‹ Traité de la communion, ou, Conduite pour communier saintementChapitre 28 sur 105 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

» uns et les autres ont besoin do courage ; » et qui leur en donnera sinon l'Eucharistie ? » Personne n'est en état de souffrir le mar- » tyre, si l' Église ne lui fournit des armes pour » combattre, et le cœur manque, si Jésus- » Christ ne le soutient. De plus, ajoutait-il, )) Notre-Seignenr nous défend, quand nous » serons livrés à nos ennemis, d'étudier ce )) que nous aurons à répondre. Il nous as- » sure que l'Esprit de notre Père céleste » nous le suggérera et parlera pour nous. » Comment donc pourra-t-on être disposé )) à confesser généreusement son nom , si » l'on ne reçoit en communiant cet Esprit )) qui doit nous fortifier, qui doit parler et » confesser dans nous ? »

V. Grâces au ciel, nous n'avons plus de tyrans infidèles à craindre, mais le monde» a toujours le persécuteur irréconciliable (\e* gens de bien ; il est leur tyran et leur bourreau, et tous les jours il leur suscite de nouvelles affaires. D'ailleurs de combien de misères cette malheureuse vieest-elle remplie ! voulez-vous supporter tous ces maux avec courage? Mangez le Corps de Jésus- Christ, buvez son Sang, fortifiez-vous de ce pain céleste , j'ose le dire, enivrez-veus de oe divin breuvage, et vous souffrirez les af-

flictions de ce monde avec autant de patience que les premiers fidèles méprisaient les gibets, les roues et les bûchers ardents. Le même Sauveur qui a répandu son sang sur la croix, pour donner aux martyrs la force de verser le leur, offre tous les jours un sacrifice nonsanglant sur nos Autels pour vous soutenir dans ce martyre non-sanglant, que les persécutions du monde, que les afflictions présentes, la pauvreté, les maladies et le mépris vous font endurer. Mais après tout, gardez-vous bien de croire que le Sauveur opère tout seul ces admirables effets , et qu'après avoir communié vous n'ayez plus rien à faire ; l'Eucharistie nous donne du courage et des armes pour vaincre nos ennemis, mais elle ne nous dispense pas de les combattre ; elle les affaiblit, mais elle ne les détruit pas entièrement ; Jésus-Christ nous fortifie dans les souffrances, mais il ne prétend pas nous en exempter. Car enfin l'Eucharistie ne rendait pas les martyrs invulnérables ni insensibles, mais les rendait victorieux au milieu des plus terribles tourments.

VI. Le démon est un troisième ennemi qui emploie et ruses et violences pour nous arracher la vie de l'âme. Mais outre qu'il est bien faible, quand les passions sont domptées, et lorsque

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