QUATRIÈME PARTIE. .'< I
,ip suis rendu si souvent indigne de cotto xcessive bonté. Combien de fois me suis-je foigné de vous , plus ingrat et plus déna- Iré que l'enfant prodigue? Mais si je l'ai uivi dans ses égarements, je reviens à son xemple , auprès de vous tout couvert de onfusion, et j'espère que vous voudrez bien le recevoir avec la môme tendresse que on père le reçut. Je pourrais dire avec plus e vérité que lui, que je ne mérite pas d'être ais au rang do vos enfants : mais je connais otre cœur, et depuis que vous avez bien oulu me faire manger à la table des Anges, votre table, j'ose me promettre que vous oudrez bien me regarder encore comme itre enfant. Je n'en travaillerai pas moins, (pis je travaillerai avec plus de zèle et d'ar- !our; on si mes misères passées m'ont rendu i faible et si languissant que je no puisse iresque rien faire pour vous, vous trouvera du moins en moi un cœur plein de bons !ésii<. Je souhaite que votre Nom soit sancifiô dans tout le moud'', jo souhaite que les - vous adorent, que les chrétiens ajoutait ;i lours adorations une parfaite recontaissance et un nrdent amour; que tous les nfidèles vous connaissent pour vous adorer it pour vous aimer ; etque votre Nom, connu,
adoré et aimé dans toute la terre, soit l'objet de la vénération et de l'attachement de tous les peuples. Heureux si je pouvais contribuer à votre gloire , fût-ce aux dépens de ma vie ! Ah ! que je la sacrifierais volontiers pour augmenter le nombre de vos véritables adorateurs.
Que votre règne nous arrive (V 9).
Régnez au moins absolument dans mor cœur, il vous appartient par une infinité d( titres ; mais quand j'en serais absolument k maître, je vous le donnerais avec joie, et jd me ferais un plaisir de le soumettre à votn] aimable empire. Rompez ses chaînes, délivrez-lo de la servitude de ses passions, par i donnez-lui ses révoltes passées. Que toute les puissances de mon âme obéissent au: ordres de leur roi légitiment qu'elles voul fassent continuellement leur cour. Que ml mémoire se souvienne à tout moment de vol miséricordes et de vos bienfaits, que m6\ entendement considère votre beauté et vcl infinies perfections, que mon cœurrempl de votre amour se serve de toutes ses pas sions, et de tous les membres de mon corpi pour vous honorer et pour travailler à votr gloire. J'espère que si je vous suis fidèl
sujet sur la terre, vous me recevrez un jour dans votre royaume céleste , pour vous y glorifier durant toute l'éternité.
Q)ir votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Connue je vous reconnais pour mon unique roi, il est bien juste que j'observe vos lois.
Parlez donc, Seigneur, commandez, ordonnez tout ce qu'il vous plaira, vous me trouverez toujours disposé à accomplir vos adorables volontés. Que ne puis-je les accomplir sur la terre avec autant de perfection, que les Anges et les Bienheureux les accomplissent dans le ciel! Vous voulez que je porte ma croix, je vais la mettre sur mes épaules; vous voulez que je sois humble, je vais étudier l'humilité ; vous voulez que je renonce à tous les attachements humains, j'y renonce de tout mon cœur ; vous voulez que je m'éloigne de toutes les pratiques du monde, j'y consens ; et pour m'y engager plus fortement, je renouvelle avec plaisir les promesses qu'on vous a faites pour moi, lorsque par le saint Baptême vous m'avez mis au nombre de vos sujets , ou plutôt au nombre de vos enfants.
Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien (y 10).
Mais, hélâs! Seigneur, vous connaissez ma faiblesse, et combien je suis peu capable d'agir par moi-même, et de garder mes résolutions, fortifiez-moi donc par ce pain de force et de vie , qui n'est autre que votre Corps et votre Sang , et que je viens de manger. Qu'il tempère l'ardeur de mes passions, qu'il éclaire mon entendement, qu'il lui découvre la vanité de toutes les créature , qu'il embrase mon cœur, et qu'il me fasse marcher à grands pas dans le chemin de la vertu. Que ce Pain descendu du ciel me donne des inclinations toutes célestes, que ce Pain angélique me rende aussi puissant et aussi prompt à exécuter vos volontés que les Esprits bienheureux , que ce Pain tout divin me communique une vie divine , et puisque c'est vous-même, ô mon aimable Sauveur, qu'il me transforme parfaitement en vous. Quand est-ce qu'il sera pour moi un pain quotidien et que je mériterai de m'en nourrir tous les jours? Mes misères montrent assez qu'il m'est nécessaire à tout moment : mais, hélas ! ces mêmes misères m'en rendant infiniment indicrne.
Pardonnez-nous nos offenses comme nous
pardonnons à ceux qui nous ont
offensés (V. 12).
Détruisez-les, Seigneur, ces misères, parïonnez-moi ce nombre innombrable de péfhés dont je me reconnais coupable.
Le visage couvert de bonté, le cœur percé le douleur, je vous en demande très-humjlement pardon. Que souhaitez - vous que e fasse pour obtenir ce pardon? Vous voulez pie je pardonne à ceux qui m'ont offensé : I le veux, j'y consens, je leur- pardonne de ;out mon cœur, et je vous proteste qu'en srotre considération je les aimerai et je les servirai autant que j'en suis capable. Que nus êtes bon de vous contenter d'une satisfaction si légère! Qu'est-ce que les offenses pi'on a commises contre moi en comparaison fes péchés que j'ai commis contre votre infinie Majesté?
Ne nous laissez /"'-s succomber à la tentation. ,v 13.)
Mais que me servira ce pardon do mes pelles si vous ne m'accorde/ on même temps fctre protection pour m'empêcher d'en commettre de nouveaux? Vous voyez que je suis
environné d'une infinité d'ennemis également redoutables, et par leur puissance, et parleurs artifices; partout je ne rencontre qu'embûches, que pièges, que tentations.
Au dedans, la cupidité et les passions m'entraînent; au dehors, toutes les créatures me sollicitent, le prince des ténèbres se joint à tous ces ennemis domestiques et étrangers, pour me débaucher de votre service, et pour s'emparer de mon cœur. Venez donc à mon secours, affaiblissez, détruisez ces ennemis de votre gloire, assistez-moi de votre grâce victorieuse dans les assauts qu'ils me livrent, afin que j'en triomphe. Vous aurez tout l'honneur de la victoire , et je n'ambitionne que l'avantage de vous être éternellement fidèle.
Mais délivrez-nous du mal.
Encore une fois , ô mon Sauveur, mon père et mon roi, délivrez-moi du mal, ne souffrez pas que je retombe jamais dans le péché; car je ne connais point d'autre mal que celui-là. Toutes mes persécutions, de quelque nature qu'elles puissent être, comparées au péché qui vous offense, et qui mei peut séparer de vous, ne me paraissent plus des maux. En l'évitant, j'éviterai le malheur éternel, où je ne vois rien de si désolanl
QUAI Kl ï. ME PARTIE. 3*23
ae de ne vous point aimer, et de n'être point imé de vous. Mais pour me préserver plus ttfailliblement de ces étranges misères, deûeurez toujours avec moi , unissez -vous à Qoi, et pour le temps, et pour l'éternité, ^insi soit-il.