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CHAPITRE PREMIER. — GONSIOÉRATIOMS GÉNÉRALES

porte les produits de la respiration et de la transpiration se dégageait pour faire place à l'air neuf sans se mêler avec lui ; ce qui arriverait si Tair pénétrait dans la pièce par un grand nombre de points du sol et s'écoulait par la partie supérieure, circonstances qui peuvent être réalisées dans certains cas, dans les grands amphithéâtres par exemple.

2349. Mais, quand le chauffage de la pièce a lieu par Tair de ventilation, arrivant par un certain nombre d'orifices pratiqués dans le sol, ou à une hauteur quelconque, cet air s'élève vers le plafond et descend ensuite, par couches sensiblement isothermes, jusqu'aux orifices de départ qui doivent être placés près du plancher ; il résulte de là que lorsqu'il est respiré, il est déjà mêlé avec les gaz et les vapeurs qui ont été produits par la respiration et la transpiration pendant le temps qui s'est écoulé depuis son entrée ; il n'est donc jamais pur, et il faut alors avoir recours à des expériences directes pour déterminer la ration d'air à fournir à chaque individu. Or, comme la quantité d'acide carbonique qui se trouve dans l'air varie proportionnellement à la ventilation, si on connaissait l'effet produit par de l'air renfermant différentes doses d acide carbonique, on pour* rait en déduire la limite inférieure de la quantité d'air de ventilation, en supposant un mélange complet de l'air pur et de l'air déjà altéré par la respiration et la transpiration. Cherchons d'abord la quantité d'acide carbonique qui se trouve dans l'air avec une ventilation de 7"* et de 11"* par personne et par heure. D'après M. Dumas, un homme, dans les conditions ordinaires, brûle par heure, par l'effet de sa respiration, une quantité de carbone et d'hydrogène équivalente à 10 grammes de carbone ; en admettant la combustion de 1 gramme d'hydrogène, comme l'équivalent de l'hydrogène en carbone est 3'^',33, il se brûle 6'',66 de carbone qui produisent 1",865 . 0,00666 = 0"%024 d'acide carbonique, et une ventilation de 7"* et de 1 !"• par heure élève la proportion d'acide carbonique dans Fair à 0,0017 et 0,0011. Voici maintenant les résultats des expériences.

2350. Dans une salle d'école primaire renfermant 180 garçons de 7 à 10 ans, chauffée et ventilée par la disposition qui sera indiquée plus loin, j'ai toujours reconnu qu*avec une ventilation de 6"^' par enfant et par heure il n'y avait qu'une faible odeur dans la salle. M. Leblanc a répété ces expériences en mesurant la ventilation dans des circonstances différentes et en faisant l'analyse de l'air ; voici les résultats obtenus. La ventilation étant de 6 mètres

cubes par enfant et par heure, la quantité d'oxygène disparue dans cette atmosphère a été de 0,0016; la quantité d'acide carbonique pouvait donc s'élever au plus à 0,0022 ; aucune odeur ne régnait dans la salle ; la respiration n'y était nullement gênée ; la température était de 1 7*. Le volume d'air étant réduit par heure à 4"%6S par individu, la proportion d'acide carbonique s'est élevée à 0,0047 ; il n'y avait pas d'odeur sensible. La salle ayant été complètement fermée et la ventilation régulière annulée, après le même nombre d'heures de séjour que précédemment, la proportion d'acide carbonique s'est élevée à 0,0087 ; l'atmosphère était lourde, l'instituteur se plaignait de la chaleur, et attendait avec impatience le moment de pouvoir ou vrir les fenêtres. La température intérieure était de 1 8® ; le thermomètre extérieur marquait 16% l'air était un peu agité.

23S1. L'appréciation par l'odeur est trop délicate pour qu'on puisse regarder ces expériences comme bien concluantes. Celles qui ont été faites à l'ancienne Chambre des députés, semblent nécessiter un volume d'air plus considérable. La chambre des séances, comme nous le dirons plus loin, est chaufiée par des calorifères placés dans les caves; l'air chaud pénètre dans la salle par des ouvertures percées dans les contre-marches, et il sort de la salle par des orifices nombreux pratiqués à une certaine hauteur tout autour de la salle, et dans le plafond des tribunes. L'air s'écoule ensuite par plusieurs tuyaux ménagés dans l'épaisseur des murailles et communiquant avec tous les orifices dont nous venons de parler, et arrive dans une large cheminée, au milieu de laquelle se trouve un foyer aUmenté par du coke. La ventilation se règle principalement au moyen d'un registre vertical, placé dans le canal qui conduit l'air froid aux calorifères. Le chauffeur, homme intelligent et qui connaît très-bien l'appareil qu'il est chargé de diriger, m'a dit qu'il avait reconnu par expérience la hauteur à laquelle devait être placé ce registre, dans les différentes circonstances, pour que l'on ne se plaignît pas d'une odeur désagréable dans la salle ; qu'un peu au-dessous de ces limites l'odeur devenait sensible.

Une expérience a été faite à la fin d'une séance nombreuse, vers quatre heures du soir ; le volume d'air froid introduit était de 1"'%9 par seconde, ou de 6,840 mètres cubes par heure; et, comme la salle renfermait de 1 ,000 à 1 ,1 00 personnes, la ventilation était de 6 à 7 mètres cubes par personne et par heure, du moins en n'ayant égard qu'à l'air fourni par les calorifères. Mais, comme il y avait nécessairement de l'air appelé par les fissures des portes et des fenêtres

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