‹ Traité de la communion, ou, Conduite pour communier saintementChapitre 39 sur 105 · PREMIÈRE PARTIE. Ï · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. Ï

grâces actuelles à produire des actes de toutes ces vertus, nous acquérons encore par là les habitudes qui nous en facilitent la pratique. Enfin, ces grâces actuelles étant, par rapport à l'entendement, des lumières qui nous découvrent la beauté cachée de Jésus-Christ; et par rapport à la volonté, une douce onction qui nous fait goûter sa bonté, la joie dont rame est alors pénétrée, l'attendrit et la dispose à être transformée en la parfaite image de Jésus-Christ. Car de mémo qu'une cire molle reçoit plus aisément la figure du cachet qu'on lui applique, de même l'âme comme liquéfiée par la douceur qu'elle ressent, se conforme plus aisément aux inclinations du Fils de Dieu; et plus elle lui ressemble, plus elle l'aime, et plus elle en est aimée. C'est ainsi que l'âme recevant dignement l'Eucharistie, s'élève pou à peu au souverain degré de la perfection, qui consiste dans la ressemblance avec Jésus-Christ, et dans le saint amour.

VI. En effet, lopins excellent dos amours, on s;iint Bernard, est celui qui se trouve entre un époux et une épouse : St<os hdbet gradus amor, sponsa in gamme stat. Or, c'est par le moyen de l'Eucharistie que l'âme

se dispose à devenir parfaitement l'épouse de Jésus-Christ, ce céleste banquet est, pour ainsi dire, le festin des noces de l'Agneau ; c'est dans la réception de cet aimable Sacrement qu'il contracte avec les âmes pures la plus chaste et la plus étroite de toutes les alliances. Mais quel est le bonheur d'une âme arrivée à ce sublime état de perfection ? C'est ce que nous tâcherons d'expliquer dans le chapitre suivant.

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