‹ Traité de la communion, ou, Conduite pour communier saintementChapitre 44 sur 105 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

dre heureuse. Providentiam cœteris non negamuSj curant sponsa vindicat sibi. Le

Sauveur étend sa providence sur toutes les créatures; mais ses soins et ses empressements sont pour ses épouses, dit saint Bernard. L'àme sainte de son côté ne s'appliqua ({ira procurer de la gloire à son Époux, elle ne pense qu'à contenter ses désirs et à sa tis faire ses inclinations. Elle le bénit, elle le remercie, elle l'adore, elle publie hautement ses grandeurs pour le faire aimer de tous les hommes; souvent même elle invite jusqu'aux créatures insensibles, à faire retentir de ses louanges tout l'univers. En un mot, si son bien-aimé est tout à elle, elle toute à lui; Dilechis meus mihl et ego ////(Gant. II. 1G).

VIL II faudrait ici représenter les plaisirs dont jouit l'àme quand elle aime un Époux si charmant, et qu'elle en est réciproquement aimée; quand elle recueille le fruit des soins que son Époux prend pour elle et qu'elle travaille pour lui; quand elle reçoit de lui tant de grâces, et que par une amoureuse reconnaissance, elle lui rend tout ce qu'elle a reçu; quand elle l'embrasse et qu'elle on est embrassée; quand Jésus- Christ lui l'ait goûter la douceur de sa divi-

nité, et que l'àme comme liquéfiée par ce feu

divin, s'écoule dans Dieu. Mais quelle langue mortelle pourrait en parler dignement? 0 bienheureux Séraphins, dites-nous quels sont alors les transports de cette épouse ? Elle nage dans la joie, elle s'enivre de ces célestes douceurs, elle s'abîme, elle se perd dans cet océan de délices. Je n'ai rien dit encore, et toutes ces expressions sont trop faibles pour représenter un bonheur si divin. Non, Seigneur, il ne m'appartient pas de révéler les secrets mystères de votre amour, d'entrer dans ces celliers remplis de ce vin délicieux que vous faites goûter à vos fidèles épouses.

Il ne m'appartient pas d'ouvrir le jardin fermé où elles mangent des fruits si agréables, ni de violer le sceau que vous avez mis sur leur cœur, et de contempler ce torrent de délices dont il est inondé. Mais quand je l'aurais vu., pourrais-je l'expliquer? Il en faut goûter pour en juger ; et même après qu'on l'a goûté on ne peut encore en donner une véritable idée: tout ce qu'on en peut dire c'est que ce bonheur est ineffable., qu'il est incompréhensible. Vous m'entendez., âmes saintes, vous qui l'avez expérimenté. Mais vous qui ne le connaissez point encore

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