FIN I)K LA PREMIER F, FAUTIF
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Des moyens de seconder Jésus-Christ dans le dessein
qu'il s'est proposé en instituant le sacrement
de l'Eucharistie.
^l est étonnant que, le Sauveur nous ayant Jt; donné le Saint Sacrement, pour nous élever à la plus sublime perfection, on voie si rarement son dessein s'accomplir. Depuis la naissance de l'Église, et ces temps heureux, où les fidèles communiaient tous les jours, les communions ne furent jamais plus fréquentes qu'elles le sont aujourd'hui ; cependant, il faut l'avouer, le nombre des parfaits est fort petit. D'où vient cela? Vous le comprendrez, si vous remarquez que Dieu n'agit pas dans la sanctification des âmes comme dans la création. Quand il créa le
monde, il le tira du néant par cette parole toute-puissante qui n'a besoin d'aucun secours étranger, et qui n'en attend de personne. Mais dans la sanctification des âmes, il veut agir d'une manière civile et morale, sans rien faire que de concert avec nous. Il commence notre sanctification, mais il veut être secondé ; il nous fournit les moyens de nous sanctifier, mais il veut que nous les mettions en usage, que nous coopérions avec lui à notre salut. Si donc l'Eucharistie ne produit pas toujours ces merveilleux effets dont nous avons parlé, ce n'est pas faute de vertu dans ce Sacrement, mais c'est manque de disposition dans ceux qui le reçoivent.
n. Vous demandez en quoi consistent ces dispositions? Il me semble que je ne puis mieux vous en tracer le plan qu'en suivant l'avis de saint Paul {Rom. i 19, e£20.), qui enseigne que Dieu nous veut conduire par les choses sensibles à la connaissance de celles qui sont invisibles. Ainsi, le Sauveur nous ayant donné la sainte Eucharistie pour être la nourriture spirituelle de nos âmes, le meilleur moyen d'apprendre comment nous devons contribuer de notre côté à L'accomplissement de son dessein, c'est d'examiner
11 fi DE LA COMMUNION.
d'où dépend l'effet de la nourriture corporelle , et quelle fin on doit se proposer en la prenant. Or, afin qu'elle soit utile, il faut, en premier lieu, que celui à qui on la présente soit vivant ; car les morts ne sont, point en état de manger : la nourriture conserve et prolonge la vie, mais elle ne la donne pas. En second lieu, la faim est une excellente disposition pour goûter les viandes, et pour en profiter. En troisième lieu, il faut manger ; sans cela il ne sert de rien d'être en vie, ni d'avoir faim. Mais pourquoi mange-t-on? C'est pour retourner ensuite au travail, et s'acquitter avec plus de force et d'allégresse des fonctions propres de son état.
III. Cela posé, pour raisonner juste du Pain sacré de l'Eucharistie par rapport au pain matériel, quatre choses sont nécessaires pour seconder les grands desseins du Sauveur. Premièrement , il faut pour communier être en vie , c'est-à-dire en état de grâce. Secondement, il faut s'approcher avec appétit de la sainte Table, et avoir faim de cette divine nourriture. Ce n'est point encore assez , il faut la prendre et la manger. Enfin après s'être rassasié de ce Pain céleste , et avoir par là réparé les forces de l'àme, il faut
travailler à sa perfection et à la gloire de Dieu avec plus d'application et de ferveur qu'auparavant. Voilà les quatre devoirs de l'àme chrétienne qui veut concourir aux desseins du Sauveur : voilà les moyens infaillibles de participer avec abondance aux fruits de la Communion. Nous allons les expliquer chacun en particulier.