CHAPITRE PREMIER. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
des députes, le volume de la salle était de plus de 4,000 mètres cubes et suffisait à peine pendant une demi<heure dans les séances nombreuses.
2362. État hygrométrique de Fair, — L'état hygrométrique de Tair a une grande influence sur la transpiration pulmonaire et cutanée. En eflet, la perte de vapeur d'eau par l'acte de la respiration est proportionnelle à la différence entre la tension de la vapeur à 38"", et la tension de l'air extérieur ; la perte de vapeur par l'évaporation cutanée est aussi sensiblement proportionnelle à cette dififérence, en admettant, du moins, que l'air en contact avec la peau en prend la température et la conserve jusqu'à ce qu'il soit saturé. On conçoit alors que, à mesure que l'état hygrométrique de l'air s'élève, ces deux transpirations diminuent, et que le contraire arrive quand son état hygrométrique s'abaisse. Ces variations dans la transpiration doivent nécessairement occasionner des perturbations dans les fonctions organiques. Une trop grande dessiccation de l'air, qui peut résulter seulement de son échaufiement, produit souvent de violents maux de tête. Il est donc nécessaire que l'air ne soit ni trop sec ni trop humide ; on admet généralement qu'il doit être à moitié saturé .; alors, à 15°, chaque mètre cube renferme à peu près 6*', 5 de vapeur d'eau. Il faut donc, à la suite des appareils de chauffage, verser dans l'air échauffé destiné à la ventilation une quantité d'eau suffisante pour qu'il contienne la dose de vapeur que nous venons d'indiquer.
2303. Atmosphères asphyxiantes. — M. Leblanc a fait des expériences d'un grand intérêt sur les effets produits dans un espace clos, chauffé directement par la combustion du charbon ; un chien de forte taille y était renfermé ; on mit dans un fourneau quelques morceaux de braise incandescente que l'on recouvrit de braise non allumée, et la porte fut fermée. Au bout de 5 à 6 minutes, la flamme surmontait le combustible, et le malaise de l'animal était visible ; après 10 minutes, il tombait épuisé ; enfin, au bout de 25 minutes, il succombait. A cet instant, la bougie brûlait encore avec le même éclat ; 10 minutes après la mort de l'animal, la bougie s'est éteinte, après avoir pâli de plus en plus. A ce moment, le ballon d'analyse a été rempli, el l'analyse a donné : oxygène, 19,19 ; azote, 76,62 ; acide carbonique, 4,61 ; oxyde de carbone, 0,54 ; hydrogène carboné, 0,04. M. Leblanc considère les effets produits comme provenant de la présence de l'oxyde de carbone, car la dose d'acide carbonique était beaucoup moins grande que celle qu'un chien de même taille avait
supportée dans l'expérience que nous avons rapportée (2353) ; et d'après des expériences directes , à la dose de 4 à 5 p. 100 dans Tair, il fait périr instantanément un moineau ; un centième de ce gaz dans Fair détermine la mort d'un oiseau au bout de 2 minutes. J'ajouterai aux faits constatés par M. Leblanc que, dans les forges où l'on dirige par des tuyaux de conduite les gaz qui, s'échappant du gueulard des hauts fourneaux, et qui sont principalement formés d'azote et d'oxyde de carbone, quand il y a des fuites et que les ouvriers se trouvent dans les jets de gaz, ils tombent évanouis ; mais ils reprennent bientôt leurs sens quand on les place immédiatement dans l'air pur, pourvu que l'action de l'oxyde de carbone n'ait pas été très-prolongée. L'asphyxie par l'acide carbonique et par l'oxyde de carbone ont des caractères bien différents qui permettent de les distinguer: par l'acide carbonique, ou, plus exactement, parla diminution de la proportion d'oxygène, l'agonie est longue et convulsive, tandis que l'oxyde de carbone agit brusquement et produit son effet dans un temps très-court.
Chalear produite par la respiration*
2364. Dans l'acte de la respiration, il se produit une véritable combustion, et cette combustion dégage la même quantité de chaleur que celle qui serait produite dans un calorifère par la combustion de la même quantité de carbone, comme les expériences de Dulong , et plus tard celles de Despretz, l'ont démontré. D'après M. Dumas, les quantités de carbone et d'hydrogène brûlés, par heure, dans l'acte de la respiration, sont équivalentes, comme nous l'avons déjà dit, à 10 grammes de carbone, et, par conséquent, la chaleur émise dans le même temps s'élève à 0,010. 8000 = 80 unités.
2365. C'est cette chaleur qui maintient le corps humain à une température voisine de 38**, et qui compense celle qu'il communique constamment aux corps environnants par rayonnement et par contact; mais une grande partie de cette chaleur est employée à former la vapeur qui est produite par la transpiration cutanée et celle qui se trouve dans l'air sortant des poumons ; et comme cette vapeur ne se condense pas, qu'elle est entraînée par l'air de ventilation, la chaleur qu'elle renferme n'est utiUsée d'aucune manière et doit être retranchée de la quantité totale. Or, en admettant le chiffre moyen, 61 grammes,pourlaquantitédevapeurd'eauproduite,lachaleurdevaporisation