‹ Traité de la communion, ou, Conduite pour communier saintementChapitre 25 sur 105 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

» du iVuït défendu. Quand le Sauveur entre » chez nous, dit ce saint docteur (Opusc. » 08, c. 2-2), il fait quelque chose d'appro- » chant de ce que fit Elisée pour ressusciter » le fils de la Sunamite (IVReg. 4 , 32 etc.). » Le prophète mit ses yeux, sa bouche, ses » mains sur les mêmes parties de ce petit » corps glacé par la mort, et aussitôt une » chaleur vitale se répandant par tous les » membres , il fut ranimé. De même , lors- )) que nous recevons la Communion, le Sau- » veur s'applique sur nos âmes comme un » cachot sur de la cire ; il met ses yeux sur » les nôtres, c'est-à-dire qu'il éclaire notre )) entendement; il répand dans notre corps » une chaleur vivifiante, quand il embrase » notre volonté des ardeurs de l'amour di- » vin ; il met sa bouche sur la nôtre, quand » il fait goûter à notre mémoire la douceur » des plaisirs spirituels, et il met ses mains » sur nos mains, quand il nous donne la » force et le courage de pratiquer toutes » sortes de bonnes œuvres. »

III. Vous voyez par lu combien La sainte Eucharistie est efficace pour affaiblir la concupiscence dont toute la force consiste, ou dans les ténèbres dont elle offusque notre esprit, ou dans les plaisirs dont cil»1 ilatte

notre cœur. Elle nous aveugle, elle nous enchante, et c'est ainsi qu'elle nous soumet à son empire. Mais le sacrement de l'Eucharistie dissipe ces ténèbres par ses lumièr nous dégoûte des plaisirs sensuels par les célestes délices qu'il nous fait goûter, et nous délivre par là de la tyrannie des passions. C'est ce que les Pères nous enseignent en plusieurs endroits. La lumière que Jésus-Christ répand dans nos âmes par la Communion , a cet avantage , dit saint Chrysostôme , sur celle du soleil , que loin d'être effacée par l'obscurité et d'être suivie d'une sombre nuit, elle luit même dans les ténèbres. Mais elle ressemble au soleil en ce qu'elle nous fait voir les choses telles qu'elles sont effectivement. « Durant la nuit , dit ce saint , on » prend quelquefois une corde pour un ser- » pent, et un ami pour un ennemi ; on fuit )) celui qu'on irait embrasser si on le con- » naissait, et l'on tremble au moindre bruit. » Mais le soleil est-il levé , on voit chaque )) chose distinctement , et toutes ces vaines )) frayeurs s'évanouissent. De même, tandis » que la passion nous aveugle , nous pre- » nons les maux pour des biens, et les biens » pour des maux ; nous ne voyons rien que » d'affreux dans la pauveté, dans la maladie,

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