‹ Traité de la communion, ou, Conduite pour communier saintementChapitre 64 sur 105 · II. Comme toute cette méthode consiste · texte numérisé non relu

II. Comme toute cette méthode consiste

particulièrement à enseigner quels sont les

act^s de vertu qu'il faut produire quand on

Domunie, et à en donner des essais, il est

i de prévenir d'abord les illusions où Ton pourrait tomber en cette matière. La première chose dont il faut se garder, c'est de s'imaginer avoir fait un acte de Foi, ou d'Es-

ance, ou de quelqu1 autre vertu que ce soit, lorsqu'on en a prononcé du bout des lèvres quelque formule, ou qu'on l'a seulement repassée dans sa mémoire. In acte de vertu

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n'est point l'ouvrage de l'esprit ni de la langue, mais du cœur ; et il y a autant de différence entre un acte de vertu et ces formules qu'on sait par cœur, ou qu'on lit dans les livres, qu'il y en a entre le Roi et son portrait. C'est pourquoi il ne faut regarder les actes que je tracerai, que comme les images de ces excellents actes de vertu, que la seule volonté, aidée de la grâce de Jésus- Christ , peut produire , et auxquels il faut l'exciter.

III. Mais il ne faut pas non plus donner dans une autre extrémité, comme font ceux qui condamnent absolument l'usage de ces formules, et qui croient qu'il n'y a qu'à s'aller présenter devant Dieu, et attendre uniquement de lui les saintes pensées et les bons mouvements qu'on doit avoir, sans apporter de notre côté aucune préparation.

C'est une dangereuse illusion, qui n'a jamais eu plus d'approbateurs que de nos jours, et qui fait un des plus pernicieux articles de l'hérésie des Quiétistes. Il est vrai que tout ce qu'il y a de meilleur dans les actes de vertu vient de Dieu. Mais après tout, il veut que chacun se dispose selon ses forces à recevoir ses dons. Les grâces du Seigneur sont comme le feu qui descend du ciel quand

il s'agit de lui offrir un sacrifice ; les saintes considérations et les actes de vertu qui sont renfermés dans ces sortes de prières, sont comme le bois qu'il faut préparer; et nos a i urs sont les victimes que ce bois allumé par le feu d'en haut embrase et consume. L'Église qui nous fournit de semblables prières, les exemples des saints, de saint Bonaventure et de saint Thomas, qui ont composé des orails pour la Communion, et l'expérience journalière du fruit qu'on en retire, sont des témoignages authentiques qui en persuadent l'utilité. Ces formules sont nécessaires surtout aux personnes qui n'ont point encore de facilité à s'entretenir avec Dieu ; elles sont très-utiles aux âmes les plus avancées quand elles sont dans l'aridité ; elles sont à l'égard de tout le monde, comme des étincelles sortie d'un grand brasier, qui servent à enallu- Imer un autre. Mais si vous voulez qu'elles .produisent un effet si avantageux, souvenezvous do les prononcer lentement, et avec [attention tant aux paroles, qu'au sensqu'elles i :'on tonnent.

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