‹ Traité de la communion, ou, Conduite pour communier saintementChapitre 38 sur 105 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

après le Baptême? Qui pourra apaiser la démangeaison que cause cet ulcère? Ayez confiance, vous avez un remède qui doit vous rassurer, c'est le Sacrement du Corps et du Sang du Sauveur. Il a deux effets, l'un de diminuer le sentiment dans les moindres péchés, l'autre d'empêcher le consentement dans les plus grands. Si donc, mes frères, vous ne sentez plus ces violents mouvements de colère, d'envie, <T impureté, et autres semhlables, souvenez-vous d'en remercier Jésus-Christ ; c'est la vertu du Sacrement de son Corps et de son Sang qui agit en vous, et connaissez par là que ce dangereux ulcère sera bientôt guéri, ce qui vous doit donner bien de la joie. »

IV. C'est pour ce sujet que les Pères de l'Eglise, bien loin de défendre la Communion à ceux qui ne sont encore que des enfants dans la vie de la grâce, les invitent à venir manger ce pain céleste qui les fera croître en toutes sortes de vertus. Seigneur, s'écrie Eusèbe, dans un ouvrage qu'on attribua à saint Jérôme. (( 0 que vos libéra- » lités sont grandes! qu'elles sont excessi- » ves ! Vous ne vous refusez qu'à ceux qui » négligent de s'approcher de vous. Si donc

» quelqu'un est encore petit, qu'il vienne à » vous, et en se nourrissant de votre Corps » et de votre Sang, il deviendra grand ; et » en quittant les manières de l'enfance, il » marchera par les voies de la sagesse ; si » quelqu'un est faible, qu'il ait recours à » vous, et il sera fortifié ; s'il est malade, il » sera guéri ; et même s'il est mort, pourvu » qu'il veuille vous écouter, il trouvera en » vous une vie qui ne finira jamais. »

V. De plus, la Communion perfectionne les vertus à mesure qu'elle diminue les habitudes vicieuses, et après avoir purifié peu à peu vos âmes, elle les fait briller d'un plus grand éclat, en y ajoutant quelque nouveau trait de beauté, toutes les fois que nous en approchons dignement. Car en premier lieu, l'Eucharistie produit toujours dans les âmes bien disposées quelque nouveau degré de grâce sanctifiante, et fait croître ses habitudes de Foi, d'Espérance et de Charité. En second lieu, elle perfectionne les dons du Saint-Esprit. En troisième lieu, elle augmente les vertus morales et infuses, la Prudence, la Force, la Tempérance et la Justice, d'où naissent l'Humilité, la Patience, et la mortification chrétienne. En quatrième lieu, comme l'Eucharistie nous excite par des

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