PREMIÈRE PARTIE
breuvage merveilleux, répondent les Pères ; du Sang de Jésus-Christ que l'Église leur donnait à boire, pour les disposer à ces rudes combats. « Quand on a bu dans le Galice que l'Église présente aux fidèles , dit saint Chrysostôme (In Psal. 28.), on est tellement possédé, tellement enivré de l'amour de Jésus-Christ , que les martyrs semblaient avoir oublié ce qu'ils avaient de plus cher au monde. Les pères ne reconnaissaient plus leurs enfants, ni les enfants leurs pères. » Saint Augustin (In Psal. 78 t 35. ) dit la même chose en des termes out semblables. « Peut-on , dit ce saint , imaginer un homme plus hors de soi, que celui qui méconnaît son père , sa mère , ées enfants, et sa femme toute baignée de larmes. Les martyrs les avaient devant ]<is yeux, et ils ne les voyaient pas. N'en soyez pas surpris , ils avaient lui dans ce Calice qui enivre saintement les fidèles, CcUixmeus i nebrians quàm prœclarus est!
(Ps. 22. 5.) Vous admirez le courage d'un suint Laurent sur un gril ardent: c'est, dit le iii«-inePère, l'effet de l'Eucharistie. Fortifié par la chair de Jésus-Christ, enivré de son Sang, il était comme insensible à un tourîii'Mii si cruel. Vous admirez la fermeté
» d'âme d'un saint Vincent, martyr, c'est à » la Communion qu'il en était redevable. » L'esprit, dit encore saint Augustin, heu- » reusement enivré de ce Calice, il se pré- » sente avec intrépidité au tyran, et se moque » avec assurance de sa rage et de ses me- » naces, mais par la confiance qu'il avait au » Sang de Jésus-Christ, muni des armes spi- » rituelles de celui pour qui il combattait, » il se croyait invincible, et triomphait de » tous les supplices que la fureur suggérait » au tyran contre lui. » Enfin tous les fidèles étaient si bien persuadés de la vertu qu'a l'Eucharistie pour affermir le courage, qu'au temps des persécutions il la gardaient chez eux , pour avoir la commodité de se communier eux-mêmes quand ils couraient risque d'être pris par les infidèles et conduits devant les tyrans. Pour la même raison, saint Cyprien (Ep. 54.) voulait qu'on abrégeât alors le temps ordonné , durant la paix de l'Église pour la pénitence, et qu'on reçût les pénitents à la sainte Table avant qu'ils eussent entièrement accompli la satisfaction qui leur avait été imposée. « Car, disait-il, » ou ils seront présentés aux tyrans , ou ils )) seront contraints de quitter leurs maisons » pour vivre cachés dans les déserts. Les