien est puissant le mode de refroidissement dont il s'agit. De Tacide sulfurique et du bicarbonate de soude étant introduits dans un cylindre de fonte, et n'étant mis en contact qu'après la fermeture du cylindre, il se forme de l'acide carbonique qui se liquéfie sous une pression, à O"", de 36 atmosphères. En ouvrant un orifice par lequel le gaz sort de l'appareil, le refroidissement est de 93'' au-dessous de la glace ; le gaz est solidifié, et prend la forme d'une neige très-divisée.

2342. Différentes machines à produire le froid ont été imaginées en pailant du principe de la détente du gaz ; depuis plus de 25 ans différentes tentatives ont été faites par Garrie et Newton en Amérique^ par Smith et Kirk en Angleterre; plus récemment M. Winkhausen, de Brunswick, a construit des machines qui sont entrées dans la pratique et qu'on a employées dans des brasseries allemandes.

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