CHAPITRE PREMIER
Considérations fl^énérales.
2346. L'homme vicie l'air qui l'environne par la respiration et la transpiration, et, dans certaines circonstances, par des émanations méphitiques qui semblent se propager directement à travers l'air. Pour étudier les conditions de l'assainissement, il faut connaître le volume d'air à fournir par heure à chaque individu renfermé dans un espace clos pour que ce lieu soit salubre ; il faut aussi déterminer le volume d'air nécessaire pour les différents appareils d'éclairage et leur influence sur l'altération de l'air de l'espace dans lequel ils brûlent. L'homme, par l'acte même de la respiration, produit constamment de la chaleur, et cette quantité doit être évaluée, afin qu'on puisse en tenir compte, s'il y a lieu, dans l'évaluation de celle qui doit être fournie. Il est en outre indispensable de connaître les quantités de chaleur qui traversent les enveloppes de nos habitations dans les circonstances ordinaires : tous les éléments nécessaires à ce sujet ont été déterminés par l'expérience et réunis dans le premier volume de cet ouvrage. Enfin, il faut examiner les avantages et les inconvénients des différents modes de chauffage et de ventilation, afin qu'on puisse choisir, dans chaque cas particulier, celui qui est le plus convenable.
ni LIVRE XV. — CHAUFFAGE ET VENTILATION DES LIEUX HABITÉS.
Volumes A'air néceMialres à la resplratlam et aux appareils
d'éelaira^e.
2347. L'air est formé en volumes de 0,21 d'oxygène et de 0.76 d'azote ; il contient, en outre, une très-petite quantité d'acide carbonique, comprise entre 4 et 6 dix-millièmes et une quantité de vapeur d'eau, qui varie dans des limites très-étendues, suivant les circonstances atmosphériques. D'après M. ])umas, le nombre des expirations, par minute, est de 16 à 17, chacune de 0"%000315, ou à peu près 1/3 de Htre ; le volume d'air expiré, par heure, est alors de 0'"%33, et cet air renferme 0,04 d'acide carbonique. D'après cela, si la respiration était la seule cause d'insalubrité et si l'air expiré n'était pas mêlé avec Tair aspiré, il suffirait de donner à chaque individu 1/3 de mètre cube d*air par heure.
2348. Mais l'homme, par son organisation, agit encore d'une autre manière pour vicier l'air qui l'environne : c'est par la transpiration pulmonaire et cutanée. Les vapeurs qu'il émet se dissolvent dans l'air ; comme elles sont toujours accompagnées de matières organiques, elles lui communiquent une mauvaise odeur, et ces matières sont, sans aucun doute, la cause la plus puissante d'insalubrité des lieux habités ; car, dans certains cas, où l'air des pièces qui renferment un grand nombre d'individus affecte péniblement la respiration, on ne trouve pas dans sa composition un accroissement d'acide carbonique qui puisse expUquer la différence d'effet produit par cet air et par l'air pur. D'après cela, il est plus convenable de prendre, pour la dose d'air à fournir par individu et par heure, le volume nécessaire pour dissoudre la vapeur d'eau résultant de la transpiration.
On a fait beaucoup d'expériences pour déterminer le poids de la vapeur d'eau résultant de la transpiration cutanée et pulmonaire ; mais les nombres observés varient dans des limites assez étendues, de 45 grammes à 77, dont la moyenne est de 61 grammes. M. Barrai, par des expériences récentes, a obtenu 50 grammes. On comprendra facilement la diversité des résultats obtenus, en considérant la variété des circonstances qui influent sur la transpiration des hommes, même à l'état de repos. Un mètre cube d'air saturé à IS"" renferme à peu près 13 grammes de vapeur d'eau ; si l'air était à moitié saturé, le volume d'air de ventilation devrait être compris entre 45 : 6,5 = 6"%92, et 77 : 6,5 = 11 "•,84. Ce serait entre ces limites que devrait se trouver la dose de ventilation, si l'air qui em-